Front social : Pourquoi attendre que le mal s’installe pour songer aux solutions ?

mercredi 26 octobre 2016 Politique


La constante au Gabon, c’est que les autorités ont pris la fâcheuse habitude de laisser les crises s’installer pour songer aux réponses à apporter. L’école gabonaise est, on le sait, malade depuis des lustres, régler les questions qui fâchent n’est pas chose aisée, aujourd’hui la Poste, fait rarissime au monde est au bord de la banqueroute, les mêmes causes produisant les mêmes effets, du fait de la gouvernance et des pesanteurs sociologiques.

Et pourtant l’on dit que gouverner, c’est prévoir et que la plus belle fille du monde ne peut donner que ce qu’elle a ! Deux arguments qui semblent sur le plan pratique battus en brèche de plus en plus chez nous, comme pour dire qu’ici, quand la charrue n’est pas mise avant les bœufs, les paroles ne sont pas souvent et jamais suivies d’effets. Qu’est-ce qui peut bien expliquer qu’alors que l’on sait le malaise perceptible, l’on veuille le laisser s’amplifier, pour ensuite s’interroger sur sa provenance et les moyens d’en venir à bout. Que dire des conséquences ?

Aujourd’hui, les postiers ont mis leur menace à exécution en entrant en grève illimitée pour n’avoir pas perçu de salaires depuis deux mois, dire qu’ils avaient acquis l’habitude d’entrer en possession de leurs émoluments le 20 de chaque mois. Jusqu’ici, les raisons de la crise que traverse la Poste demeurent une inconnue, cependant l’on croit savoir que certaines gens ont dû mettre la main dans le coffre, emportant avec eux le pactole précieux pour la survie de la belle « Dame ».

Du coup, tous les fonctionnaires qui touchent leur salaire le 25 du mois et y sont domiciliés sont pénalisés. Et c’est curieusement lorsque tombe la date fatidique que les autorités réagissent en promettant de régler ce qui peut l’être dans la journée. Cela est étrange en ce qu’il ressemble à du pilotage à vue en plein XXIème siècle dit de la communication, au cours duquel rien ne saurait être gardé secret. Ne serait-ce pas essentiellement le fait que les agents de la Poste ne soient pas édifiés sur le sort qu’ils vivent qui les poussent à bout, les amenant à adopter des comportements contraires à leurs habitudes ? A dire vrai, l’on se retrouve ici plongé dans deux crises en une seule : celle de la Poste et celle des agents de l’Etat, intimement liées et, on le comprend aisément, dont le règlement de l’une influe sur celui du second.

Sur un tout autre plan, l’univers scolaire est menacé de grève, lui aussi, et pour cause : il y a d’innombrables problèmes à régler de ce côté-là aussi. Pas une seule salle de classe de construite en sept ans, ce qui fait que l’on se retrouve aujourd’hui comme qui dirait à la case départ, en train de réfléchir, comme si le phénomène était nouveau, à comment scolariser surtout la flopée de fistons admis en classe de sixième. D’où la nouvelle trouvaille : transformer certaines écoles primaires, Dieu seul sait combien il y en a, en établissements secondaires, mais à quel moment de l’année ? Cela suffira-t-il à contenir l’agitation des enseignants dont les syndicats montés à nouveau au créneau réclament l’apurement de leurs dettes par l’Etat ? Qui a peut-être eu tort de promettre, certainement pour casser le mouvement de l’année précédente ! Où est donc passée la planification tant vantée ?

A ce rythme, ceux qui ont la décision méritent-ils logiquement que l’on croit en eux si tant est que les problèmes auxquels nous faisons ici allusion sont récurrents ? Il y a urgence de repenser notre logiciel mental qui veut que l’on ne s’occupe de sujets brûlants que lorsqu’ils présentent des flammes. Car, il est une chose de vouloir éteindre un feu, il est une autre de veiller à ce qu’il ne se rallume plus. En quoi faisant, telle est la question à laquelle l’on doit réfléchir sans plus tarder si tant est qu’elle relève du prioritaire !


Dounguenzolou

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