Hausse des prix : La crise alimentaire s’amplifie dans le monde

mercredi 16 avril 2008 Société & environnement

Depuis plusieurs mois, la FAO s’alarme de la hausse des prix mondiaux des denrées alimentaires et de la baisse des stocks. Les dernières évolutions du marché du riz ne peuvent que conforter ses craintes.

Lors d’une nouvelle communication, la FAO a indiqué qu’après une hausse moyenne de 37 % de la facture des importations céréalières des pays les plus pauvres en 2007, la hausse devrait atteindre les 56 % en 2008. Les pays à faible revenu étant systématiquement plus touchés que les autres, le dernier bulletin « Perspectives de récoltes et situation alimentaire » de la FAO prévoit une augmentation de 74 % en 2008 pour les pays pauvres d’Afrique.

D’après Henri Josserand du Système mondial d’information et d’alerte rapide de la FAO : « L’alimentation représente environ 10 à 20 % des dépenses de consommation dans les pays industrialisées, mais au moins 60 à 80 % dans les pays en développement, dont beaucoup sont importateurs nets de produits alimentaires ». Selon les derniers indicateurs de la FAO , ce sont actuellement 37 pays qui sont confrontés à des crises alimentaires ; ils se repartissent de la façon suivante : 21 pour l’Afrique, 10 pour l’Asie, 5 pour l’Amérique Latine et 1 pour l’Europe ( La Moldavie ).

Face à cette situation, la FAO tente de mobiliser les pays riches et les institutions internationales, dans son communiqué final elle a « exhorté les bailleurs de fonds et les institutions de financement internationales à revoir leurs programmes d’assistance en faveur des pays les plus affectés par la flambée des prix des denrées alimentaires ». D’après ses estimations, un financement d’urgence de 1,2 à 1,7 milliard de dollars serait nécessaire.

Pour les mois à venir, la FAO veut quand même faire preuve d’un peu d’optimisme en prévoyant une augmentation de 2,6 % de la production céréalière mondiale. Cet optimisme est quand même soumis à des conditions climatiques favorables et l’organisme précise que l’an dernier : « les prévisions de la production céréalière étaient bien meilleures que la production finalement obtenue ». Actuellement, peu d’éléments plaident en faveur d’une amélioration de la situation et la plupart des facteurs semblent vouloir rester dans le rouge.

Au niveau de la demande, la croissance démographique mondiale se poursuit et à cette croissance s’ajoute l’émergence de nouvelles « classes moyennes » consommatrices de viandes (l’élevage est très consommateur de surface du fait des besoins alimentaires des animaux). En ce qui concerne la production : les dérèglements climatiques croissants amputent de plus en plus de pays d’une partie de leur production habituelle, de même, le transfert de terres pour la production d’agrocarburants commence à se faire sentir de façon significative et prive le marché alimentaire de volumes de plus en plus conséquents.

A tout cela s’ajoute des phénomènes de spéculations financières qui amplifient artificiellement et parfois brutalement le prix des matières premières…


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