Forum mondial de la jeunesse : Ali Bongo Ondimba plaide pour une jeunesse éduquée et bien formée

mercredi 8 novembre 2017 Société & environnement


Invité au Forum mondial de la jeunesse ouvert il y a quelques jours à Charm el-Cheikh, en Egypte, le Président de la République gabonaise , Ali Bongo Ondimba appelle à la mobilisation pour une jeunesse ‘’ bien éduquée et bien formée’’.

« Exploiter le dividende démographique grâce à l’investissement dans la jeunesse », à Charm el-Cheikh, en Egypte, au Forum mondial de la jeunesse auquel il prend part, c’est en toute lucidité que le Président de la République, Ali Bongo Ondimba, s’est exprimé sur ce thème de 2017 si cher à l’Union Afrique (UA). Ses propos, délimitant la voie à suivre par les Etats africains pour promouvoir l’éducation, la santé et la formation des jeunes, trace la trajectoire d’un nouveau défi continental basé essentiellement sur une meilleure éducation et formation pour la jeunesse.

Un renouveau éducatif d’autant plus majeur et urgent que les données de l’Observatoire des inégalités foisonnantes, montrent que « la scolarisation a beaucoup progressé ces dix dernières années » contrairement à la qualité de l’enseignement qui demeure dans beaucoup de pays en développement comme le Gabon, une préoccupation majeure. En Afrique subsaharienne par exemple, l’organisme indépendant compte en moyenne 42 élèves par enseignant au primaire en 2012 et 26 dans le secondaire contre « un à sept élèves en moins dans le secondaire et au primaire sur la période » pour la même période. « Ces données moyennes cachent de grandes disparités : bon nombre de pays pauvres ont bâti des écoles secondaires à la hâte où les élèves sont entassés à 40 et 50 par classe et n’y reçoivent qu’un enseignement au rabais », explique l’Organisme.

Défis du millénaire assignés aux pays

Réunis en 2000 à Dakar, les Nations unies fixent six grands objectifs à atteindre en 2015. Ces défis d’un genre nouveau visent essentiellement à favoriser l’accès égal à l’éducation pour tous les habitants de la planète. Une liste est alors dressée. Le développement et l’amélioration sous tous leurs aspects de la protection et l’éducation de la petite enfance, notamment celles des enfants les plus vulnérables et défavorisés, l’enseignement primaire universel, c’est-à-dire que tous les enfants soient scolarisés, « assurer l’accès des enfants et des jeunes adultes à l’apprentissage des compétences nécessaires à la vie courante », notamment par la scolarisation dans le secondaire, l’augmentation du taux d’alphabétisation de 50 % chez les adultes et notamment chez les femmes, l’élimination des disparités entre les sexes face à l’éducation avant 2005 et l’égalité de fait entre les femmes et les hommes vers 2015 et enfin, l’’amélioration de la qualité de l’enseignement constituent les défis futur à atteindre définis dans la liste. En 2015, en dépit de l’urgence de la situation de l’apprentissage et de son bien-fondé dans le développement collectif, aucun de ces points n’est atteint. Pour autant, le combat continuera mais en plein mouvance d’une crise de l’apprentissage généralisée.

Crise de l’apprentissage en plein 21e siècle

Le manque de mobilisation autour des défis universels définis en 2000 par les Nations unies pour une meilleur garantie d’apprentissage dans le monde n’ont pas été sans conséquence. Dix-sept ans après la définition de ces objectifs, bon nombre d’Etats paient le prix fort de leur laxisme vis-à-vis de la question du développement du système éducatif. Parmi les pays du monde les plus touchés par cette crise, les pays africains sont au-devant de la scène. Non pas que la question au niveau continental n’a pas connu d’écho favorable mais l’existence d’inégalités majeures a tendance à anéantir les efforts entrepris. En effet, soutient l’Observatoire des inégalités dans une étude, la pression démographique énorme liée à une forte fécondité engendre des inégalités massives qui bouleversent la structure de vie et les choix en matière de dépenses publiques dans bon nombre de pays où l’école n’est pas toujours la première des priorités. Souvent catégorisé dans ce sens, le Gabon n’échappe pas aux critiques et se présente comme un cas d’école illustratif bien que l’absence de statistiques fiables ne permet pas une meilleure démonstration.

Depuis quelques années, le pays vit une sérieuse crise de l’éducation matérialisée par une faiblesse du dispositif des structures d’accueil, des problèmes de moyens de fonctionnement propres aux établissements, des grèves à répétition des enseignants et élèves, qui revendiquent des meilleures conditions de travail et d’apprentissage, des résultats aux examens catastrophiques ponctués un indicateur quasi-universel, la baisse généralisée de la qualité de l’enseignement du primaire au supérieur. Une cartographie qui devrait aboutir à une meilleure mobilisation autour de l’éducation garantie toutefois par la bonne gouvernance.


Michaël Moukouangui Moukala

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