Hypermarché « Mbolo » : Les commerçants de la devanture déguerpis

jeudi 23 juin 2016 Société & environnement


Tôt ce matin de mercredi 22 juin 2016, des engins du génie militaire ont été déployés sur la façade de l’hypermarché « Mbolo » de Libreville pour détruire les box qui y étaient installés, box tenus par des sujets ouest-africains qui faisaient jusqu’ici de la résistance. La scène pour ahurissante qu’elle a pu paraître, a donné lieu à moult interprétations, tant du côté des victimes, que du public qui a assisté impuissant au spectacle désolant.

Désolant certes, puisqu’il s’agit du commerce et donc de la raison de vivre de certains de nos semblables, fussent-ils des sujets étrangers, mais ne perdons pas de vue que tout Etat est organisé et qu’à ce titre tous ceux qui y vivent se doivent de respecter les textes en vigueur dans ledit Etat. L’idylle entre commerçants et responsables de l’hypermarché ne souffrait pourtant d’aucune hypocrisie, tellement l’on était depuis des décennies habitués à voir les deux parties vaquer chacune à ses occupations sans sourciller.

Mais, que s’est-il passé pour que ce jour subitement aux dires de certains, logiquement aux dires d’autres personnes qui estiment qu’ayant été avertis, les commerçants n’avaient pas d’autres solution que celle de quitter les lieux s’ils voulaient éviter le pire, des gros engins du génie militaire soient venus tout détruire sans autre forme de procès ? On ne nous dira pas que les commerçants qui avaient construit avec leurs fonds propres leurs box, ne payaient pas selon les termes du contrat établi avec l’hypermarché « Mbolo », le « droit de territorialité ».

Et pourtant, ils ont été interdits de continuer à y demeurer comme si quelque chose de louche se cachait dans la décision de leurs partenaires dont certaines langues avancent qu’ils en sont arrivés à en décider ainsi après qu’ils aient été informés suite à des enquêtes qu’ils ont fait mener par les services compétents, à déduire que les commerçants de la devanture du magasin développaient une concurrence redoutable et parfois sous-marine qui échappait au contrôle de leur « bailleur » auquel ces pratiques occasionnaient des pertes sèches.
Autre grief et non des moindres, les box servaient à d’autres fins que celle du commerce à proprement parler, constituant des repères pour bandits en col blanc dissimulant qui de la drogue, qui des matières précieuses du genre ivoire, quand ils n’agissaient dans le cercle pédophile, stoppant au passage de jeunes lycéennes surtout celles avides de bijoux et autres parures revenant cher pour des gens de leur statut social

. Il se dit que la direction de l’hypermarché aurait au départ proposé à ces derniers de leur construire des box plus présentables, ce qu’ils n’avaient pas accepté, arguant que cela constituait un moyen sûr de les spolier, alors qu’ils ne rêvent que de faire du profit à tous les prix.

Depuis ce refus, un bras de fer était engagé entre les deux parties, les conduisant même devant les juges qui déboutèrent, il fallait très certainement s’y attendre, les commerçants, vu que l’espace appartient bien, titre foncier à l’appui à « Mbolo ».

Cela ne semblait pas suffire pour faire entendre raison à nos braves « chasseurs de primes », vendant un peu de tout et se livrant également à des activités illicites ou simplement non inscrites dans le contrat les liant à l’hypermarché, tel le transfert d’argent dévolu aux agences des « Western Union » par exemple. Plus d’une fois, ces commerçants furent surpris en train de vouloir se lancer dans des manifestations visant, selon eux, la revendications de leurs droits bafoués, armés qu’ils étaient de gourdins, machettes et autres morceaux de bois, on aurait cru « les bouts de bois de Dieu » de Sembène Ousmane.

Certains allant même jusqu’à avancer qu’ils étaient là chez eux, ce que l’on avait du mal à comprendre, eu égard au fait que la réalité qui crève les yeux pousse à reconnaitre qu’ils sont bien sur un terrain propriété de « Mbolo » et qu’ils sont de surcroît en territoire gabonais. A qui la faute ? Telle parait être ici la question essentielle.

A nos autorités garante de l’équilibre social qui passe par des principes parmi lesquels ceux relatifs à la propriété. Le laisser-aller qui leur est souvent reproché et qui tend à devenir une coutume y est pour quelque chose. Cela se vit même dans les constructions anarchiques qui sont le fait que des Gabonais ayant constaté que pendant de longues années, les autorités tardent à mettre à exécution leurs promesses, elles semblent de ce fait céder la place à l’arbitraire, ce d’autant plus qu’elles ne prennent aucune disposition pour satisfaire les populations qui ont des besoins primaires au nombre desquels celui de se loger.


Dounguenzolou

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