Gabon : L’Afrique Centrale fait son pronostic pour le 30 août

vendredi 7 août 2009 Speciales


Après 42 années de relations très étroites avec le défunt président Bongo Ondimba, les pays voisins d’Afrique centrale ont les yeux rivés sur le Gabon pour savoir qui sera leur nouvel interlocuteur. Si certains sont tentés de soutenir le fils aîné du défunt président, en reconnaissance des services rendus par son père, d’autres s’abstiennent et estiment que la stabilité du pays dépend avant tout du degré de consensus sur le choix du nouveau président.

Programmes de société, bilans positifs et promesses électorales n’intéressent vraisemblement que les Gabonais. De l’autre côté des frontières, c’est la stabilité post électorale qui inquiète le plus dans le choix du nouveau président du Gabon.

Dans les pays voisins d’Afrique centrale, on suit le processus électoral gabonais de près pour savoir qui succèdera à celui qui aura longtemps endossé la casquette du doyen et du médiateur. Et si tous restent discret, comme pour ne pas brusquer les consciences, les pronostics se dessinent.

Au Congo, par exemple, on avoue un penchant pour Ali Bongo Ondimba, sans doute en vertu des relations familiales qui unissaient le chef de l’Etat gabonais et le président congolais, beau-père de feu Omar Bongo Ondimba.

« Le PDG est favori. On a le sentiment que le fils d’Omar Bongo a une certaine crédibilité et que tout est réuni pour qu’il accède au pouvoir », explique Nestor Ngampoula, journaliste aux Dépêches de Brazzaville.

En République Centrafricaine et dans les autres pays en conflits de la sous-région, l’importante implication du défunt chef de l’Etat dans le processus de paix semble avoir laissé une reconnaissance qui tend à choir aujourd’hui au fils.

« Le Tchad, la Centrafrique et le Congo ont connu la guerre civile. Grâce à la médiation de Bongo, la paix est revenue. Alors les Centrafricains jugent que l’élection d’Ali Bongo serait un signe de stabilité pour la région. Ce qui ne veut pas dire qu’il est aimé : c’est un mal nécessaire… », explique Prospert Yaka, agencier à l’Agence Centrafrique Presse.

Du côté de la société civile, on s’inquiète des dérives dynastiques qui sévissent déjà au Togo ou en République démocratique du Congo (RDC).

« Je crains qu’Ali Bongo ne marche sur les traces de son père, qu’il poursuive les mêmes pratiques, la même philosophie. C’est le cas au Togo avec Faure Gnassingbé ou en RDC avec Joseph Kabila », explique Jean-Claude Katende, le président de l’Association Africaine de Défense des droits de l’Homme, basée en République Démocratique du Congo (RDC).

« Bongo, on l’a aimé. Sauf qu’il a mis beaucoup de temps au pouvoir… », résume pour sa part Emmanuel, un fonctionnaire camerounais à la retraite.

Le second qui est évoqué pour prendre le fauteuil présidentiel, c’est l’ancien chef de gouvernement gabonais, Casimir Oyé Mba.

« Un financier serait bienvenu en ces temps de crise ! », a lancé un autre fonctionnaire camerounais sous couvert d’anonymat, en faisant référence au poste de gouverneur de la Banque des Etats de l’Afrique centrale qu’Oye Mba a occupé pendant 12 ans à Yaoundé.

Mais au sujet de l’électorat fang, il dévoile ses inquiétudes sur la possibilité d’un « émiettement du vote fang avec une demi-douzaine de candidats », et la possibilité des désistements de dernière minute qui pourraient « créer un revirement ».

« Nous n’avons pas de candidat. Nous respectons la souveraineté de chaque Etat », assure pour sa part le ministre de l’Information, de la Culture et du Tourisme et porte-parole du gouvernement équato-guinéen, Jeronimo Osa Osa Ecoro.

A Malabo, on pense d’ores et déjà aux opportunités pour résoudre le conflit frontalier de l’île Mbanié, mais « quel que soit le candidat qui remporte l’élection, nous allons continuer à travailler à la résolution pacifique de ce conflit parce qu’il n’y a pas de raison de recourir à la violence », a ajouté Jeronimo Osa Osa Ecoro.

C’est bien le facteur mis en avant dans tous les pronostics, la stabilité du Gabon avant tout. D’ailleurs « c’est avant tout une affaire des Gabonais. Les pays amis, notamment ceux de la Cemac se sont concertés lors du décès du président El Hadj Omar Bongo et se sont engagés à faire en sorte que tout ce qui se passe au Gabon, puisse se passer dans la paix et la stabilité », a rappelé l’ambassadeur du Gabon au Cameroun, Michel Madoungou.

« Le président Bongo a beaucoup contribué sur les questions de paix en Centrafrique. Il ne faudrait pas que sa succession provoque une déchirure », explique le pasteur Louis Oguéré, président de l’Association centrafricaine pour la lutte contre la violence.

« Nous souhaitons une transition positive qui apportera stabilité et prospérité au Gabon. C’est notre seule préoccupation. S’il y avait des troubles dans ce pays, nous serions forcément touchés », ajoute le ministre équato-guinéen, qui s’est inquiété des frustrations qui peuvent naître d’un scrutin à un tour.

Mais « les Gabonais ne sont pas obligés de passer par le chaos après Bongo. Il suffit pour ça de volonté politique, que les politiques trouvent un consensus », estime le pasteur Louis Oguéré.


Gaboneco

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