Hépatites virales : Comment se font les recherches des germes en laboratoire ?

mercredi 10 août 2016 Santé


Les hépatites virales constituent un fléau mondial dont les plus dangereuses sont les hépatites B et C, transmises par voie sexuelle ou sanguine. Ces infections asymptomatiques passent souvent inaperçues. Seul un dépistage en laboratoire peut facilement les détecter. Alors comment s’effectue cette recherche. Pour en parler, le technicien en biologie médicale Maixent EYA’A de l’hôpital spécialisé de NKEMBO de Librevillenous l’explique.

Maixent EYA’A  : La recherche des hépatites en laboratoire commence par l’arrivée du malade avec le bon délivré par le médecin qui soupçonne une infection virale à hépatite. Lorsque le malade arrive dans notre structure en laboratoire nous le recevons, nous lui prélevons du sang veineux, c’est ce sang que nous allons analyser.

Gaboneco (Ge) : Quels sont les virus que vous recherchez dans le sang ?

Maixent EYA’A  : Nous allons à la recherche de deux éléments, d’une part des anticorps contre le virus de l’hépatite ou nous effectuons directement la recherche de l’hépatite elle-même dans chacun des cas à l’exemple des hépatites B et C.
Pour l’hépatite B, nous allons à la recherche du virus lui-même c’est-à-dire l’antigène HBS tout simplement parce que nous savons que cette hépatite a déjà un vaccin, si nous cherchons l’anticorps contre l’hépatite B, on le retrouverait chez toutes les personnes vaccinées et dans ce cas nous ne pouvons les déclarer malades parce qu’elles sont protégées.

Alors pour savoir si ces personnes sont atteintes de l’hépatite B, nous irons plus loin chercher la présence du virus dans son sang, c’est pour cette raison que nous cherchons les élément du virus dans le sang de ce patient, la révélation nous déterminera si ce patient est positif ou négatif et en fonction de ces résultats nous déclarons le patient atteint de l’hépatite B ce qui signifie qu’il a le virus de l’hépatite B.

Gaboneco : Est-ce le même procédé que vous utilisez en ce qui concerne la recherche de l’hépatite C ?

Maixent EYA’A : En ce qui concerne l’hépatite virale C, nous cherchons l’anticorps anti- hépatite C qu’on appelle anti HCV. Comme l’hépatite C n’a pas de vaccin alors toute personne qui aurait été en contact avec l’hépatite C va forcément présenter dans son sang des anticorps contre l’hépatite C. Toute personne ayant la présence des anticorps contre cette hépatite dans son sang est donc atteinte de l’hépatite C. Ces sont là, ces deux tests que nous faisons dans tous les cas. Soit la recherche des anticorps pour certaines hépatites ou la recherche d’antigènes pour les autres.

Gaboneco : Que se passe-t-il après la remise des différents résultats et quels sont les risques pour les malades ?

Maixent EYA’A  : Le résultat repart chez le médecin qui se chargera du traitement ou non du malade. Les hépatites virales A, B, C, D, E sont des maladies assez graves, elles sont pour certaines chroniques pour d’autres d’évolution très rapides. Dans le cas de l’hépatite B une personne peut vivre pendant plus de 40 ans avec cette maladie sans s’en apercevoir comme pour d’autre elle peut se déclencher au bout de quelques semaines. Mais dans tous les cas la fin de la maladie est la même, le patient va développer une cirrhose du foie ou un cancer du foie dû aux conséquences de la maladie. C’est une maladie vraiment dangereuse.

Gaboneco : D’après vous quels sont les moyens de prévention pour se protéger de ces maladies ?

Maixent EYA’A  : Je pense que la sensibilisation est de mise, de la même manière que se font les campagnes de sensibilisations contre le sida, on devra en faire autant pour les hépatites virales. Il faut également spécifier les méthodes de sensibilisations contre les hépatites virales, ce sont des maladies peu connues que l’on regroupe dans les IST en ce qui concerne la sensibilisation du sida comme si elles étaient moins importantes alors que l’hépatite B par exemple dispose d’ un vaccin.

Il faut faire comprendre aux populations qu’elles peuvent empêcher la contamination de cette affection si elles vont se faire vacciner. C’est le manque de communication qui fait en sorte que plusieurs personnes aujourd’hui se retrouvent malades. Ici nous détectons parfois 3 à 4 cas par jour.
Il faut dire aux gens comment éviter d’être contaminé en utilisant des préservatifs car l’hépatite B se transmet le plus souvent par voie sexuelle, elle est très contagieuse, elle est même plus contagieuse que beaucoup d’autres maladies. Il est nécessaire d’en parler et de la sortir du lot des IST.

On peut arriver à l’éradication de cette hépatite en permettant à ce que tous aille se faire vacciner. C’est vrai qu’il y a des efforts qui sont fait pour les femmes enceintes et les enfants dès 9mois. Je souhaiterais que cette campagne aille plus loin et soit systématique, lorsqu’un patient se présente dans une unité sanitaire qu’on lui en parle, qu’on lui pose des questions, si ce dernier est vacciné et lui expliquer le bien-fondé d’une vaccination contre l’hépatite virale B. Ce n’est qu’en sensibilisant que nous pourrions arriver à bout de ces hépatites virales.

Prévenir vaut mieux que guérir dit la maxime alors il est important que chacun aille se faire dépister et vacciner.


LAO

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