Grève à Africa N°1 : Félix Onkeya, quomodo vales ?

jeudi 17 mars 2016 Société & environnement


Il arrivait souvent que les latins vous demandent comment vous alliez lorsqu’ils s’interrogeaient sur certaines de vos motivations. Dans le contexte précis de l’histoire de la radio africaine, c’est à croire que le Secrétaire du Comité de privatisation gabonais vit sur une toute autre planète que celle où se trouvent les agents. Sinon, comment comprendre qu’il en soit à demander à des gens qui parlent vrai et court de reprendre du service lorsqu’il les a reçus hier, sans qu’il n’ait avec ses amis des institutions concernés par le règlement du dossier « African°1 », consenti des efforts louables en vue de la normalisation de la situation à la radio africaine ?

Comme à ses habitudes, Sieur Félix Onkeya a une nouvelle fois décidé d’inviter à un échange les représentants du personnel de la radio Africa n° 1, allant jusqu’à surprendre plus d’un, lorsqu’il a avancé, nous ne le savions pas nommé au poste de porte-parole du porte-parole du Gouvernement, ci-devant ministre de la Communication, que ce dernier lui avait intimé l’ordre de ne pas payer les mois travaillés de janvier et février si les personnels d’Africa n°1 ne reprenaient pas du service. Alors que l’on sait ce point contenu dans ceux énumérés dans le cahier de charges des grévistes qui ne font là que reprendre un mouvement qu’ils ont suspendu, il y a plusieurs mois.

Cela s’appelle faire de la mauvaise communication, car ce n’est pas en adoptant une posture menaçante que l’on peut convaincre des adultes, mères et pères de famille, qui ne vous doivent rien, de vous suivre dans votre logique. Bien au contraire, vos interlocuteurs ont-ils le loisir de se demander que voulez-vous concrètement : entre satisfaire leurs attentes et revendications et continuer de les maintenir dans la précarité tout en sachant ce qu’elle représente pour l’équilibre de tout un chacun, quel est le choix le plus judicieux, surtout au moment où le président de la République invite ses compatriotes à changer avec lui et parle de plus en plus de justice sociale, on aurait dit sous d’autres cieux de la réduction de la fracture sociale ?

Parlons peu, parlons bien !

Monsieur le Secrétaire du Comité de privatisation qui n’a jamais connu la galère, veut-il nous faire croire qu’aujourd’hui le salaire n’est plus un droit et que la société de radiodiffusion est dans cet état par la seule faute des travailleurs dont la plupart sont des nouveaux-venus ? Aurait-il accepté qu’à leur place, il lui ait été demandé de repenser l’avenir d’un outil dans lequel ils n’ont aucune autorité au sens où ils ne font pas partie de l’actionnariat pour oser émettre des propositions qui puissent susciter des interrogations et des réactions ?

Qu’il comprenne, de grâce, que les agents de la radio africaine ne demandent qu’à être rétablis dans leurs droits, ce qui passe par l’arrêt de leur chosification, par le paiement des dettes à eux dues et par la clarification de leur situation, l’avenir de la société étant du ressort des repreneurs qui jouissent d’une entière souveraineté. Eux, ne demandent qu’à être écoutés avec des oreilles non pas complaisantes, mais compatissantes, celles de gens qui savent ce que c’est que la souffrance et ses corollaires que sont par exemple : la mendicité, la clochardisation, le phénomène SDF, sans domicile fixe, pour ceux qui louent et subissent les caprices des bailleurs qui les prient de quitter gentiment leurs pénates, l’errance pour ceux qui sont chaque jour en quête d’un logis, la maladie, parce que le stress et les AVC, accidents cardio- vasculaires, vous côtoient à tout moment, l’éclatement de la famille, bref, cela ne fait- il pas trop ?

Ce dont les « Africains » ont surtout besoin aujourd’hui, ce ne sont pas les beaux discours du reste flatteurs, mais des actes concrets qui les éloigneraient de la souffrance qu’ils connaissent depuis bientôt une décennie. C’est pourquoi, ils s’emploient à parler vrai, à être clairs en espérant recevoir des réponses appropriées si jamais ceux à qui ils s’adressent leur évitent trop de divertissement, car ils savent que c’est aussi une stratégie leur permettant de gagner du temps et parfois de l’argent sur leur dos.


Dounguenzolou

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