Importation du ciment : Le coup de pied gouvernemental dans la fourmilière !

mardi 25 juillet 2017 Economie


Valoriser la filière, protéger les investissements existants, maintenir et créer des nouveaux emplois, pour encadrer la filière ciment, tels sont les objectifs du Ministère du commerce qui vient d’interdire pendant deux ans, l’importation du ciment au Gabon.

Après le scandale relatif à l’importation frauduleuse de ciment sur le sol gabonais par Foberd-Gabon au bénéfice de la société Sericom-Gabon, dont le patron, (Ndlr : Guido Santullo) à maille à partir avec l’Etat gabonais en raison d’un dilemme financier, le Ministère du Commerce interdit désormais l’importation sur son territoire de ciment. La mesure court sur deux ans et a reçu le blanc seing du Premier ministre qui a signé de sa main ledit arrêté. Pour le gouvernement, la mesure vise à « réguler la commercialisation de ciment au Gabon ».

En effet, explique le ministère du commerce via un communiqué daté du 22 juillet dernier, « cette mesure d’interdiction temporaire permettra de relancer le tissu industriel de la cimenterie dans la droite ligne de la politique d’industrialisation du pays ». Pour le ministère du commerce il s’agit principalement de réguler la filière de sorte à protéger les investissements existants notamment locaux, maintenir les emplois et en créer, garantir une protection du consommateur et du pouvoir d’achat avec un suivi sur le circuit de distribution.

Protectionnisme

Même si la mesure à des allures protectionnistes, la volonté du gouvernement est avant tout de répondre au besoin d’industrialisation. Et cela passe nécessairement par l’organisation des filières comme celle du ciment dont les procédés de production requièrent une expertise avérée et maîtrisée par les producteurs locaux comme Cimaf dont les ventes n’arrivent pas à faire face à la concurrence, en raison du coût de la tonne. Ce qui a donc conduit le gouvernement a signé un accord de suivi des engagements avec les producteurs locaux de ciment. Cet accord définit les engagements en termes d’approvisionnement du marché, de fiabilité du circuit logistique, de prix, de création d’emplois et de mise en œuvre d’un programme d’industrialisation moderne à l’échelle nationale.

« L’Etat gabonais entend exiger les contreparties d’investissement liées aux facilités accordées. En cas de violation des obligations inscrites dans l’accord de suivi, le Gouvernement se réserve le droit, sans sanctions imposables à son encontre, de surseoir ou d’annuler cette décision », explique un communiqué du Ministère du Commerce.

Vers une baisse du prix du ciment ?

L’un des facteurs de concurrence dommageable au ciment gabonais est sans aucun doute le prix. A la comparaison, une grande marge de différence existe entre le prix du ciment à la tonne des producteurs locaux et celui importé. Dans le scandale de ciment importé de manière frauduleuse par Foberd, le prix de la tonne de ciment importé est de 75 000 francs CFA contre 115 000 pour celui de CimGabon. « A partir de ce moment, notre choix était vite fait : Foberd-Gabon nous permettait d’optimiser notre productivité à moindre cout », explique Guido Santullo en guise de défense.

Depuis toujours, le prix unitaire ou de gros (tonne) du ciment gabonais à souvent posé problème, et ce, malgré les plaintes des consommateurs. Le prix de ce produit comme celui d’autres demeurent figés. Bien au contraire, à défaut de baisser, ils ont connu une augmentation inexpliquée. Réguler cette filière est en soi une bonne chose à condition que le consommateur qui est le seul juge de l’action du gouvernement apprécie les changements.


Michael Moukouangui Moukala

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