Gabon : Des obstacles à la coopération décentralisée

mardi 6 mars 2012 Politique


La coopération décentralisée entre la ville d’Oyem et celle de Clermont- Ferrand constitue une démonstration de l’efficacité de cette stratégie de coopération, nécessaire pour sortir nos villes du retard accusé dans le processus de développement. Cette coopération décentralisée est conforme aux dispositions de la loi organique 15/96 relative à la décentralisation.

L’efficacité de la coopération décentralisée à travers l’exemple de ces deux villes, rappelons-le, a permis à la ville d’Oyem de bénéficier de plusieurs investissements sur le plan social, à savoir : la construction des bornes fontaines pour l’accès de plus de six mille personnes à l’eau potable, la dotation des camions pour collecte des déchets ménagers, l’acquisition des bus de transport scolaire, l’équipement des établissements primaires et la mise en place des coopératives agricoles etc.
Toutefois, s’il est vrai que la coopération décentralisée à travers la ville d’Oyem et celle de Clermont-Ferrand en est une illustration appréciable, il faut tout de même reconnaître que cette dynamique de développement est cependant confrontée à plusieurs obstacles au Gabon. On note un déficit de partenariats, pour ainsi dire, au plan international. Lequel déficit serait lié au statut du Gabon considéré aux yeux du monde comme étant un pays riche.
Au niveau national, la coopération décentralisée se heurte aux insuffisances organisationnelles constatées au sein des collectivités locales. Celles-ci se caractérisent par la caducité des organigrammes occasionnant l’absence des plusieurs services administratifs à l’image d’un service technique pour la gestion du matériel. Dans le même ordre d’idées, il y a des insuffisances au niveau des budgets alloués aux collectivités locales. Des budgets dans lesquels le fonctionnement occupe une place de choix au détriment de l’investissement.
A côté des insuffisances précitées, la coopération déconcentrée est confrontée également à la qualité des ressources humaines employées dans les différentes collectivités locales du pays. Celles-ci se caractérisent par des agents non formés. Car, hormis quelques exceptions, plusieurs mairies ou assemblées départementales regorgent à ce jour des élus locaux déphasés sur les mécanismes de la décentralisation.
Cette situation serait d’ailleurs à l’origine du manque de confiance qui existe entre les pouvoirs publics et les collectivités locales, au motif que les pouvoirs publics ne sont plus prêts à confier la gestion des deniers publics aux agents de l’Etat non aguerris, au risque d’enregistrer une gestion scabreuse. Une situation qui ne lui permet pas souvent d’être éligible aux financements de partenaires au développement notamment, l’union européenne, dans la mesure où, ses exigences reposent sur la gestion transparente des deniers publics et l’organisation des audits.
Enfin, la prééminence de la politique sur l’économie ou les autres domaines serait aussi un obstacle pour l’effectivité de la coopération décentralisée. Le débat politique semble prendre le dessus sur tout, au point parfois de reléguer au second plan l’essentiel, c’est-à-dire le développement.

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