Front social : La grève, le mode d’expression privilégié des gabonais ?

vendredi 1er avril 2016 Société & environnement


La grève est admise par la législation du travail à condition qu’elle respecte les règles procédurales. Au Gabon, les mouvements d’humeur sont perceptibles aussi bien dans le secteur privé que parapublic et public. Ce qui fait penser à de nombreux observateurs qu’un malaise généralisé s’est installé dans le pays. Du coup, l’on se demande quelles en sont les causes pendant que responsables et administrés se rejettent la responsabilité des mouvements vécus çà et là.

Le constat que l’on fait est que tous les secteurs, même ceux jusqu’ici épargnés par un mouvement de grève, sont guettés par celui-ci, du moins à entendre parler de nombreuses personnes. Les raisons pour expliquer les débrayages sont multiples, mais sont de plus en plus le fait de gabonais qui affirment n’être pas ou que très peu compris par la hiérarchie, par ceux dans les mains de qui repose en partie leur destin professionnel et par ricochet leur avenir. A l’hôpital, à la Fonction publique, dans les chaînes de radios et télévisions publiques, à la Poste, au ministère des Affaires étrangères, au Commerce, à l’Economie, ainsi que dans diverses entreprises privées de la place de Libreville, le ton est monté d’un cran depuis que les agents ne voient plus leur destin se dessiner en confiance.
Ils reprochent aux supérieurs de ne pas tenir compte de leur existence et d’en faire à leur tête sans le moindre respect des règles élémentaires de savoir-vivre. Lorsque l’on interroge des grévistes, il transparait qu’ils revendiquent des droits parfois inaliénables et qu’ils en sont arrivés là, faute de compréhension entre eux et la hiérarchie. Et nous, de nous demander si l’un des éléments constitutifs de l’Etat, à savoir l’Administration reposant sur toute organisation n’est pas en train de foutre le camp, s’il ne fonctionne pas ou s’il ne fonctionne pas simplement mal. On a parfois l’impression que dans notre substrat culturel sont inscrites des lois qui veulent que nous tournions le dos à la logique universelle, ce qui a fait dire par exemple au journaliste et anthropologue français, Robert Arnaud que « lorsqu’un africain se respecte, il arrive en retard à son rendez-vous ».
Comment expliquer qu’alors qu’un peu partout dans le monde, les sociétés s’emploient à corriger les erreurs du passé, nous soyons à entretenir les nôtres quand nous ne les renforçons pas purement et simplement ? Pourquoi, même quand l’on pense que des solutions peuvent être trouvées sans que l’on arrive au débrayage, les différentes parties ne font pas d’effort, chacune à son niveau, pour éviter que la situation ne se détériore comme si cela plaît à certains de voir ainsi les choses se dérouler ? Si nous avons la conviction que la République a pondu des textes intéressants qu’il suffit de mettre en pratique, pourquoi ne pas les appliquer pour le bien de la communauté ?

Nous avons franchement besoin d’une cure comportementale pour oser nous avancer en affirmant que nous aussi nous aspirons au développement. Pour paraphraser quelqu’un, nous disons que la grève commençant dans l’esprit des hommes, c’est dans l’esprit des hommes qu’elle doit prendre fin. Il faut pour cela qu’aucune des parties concernées par elle joue les autruches, feignant de ne pas voir ce qui saute aux yeux de tout le monde. Cela aurait le mérite d’anticiper sur les décisions et de nous éviter ces spectacles à répétition !


Dounguenzolou

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