Gouvernement Julien Nkoghe Bekalé : L’ « infantilisation » retrouvée des femmes

jeudi 27 juin 2019 Politique


Décrétée il y a quelques années par Ali Bongo Ondimba lui-même, la décennie de la femme vise entre autres, la représentativité de 30% des femmes dans la sphère politique et autres instances décisionnelles. Pourtant depuis la formation le 10 juin dernier du nouveau gouvernement Julien Nkoghe Bekalé, des femmes se lèvent pour contester, la faible place qui leur a été réservée dans cette équipe où elles n’occupent que 6 postes seulement sur les 29.

C’est une promesse non tenue. Puisqu’au lieu de 30% comme l’avait promis le Président de la république, elles ne représentent qu’un peu plus de 20% de la présence féminine au gouvernement. A peine 6 femmes seulement font leur entrée dans ce vaste attelage composé de 29 ministres. Parmi elles, on peut citer, Rose Christiane Ossouka Raponda à la Défense, Denise Mekam’ne à la Santé, Madeleine Berre, Fonction publique, Françoise Assengone, Promotion des Investissements, Yolande Nyonda, ministre déléguée à l’Education nationale et Nanette Longa, qui passe de ministre titulaire de La formation professionnelle à ministre déléguée auprès du ministre des Affaires étrangères.

La déchéance est énorme. Mais c’est une déchéance traduisant l’infime place faite aux femmes dans cette nouvelle équipe. D’où la colère de ces dernières, qui dénoncent « un machisme d’Etat », une « volonté de marginaliser ou d’infantiliser les femmes ». Critiques auxquelles, le gouvernement, visiblement embarrassé par la mesure de la faute commise, tente de répondre par la réduction de la taille du gouvernement, en raison des difficultés économiques qui ralentissent le pays depuis bientôt 5 ans. C’est en tout cas ce qu’a tenté de justifier le ministre de la Communication, Rigobert Ikambouaya Ndeka sur les antennes de radio France internationale la semaine dernière. Des explications qui, visiblement sont loin de convaincre et apaiser le mécontentement des femmes.

Surtout quand on sait que la réduction du nombre de ministres n’inclut nullement pas le non respect du quota des 30% arrêtés par l’Exécutif, qui en avait fait lui-même la promesse. Sauf à croire qu’il s’agit là encore d’une volonté délibérée de mettre au placard, une décision pourtant prise par le Chef de l’Etat. Ce qui, aux yeux de l’opinion, finit par décrédibiliser davantage le sérieux même de la parole présidentielle. A moins que la décennie de la Femme soit subitement devenue un simple slogan électoral ou encore une question accessoire de la politique de l’Emergence dont l’horizon a été fixé à 2025.


Leno KOLEBA

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