Forces de l’ordre : Contrôle ou racket ?

mardi 29 novembre 2016 Société & environnement


Pour ceux qui ont l’habitude de circuler dans les rues de la capitale gabonaise Libreville du lundi au dimanche, voir des policiers, gendarmes et même militaires, postés qui sur une voie principale, qui sur une voie secondaire, comme s’il s’agissait de la préparation contre une invasion étrangère interpellant des usagers de la route au nombre desquels des taximen devient un fait banal. Curieux, quand on sait qu’actuellement le mode opératoire est loin de ressembler aux précédents pendant lesquels les agents ne se limitaient qu’à se rassurer de l’effectivité de l’existence de pièces afférentes à la conduite des automobiles et de la régularité du séjour du chauffeur, s’agissant, comme cela est souvent le cas chez nous, d’étrangers dont nombre se livrent à des activités en toute illégalité.

«  Bonjour, mesdames, messieurs, contrôle gendarmerie ! », avons-nous entendu dimanche dernier au carrefour Rio de Libreville d’un sous-officier de gendarmerie, visiblement pas intéressé par le contrôle des pièces afférentes à la conduite du véhicule ou à celles confirmant la régularité du séjour du conducteur ouest- africain, cela se lisait à travers ses faits et gestes, puisque quelques minutes après qu’il ait fait signe au chauffeur de s’arrêter, il est revenu vers lui demander s’il était allé voir les agents qui se tenaient sur le petit côté, près du camion de transport de troupes de la gendarmerie, là garé en permanence.

Ce qui n’a pas manqué d’éveiller nos soupçons et de rapprocher le constat d’avec celui déjà établi, il y a quelques temps plus tôt, par un ami propriétaire d’un véhicule qui avait été arrêté à hauteur du « kilomètre onze » par des gendarmes qui, n’ayant pas pu trouver de failles, sont passés peut-on dire aux aveux, affirmant sans ambages que ce qui importait pour eux, ce n’était pas le contrôle en tant que tel, mais ce que celui-ci pouvait rapporter, car il s’agit pour chacun d’entre eux d’encaisser la somme imposée par la hiérarchie aux fins d’alimenter la caisse noire devant servir au financement de la Coupe d’Afrique des Nations, Can 2017, que devrait abriter le Gabon à partir de la deuxième semaine de janvier prochain.

Devrait-on se comporter de la sorte même si l’on dit le pays au bord de l’asphyxie ? N’y a-t-il pas d’autres méthodes, beaucoup plus rationnelles, pour renflouer les caisses que d’aucuns disent exsangues de l’Etat pour oser affronter les défis à venir ? Frappant, l’habitude qu’ont prise nos agents de se ridiculiser n’imposant plus, comme dans le bon vieux temps, le respect que l’on devait à la tenue, symbole du drapeau national et donc de la République. Du coup, l’on se met à se demander de quoi demain sera fait. Si dans des pays comme la France dont on s’inspire, les populations actives se battent pour obtenir des autorités qu’elles baissent les taxes et autres produits de la fiscalité, même si cela comporte des faiblesses au finish dans la constitution de l’économie, pourquoi chez nous, avoir recours à des méthodes dignes d’époques révolues, pour renflouer les caisses de l’Etat, encore faut-il que cela soit prouvé ?

Des rumeurs circulent depuis longtemps sur ces pratiques honteuses, révélant que des officiers supérieurs envoient des agents sur le terrain en quête de pécules devant servir à garantir la satisfaction de leurs plaisirs, y compris charnels, et tout le monde ou presque semblait s’en accommoder aujourd’hui quand subitement arrive cette affaire de « Co- financement » de la Can. Le citoyen lambda se pose la question de savoir pourquoi chaque fois que de telles informations sont mises sur la place publique, cela ne suscite pas la réaction des autorités qui devraient s’en offusquer, car elles sont les premières à être jugées négativement lorsque ces nouvelles passent pour vraies.


Dounguenzolou

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