Grogne sociale : Les élèves, les nouveaux acteurs dans le cycle de grèves ?

mardi 16 février 2016 Société & environnement


Après les étudiants et les enseignants, acteurs traditionnels des grèves chroniques dans le système éducatif gabonais, on assiste désormais, et ce depuis près de deux ans, à des apparitions brusques et spontanées de centaines voire de milliers d’élèves, déferlant dans les rues, pour défendre telle ou telle cause. Une pression supplémentaire pour le gouvernement, ou est-ce au contraire une tempête dans un verre d’eau ?

C’était il y a plus de deux ans. Des vagues imposantes d’élèves déferlant dans les rues de plusieurs villes du pays pour exiger l’annulation pure et simple des réformes d’un ministre de l’Education nationale,  la fameuse mesure relative au baccalauréat à deux tours, prise par Séraphin Moundounga, ministre d’alors. Scénario presqu’identique pour la réclamation du paiement immédiat des bourses scolaires au début du mois courant.

Des manifestations d’élèves qui tournent souvent aux affrontements violents avec les forces de l’ordre, suscitant polémique et récupération parfois politique. 

Une pression supplémentaire pour le gouvernement ?

Pour bon nombre d’observateurs, cette entrée en matière des élèves dans la logique infernale des grèves, logique des grèves jusque-là menée par des acteurs traditionnels que sont les étudiants et les enseignants, apparait comme un signal non négligeable. Une pression de plus sur les épaules du gouvernement, qui doit dorénavant s’atteler à résoudre tous les contentieux avec les élèves, afin de leur éviter toute possibilité d’investir les rues parce que dépourvus de toute retenue. Ce qui aurait des conséquences incalculables, surtout quand on sait le déchainement aveugle des apprenants en pareilles circonstances.   

Des sorties fracassantes des écoliers qui sonnent comme un coup de grâce, porté à la situation déjà déplorable d’un système éducatif en proie au chaos. Chaos essentiellement dû aux grèves cycliques des étudiants et des enseignants, devenues un rituel traditionnel à chaque rentrée scolaire. Il appartient donc au gouvernement de diligenter le problème des bourses pour éviter de laisser plus de place aux revendications des écoliers, qui risquent, l’appétit venant en mangeant, de se constituer en syndicat, avec un cahier de charges qui va donner certainement du tournis au gouvernement. Surtout dans un contexte économique aussi douloureux que celui que traverse le Gabon en ce moment. Contexte économique marqué par la dégringolade continue du prix du baril de pétrole, qui se situe désormais autour de 27 dollars. Ce qui serait certainement fatal pour un gouvernement déjà acculé de toutes parts, avec une pluie des grèves qui poussent ça et là comme des champignons. Ce qui ne manque pas de donner des arguments à l’opposition pour charger et acculer davantage le pouvoir en place, la présidentielle d’août prochain étant l’occasion toute trouvée pour ce genre de piques et joutes entre adversaires politiques.


CNN

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