Hygiène et alimentation à Libreville : L’opération du Procureur met à nu les faiblesses de l’Agasa

mardi 19 novembre 2019 Société & environnement


L’opération de contrôle diligentée par le Procureur de la République en collaboration avec la Mairie de Libreville il y a quelques jours dans les structures hôtelières, de restauration et distributeurs des produits alimentaires, a mis à nu, les faiblesses de l’action de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) dont le manque d’engagement réel met visiblement en danger la vie des populations consommatrices.

Après une tournée d’inspection dans les structures hôtelières, restaurants et autres magasins de distribution des produits alimentaires, le constat du Procureur de la République, Olivier N’zaou est sans appel : «  Le constat est amer, les gabonais mangent n’importe quoi  ». Cet état de choses met en lumière, les carences observables dans la conservation et le traitement des produits alimentaires dédiés à la consommation. Le cas du Radisson Blu de Libreville, du Ré-Ndama ou encore de Chez Jeannot, des hôtels-restaurants et bars très visités et prisés de la capitale gabonaise sont illustratives de ce malaise. Des cuisines mal entretenues, des produits mal conservés ou avariés, des eaux usées non évacuées, sont autant de griefs qui sont reprochés à ces opérateurs.

Si l’organisation d’une telle descente a pu étonner plus d’un, de voir un procureur sur le terrain de l’hygiène et de la sécurité des aliments alors qu’il existe des structures publiques dédiées, il faut dire que cette pratique peu conforme à l’image des missions d’un procureur figure désormais au titre des « prérogatives » reconnues au gendarme de la cité par le nouveau code pénal. En dépit de cela, en mettant à nu ces insuffisances dans l’ensemble des structures visitées, ce dernier a insidieusement relevé les carences de l’action de l’Agence gabonaise de sécurité alimentaire (AGASA) qui peine le plus souvent, à s’illustrer de façon convaincante et permanente. C’est à se demander même si elle existe réellement, au regard des manquements perceptibles à l’œil nu dans de nombreuses structures de restaurations et de vente des produits alimentaires.

C’est semble-t-il, de mémoire, la première fois qu’une opération de cette envergure a été menée à Libreville. Comment expliquer cela quand on sait qu’une structure dédiée à cette tâche, l’Agasa, existe ? Et pourtant, à Libreville, pour ne citer que cette ville qui concentre à elle seule près de la moitié de la population gabonaise, les règles élémentaires d’hygiène encore moins, le respect des normes de conservation des produits alimentaires n’est pas le fort et la priorité des opérateurs économiques. Il suffit de faire le tour des gargotes appelées cafètes disséminées un peu partout dans la capitale gabonaise et prospecter l’activité des vendeurs de grillades au bord de la route pour comprendre l’ampleur du phénomène. L’Agasa aurait-elle, face à cet état de fait, orienté son combat ailleurs ?

L’Agasa a pour mission de prévenir, évaluer et gérer les risques phytosanitaires, sanitaires et nutritionnels présents dans les aliments destinés à la consommation humaine et animale depuis leur production jusqu’à leur distribution. Veiller à informer les consommateurs sur la qualité sanitaire et nutritionnelle des aliments. Assurer une veille permanente pour garantir la sécurité alimentaire et assurer la police sanitaire, l’inspection des denrées alimentaires et phytosanitaire et la répression de la fraude figurent également dans ses cordes. A la lecture de cet état de fait, l’Agasa semble s’être défait de certaines de ses missions. Sinon, comment expliquer les manquements observables ? Face au constat « amer » dressé par le Procureur de la République, ne serait-ce pas temps pour cette dernière, de se réapproprier ses prérogatives ?


Michael Moukouangui Moukala

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