Gabon profond : Lassio-Sébé, le canton oublié ?

mardi 29 mars 2016 Société & environnement


Situé dans la province de l’Ogooué-Lolo, au Sud-est du Gabon, le Canton Lassio-Sébé est le plus grand Canton du Gabon. Et pour preuve, une forte population réside dans ce canton, considéré comme le poumon économique de Lastourville, la capitale provinciale. Aujourd’hui, Lassio-Sébé manque d’infrastructures de base : électricité, eau potable et structure sanitaire appropriée.

Le canton Lassio-Sébé s’étend de Milolé à la gare de Lastoursville, voire la frontière avec le Haut-Ogooué, du côté d’Okondja. Un peu plus de 8450 habitants vivent dans ce Canton, grand par sa superficie. A 30 kilomètres de Lastourville, dans le département de Mulundu, de nombreuses personnes vivent comme à l’époque préhistorique, la modernité n’y étant pas encore perceptible ! Paradoxal ! Quand on sait que des sociétés forestières exploitent de jour comme de nuit la précieuse richesse, le bois. Alors que les essences forestières génèrent des millions voire des milliards de francs CFA, les autochtones croupissent dans la misère. Dame SEEG ne dessert pas encore le canton. Du coup, les populations ne goutent pas aux délices de l’électricité et de l’eau. Comment vivent-elles ?

« L’eau, c’est la vie », a-t-on encore martelé au Gabon, à l’occasion de la récente célébration de la journée mondiale de l’eau. Pourtant, les populations consomment encore l’eau non potable et chargée de bactéries des rivières. Conséquence : les épidémies de diarrhée sont récurrentes dans cette partie du pays. Pour couronner le tout, le dispensaire de Ndékabalandji, manque de médicaments, pire de personnel. Idem pour l’école fonctionnant en dent de scie, faute d’enseignants. Normal, qui voudrait bien s’hasarder à vivre dans un tel « enfer », où petits et grands sont privés de télévision ?

Ne parlons même pas du réseau téléphonique qui, à l’heure de la 4G, est encore un véritable luxe dans cette contrée du pays. Situation cocasse ! Il faut monter sur un arbre pour avoir du réseau. La route où circule jour et nuit des grumiers chargés du bois gabonais ressemble à une piste par manque de bitume.
Ce monde semble perdu, et oublié de tous. ‘’Le monde civilisé’’ et ses quelques bienfaits non pas encore pris possession de ces lieux. Mais pourquoi ce contraste ? Quand on sait qu’à quelques kilomètres de là, les enfants vont à l’école, sont soignés quand ils sont malades. Ils ont de l’eau potable à domicile. Là-bas, les enfants grandissent sans avoir la chance de pouvoir jouir des bienfaits du modernisme auquel ils ont pourtant droit.

Le Gabon est un pays de droit où tout le monde devrait avoir les mêmes droits à l’éducation, à la santé au logement. Les inégalités sont flagrantes dans le département de Mulundu. Certains bénéficient de tout alors que d’autres n’ont même pas le minimum vital. Bien évidemment, Lassio-Sébé n’est pas le seul canton dans ce cas de figure. Les exemples sont légions.

Les ressortissants de la localité interrogés expliquent que le mal-être de cette partie du Gabon est un problème politique. La volonté politique de ce département serait de marginaliser une population majoritairement Kota vivant en ces lieux. Le tribalisme ne devrait plus faire partie des mentalités gabonaises. Car le Gabon est un pays culturellement riche de par sa diversité ethnique. Alors, cette politique de division devrait cesser. Dans un pays où l’égalité de chance est au centre des préoccupations des plus hautes autorités du pays, il est impérieux d’améliorer considérablement le vécu des populations de Lassio-Sébé.


MI

Vos commentaires

  • Le 29 mars à 19:07, par Axelle MBALLA En réponse à : Gabon profond : Lassio-Sébé, le canton oublié ?

    Dommage..
    Mais au PDG, l’autosatisfaction est une règle d’or. Comment peut-on admettre qu’un régime comme celui-ci parvienne à oublier les rudiments du développement dans les pays du sud. C’est-à-dire le développement local. Même dans les pays développés, cette préoccupation est pionnière des suggestions des politiques de développement. Evidemment, après avoir tout jeté, ils n’ont jamais pris la peine de relire certaines bases de ce développement local pourtant laissées à portée de main, par la France colonisatrice.Et il n’ya pas de quoi s’étonner quand on voit leur amateurisme sur les projets et les contraintes macroéconomiques.Le résultat leur pend au nez par le florilège des maquettes et des propositions.

    Répondre à ce message

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs