Dossier Poste : Nouvelle grève en perspective

mardi 25 octobre 2016 Société & environnement


Le nouveau ministre de l’Economie numérique, de la Communication, de la Culture et des Arts fait face à la sa première crise. Ce lundi 24 octobre les agents de la poste ont fait le pied de grue dans les locaux du ministère. Ils exigent le paiement de deux mois d’arriérés de salaires et le 13e mois de l’année dernière. Entretien à Libreville, avec la secrétaire nationale à la communication du syndicat national de la poste, Mboumba Diane, épouse Boulingui.

Pourquoi les agents de la poste ont-ils investi le ministère de la Communication ce lundi ?

Les agents de la poste ont investi le ministère de la Communication parce que nous sommes confrontés à de nombreux soucis. Nous n’avons pas été payés et nous sommes à deux mois d’arriérés de salaires. Nous avons notre 13e mois de l’année 2015 qui n’a pas toujours été réglé. En plus, nous sommes à quelques jours de la rentrée scolaire. Nos enfants sont assis à la maison. Nous sommes pour la plupart des locataires et nous avons des problèmes avec nos bailleurs. Nous avons droit à nos salaires vu que nous avons travaillé malgré nos difficultés. Non seulement nous ne sommes pas payés à temps mais nous n’avons même pas l’assurance d’être payés. Nous sommes venus interpeller notre autorité de tutelle pour dire au ministre que nous sommes aussi des gabonais et nous avons des droits qui doivent être respectés.

Qu’avez-vous décidé concrètement ?

Si nous ne sommes pas payés. Les 15 000 clients dont plusieurs fonctionnaires, aussi ne seront pas payés. Donc c’est le statu quo et tout sera fermé. Le gouvernement doit prendre ses responsabilités.

Le dialogue est-il suspendu avec votre direction générale ?

Jusqu’à ce jour la direction générale ne communique pas mais fait plutôt usage d’intimidations à notre endroit. Si vous vous plaignez on menace de vous suspendre, c’est pire que la police. Il n’y a pas de communication. Notre syndicat n’a plus le droit de s’exprimer. A croire finalement qu’au Gabon le droit syndical est interdit ! Mais nous avons des droits et nous n’avons pas de problème avec le PDG de la poste. Nous ne voulons que nos salaires. Nous sommes à la fin du mois, les fonctionnaires vont être payés et nous ne seront pas payés. Comment comprendre que quelqu’un qui n’a pas eu à manger depuis deux mois va payer d’autres personnes. Nous sommes vraiment désemparés. Voilà pourquoi nous interpelons non seulement le ministre mais aussi le chef de l’état qui avait dit que dans son discours à la nation qu’il ne sera heureux que lorsque les gabonais seront heureux. Mr le président les postiers ne sont pas heureux. Faites quelque chose !

Souvent lors des mouvements de grèves il y a certains d’entre vous qui assurent le service minimum. Pourquoi cette mésentente entre vous ?

C’est général. L’être humain est comme cela. Quand il y a un problème certains préfèrent fuir au lieu de prendre leurs responsabilités, sans doute par crainte de perdre leur emploi. Mais la réalité est là. Personne n’est payé à la poste du PDG au simple employé. Je lance un appel à tous les collègues pour dire que nous nous battons pour une cause commune. Nous avons droit à nos salaires

Est-ce que, à l’intérieur du pays les postiers sont aussi mobilisés ?

Nous avons décidé de lancer le mouvement ici à Libreville. Nous allons interpeller les bureaux de poste de l’intérieur pour se mobiliser et corser le mouvement. Il faut reconnaître que Libreville est la base de la poste gabonaise. Les ¾ de la poste se trouvent ici. Si Libreville ne paye pas, forcément l’intérieur du pays sera impacté puisque c’est de Libreville que tout se décide.


YAO

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