Gouvernement Issoze Ngondet II : L’opposition à l’heure des clans !

jeudi 24 août 2017 Politique


Après une si longue attente, le gouvernement issu du dialogue a finalement été constitué au début de la semaine en cours. Si on note l’arrivée aux affaires de certaines tendances de l’opposition ayant pris part aux négociations d’Angondjé, on peut cependant déplorer un fait qui ne saurait passer inaperçu : les nominations familiales au sein des chapelles de l’opposition dite modérée.

La politique du ventre ! La réalité est trop grande pour être ignorée, lorsqu’on examine, même à l’œil nu, les délégués de l’opposition qui devront travailler de concert avec le pouvoir à l’application des actes du dialogue politique d’Ali Bongo Ondimba. Du parti social démocrate (PSD) avec la nomination de Maganga Moussavou au poste de Vice-président de la république et de son fils Biendi Maganga Moussavou qui reste au ministère des petites et moyennes entreprises, en passant par le PDS, parti pour le développement social de Séraphin Ndaot, qui maintient son poste de président du conseil national de la démocratie, alors que sa fille, Carmen Ndaot, jusque-là inconnue de l’espace politique, se voit attribuer le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Formation professionnelle, jusqu’à Démocratie nouvelle (DN), où le président du parti, René Ndemezo’ Obiang devient le président du conseil économique et social (CES), alors que Jonathan Ndoutoum Ngome, Porte-parole du parti et soupçonné d’être son neveux est lui porté au pinacle comme ministre délégué à la famille.

Voilà qui donne raison à ceux qui qualifient les partis politiques au Gabon de véritables entreprises familiales, où seuls ne prospèrent que les fils et filles à papa ou neveux à tonton. Toute une parentèle parfois exemptée de cotisations et autres contributions au sein du parti, mais qui, subitement est propulsée à toute sorte de responsabilité lorsque survient la moindre possibilité d’aller à la soupe gouvernementale. Le phénomène est très fréquent chez nombre d’appareils politiques de l’opposition, qui en réalité ne se constituent pas pour conquérir le pouvoir présidentiel, peu leur importe. Mais par un jeu d’opposition du ventre, gravitent comme de petits nains satellitaires autour du parti démocratique gabonais (PDG) au pouvoir, et qui les alimente en liasse de billet de banque en des circonstances bien précises. Avec tout ce casting raté dans les couloirs, les nominations de René Ndemezo au CES et de Manganga Moussavou à la Vice-présidence de la République, surtout quand on se rappelle les insultes abominables du désormais Vice-président à l’endroit d’Ali Bongo, qu’il présentait, lors de la campagne présidentielle comme un simple chanteur à la tête vide, on comprend qu’il n’y a qu’une volonté de trouver un emploi qui anime les leaders de l’opposition gabonaise.

Car le constat est désormais clair que tous ceux qui sortent du PDG, en allant se convertir à l’opposition ne le font pas par conviction personnelle, mais simplement pour faire un chantage médiatique, afin de revenir à la mangeoire. René Ndemezo’ Obiang au conseil économique et social est un exemple patent de cette opposition de la faim, qui ne crie que lorsqu’il lui manque à manger, ou lorsqu’elle voit ses vivres amassés dans le doute et le soupçon diminuer. Il ne reste plus à Maganga Moussavou et à Ndemezo’o de déclarer l’acte d’affiliation de leurs petites chapelles politiques à la majorité présidentielle d’Ali Bongo. Puisque Ndemezo’o Obiang est désormais le fils prodigue, qui revient peu à peu « à la maison de papa », après avoir vainement erré dehors par suivisme. Et le dialogue politique n’aura été qu’un simple comptoir de distribution de postes, c’est la politique telle qu’elle a cours sous les tropiques.


Charles Nestor NKANY

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