Friperie : « Moutouki », une véritable mine d’or !

mardi 26 avril 2016 Economie


Ils sont nombreux à se ruer vers les friperies, communément appelés « Moutouki » pour confectionner leur garde-robe. Des étals faisant le bonheur de nombreuses personnes, en termes de qualité (on y trouve des vêtements vintage et autres fin de série) et de quantité. Au-delà de l’aspect bordélique renvoyé par ces prêt-à-porter de fortune, les détenteurs de ces commerces de fripes se frottent véritablement les mains !

Sadio, un ressortissant malien âgé de 25 ans et résidant au Gabon depuis plus de dix ans, sait à peine lire et écrire. Un véritable ou presque autodidacte ! En effet, un de ses amis lui a inculqué juste les bases de la langue de Molière. Du coup, son profil ne lui permet pas de postuler dans les grandes entreprises locales. Et pour ne pas demeurer oisif, Sadio a choisi d’investir dans le « Moutouki », (Ndlr : l’appellation renvoie aux vêtements de fin de série ou ayant été portés en Occident et revendus en Afrique), des vêtements de seconde main. Une activité qui lui permet de vivre depuis plus d’une décennie. Pour ce faire, il a vendu un peu de tout, avant de se consacrer ces quatre dernières années, à la vente de vêtements féminins. « C’est un choix lucratif  », assure-t-il.

Affaires lucratives ?

« On ne peut pas dire que le commerce est entièrement lucratif », explique Sadio. En effet, les profits varient selon les saisons et évènements. En période de grands évènements par exemple, les vendeurs de ces vêtements particuliers réalisent des profits conséquents. Cela dépend toutefois de la qualité du ballot. Un ballot acheté à 600.000 francs CFA peut rapporter au vendeur jusqu’à 25O.000 francs CFA voire 300.000 francs CFA de bénéfice.

La recette journalière oscille entre 15.000 et 20.000 francs CFA. Un chiffre bien en deçà des 35.000 de rente quotidienne d’autrefois. A en croire les informations glanées sur les lieux, cet écart s’explique, en partie, par la « pléthore » de taxes municipales et de celles de la Direction générale des Impôts. Malgré la crise, Sadio continue à mener son activité.

« Le marché est devenu difficile. Les clients viennent au marché et sont très attentifs et réactifs aux prix. Ce n’est plus comme avant où lorsque tu donnes le prix à un client celui-ci se contente d’acheter l’article sans débattre  », ajoute Sadio, tout en restant optimiste.

Prix attractifs et qualité au menu

Des inquiétudes qui ne sont pas ressenties par la clientèle. « Je fais mes achats ici, à défaut de fréquenter des prêt-à-porter, car les prix sont plus attractifs et les vêtements sont également de bonne qualité  », confirme une clientèle rencontrée chez Sadio. De « Gucci », en passant par « « Dolce Gabbana », « Creeks », « Wrangler », « Nike », « Adidas », « H&M », « Levi’s Strauss », « Diesel », « Lacoste », « Esprit », « Prada », « Boss », « Calvin Klein », « Zara », « Kenzo », « Cécile », « Mango », bref toutes les marques à la mode se retrouvent à Moutouki.

Un vêtement acheté au prix de 3000 francs CFA, le client peut selon l’usage, faire plus de deux ans avec. « Ce qui est parfois contraire aux vêtements achetés dans les prêt-à-porter de Libreville », renchérit Sadio. Pour lui, sans nul doute, c’est cette particularité qui fait leur force. A condition toutefois de faire le « choix du bon ballot ».


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