Gabon Forum Citoyen/Didier Acouetey : « Le développement de l’entreprenariat passe par les sociétés de capital risques, au business angels et aux mécanismes de friends and family ».

mardi 13 octobre 2015 Economie


Comment faire mûrir son projet, dénicher des financements et devenir entrepreneur ? En marge des débats du Gabon Forum Citoyen organisé par le journal français ‘’Libération’’ du 9 au 10 octobre 2015 au stade de l’amitié sino-gabonaise à Libreville, Didier Acouetey, président exécutif du groupe Afric Search vous a proposé quelques pistes

Gaboneco (Ge) : Monsieur Didier Acouetey vous êtes président exécutif du Groupe Afric Search. Dans le cadre du Gabon Forum Citoyen vous avez échangé sur le panel « Avoir 20 ans en Afrique. Le continent le plus jeune de la planète, entre espoir et impatience », la question de l’entreprenariat en Afrique a largement été au centre des échanges du panel. Finalement, vous qui avez l’expérience du terrain en la matière, que faut-il à un jeune africain, jeune gabonais pour oser l’entreprenariat ?

Didier Acouetey (D.A) : Je retiens toujours trois éléments : le projet qu’on a, il faut qu’il nous passionne parce qu’en matière d’entrepreneurship si on n’est pas passionné on n’est pas patient ; il ne faut jamais écouter les mauvaises paroles qui vous disent vous n’arriverez jamais.

If faut toujours y croire et ne pas hésiter à s’entourer. Je crois que ce sont les aventures collectives qu’il faut porter à plusieurs pour ne être découragé trop rapidement. Enfin, commencer petit. Vous savez les grandes entreprises que l’on voit de temps à autres ont commencé petites, elles se sont construites avec le temps. Donc, il ne faut pas hésiter à commencer petit et à agrandir au fur et à mesure que le projet se met en place.

Ge : Monsieur Acouetey, vous conviendrez que vous pouvez avoir un projet solide qui répond aux trois exigences que vous préconisez et ne pas disposer des financements et de l’accompagnement nécessaires pour la matérialisation de votre projet. C’est spécifiquement le cas de beaucoup de jeunes au Gabon. Face à une telle réalité comment faire pour matérialiser votre projet ?

D.A : La difficulté de financement des projets n’est pas spécifique au Gabon. C’est le cas dans tous les pays du monde. Cependant il y a toujours l’option qu’on appelle ‘’Friends and Family’’. Lorsque vous développez un petit projet et que les banques ne vous accompagnent pas forcément, utilisez la famille, utilisez les amis. Commencez petit à petit et vous verrez, au fur et à mesure que votre projet se met en place, c’est à ce moment là que les banques viendront.

 Aujourd’hui, il existe un deuxième mode de financement, le crowdfunding, c'est-à-dire qu’on peut aller en ligne soumettre une idée et solliciter l’aide financière de personnes qui peuvent directement contribuer sous forme de dons, accepter de vous prêter de l’argent parce qu’ils confiance à ce projet et vous rembourserez l’argent sur les six, douze mois qui suivent.

Aujourd’hui, le crowdfunding est une pratique qui se multiplie, il faut que l’on structure un peu mieux nos environnements. Où sont les business angels, où sont les sociétés de capital risques parce qu’une entreprise c’est d’abord un risque et il faut que quelqu’un prenne ce risque avec vous. Donc, plus on va développer les sociétés de capital risques, les business angels, les mécanismes de friends and family, pour mobiliser les ressources, alors on arrivera à dépasser la question d’argent qui est fondamentale.

Ge : Quelle est donc la recette miracle ?

D.A : Il n’y a pas de recette miracle. Entreprendre c’est avoir une belle idée, y croire, accepter de ne pas dormir la nuit, ne pas avoir de salaire pendant des années jusqu’à ce que cela fonctionne.

Ge : Avoir 20 ans en Afrique, est-ce finalement une opportunité ?

D.A : L’Afrique est le continent des opportunités, tout le monde vient y investir. Il n’y a que les africains qui n’y croient pas et qui veulent partir quand bien même tout le monde vient. Les Chinois, les Européens, les Indiens. Il ne faut surtout pas que les Africains quittent le continent sinon on retournera vers l’époque de la colonisation, de l’esclavage où les autres viennent se servir. Il faut que les Africains croient, restent, se servent d’abord parce que c’est là que les choses vont se passer.


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