Football/Equipe nationale : Alain Claude Bilié-By-Nze tance PEA

dimanche 21 octobre 2018 Sport


Le ministre des Sports tape du poing la sur table. Il ne veut pas d’un climat délétère et de suspicion au sein de l’équipe nationale de football qui s’est relancée pour la qualification pour la prochaine Can au Cameroun. Alain Claude Bilié-By-Nze en réunissant la Fédération gabonaise de football, le Fonds national de développement du sport et l’encadrement technique des Panthères a voulu ainsi inciter les composantes gérant l’équipe nationale à travailler main dans la main. Objectif : remporter les deux prochaines rencontres du onze national. Le Ministre des Sports ne veut plus entendre parler du malentendu (Ndlr : avion et Bonus des joueurs) survenu à la veille du déplacement des Panthères à Juba. Dans cette interview, Alain Claude Bilié-By-Nze explique que désormais les joueurs en équipe nationale vont signer une charte d’engagement pour respecter le drapeau national. Une manière de mettre fin à l’indiscipline qui gangrène la tanière. Entretien…

Gaboneco.com (GE) : M. le Ministre comment analysez-vous l’incompréhension de toutes les parties qui gèrent l’équipe nationale de football ?

Alain Claude Bilié-By-Nze( ACBBN) : C’est la raison pour laquelle j’ai rassemblé tout le monde ici. Il y a une grosse incompréhension. Le Gabon a parfois fait des contres performances. Il a même perdu des matchs et cela n’a pas causé de problèmes. Là nous enchaînons deux victoires importantes sur la route de la Can avec un staff technique local, on se retrouve plongé dans une polémique inutile. Le ministère a réglé le problème posé par les joueurs, c’est-à-dire l’avion. Un avion a donc été affrété. Cet avion transporte souvent les équipes de football et les diplomates de l’ONU. Cet avion garantissait toutes les mesures de sécurité. Il se trouve que les joueurs voulaient un avion de plus grande capacité. Nous avons donc affrété de nouveau un avion 737 de 140 places.

Parce que nous voulions que l’équipe se rende au Soudan du Sud et ne pas donner de prétextes aux uns et autres. Le but de cette réunion était de ramener la sérénité au sein de l’équipe nationale. Il se dit trop de choses. Nous avons le sentiment que dans notre pays, il y a des gens qui ont intérêt à ce que l’équipe nationale ne gagne pas. Ce n’est pas seulement un intérêt sportif ou politique. Il y a même des intérêts financiers. Quand les Panthères ne gagnent pas certains en tirent profit. Le fait de gagner entraine des polémiques parce qu’en gagnant cela crée un manque à gagner à certaines personnes. Nous allons les identifier.

GE : Quelles sont les résolutions prises au terme de cette réunion ?

ACBBN : Il y a trois principales résolutions. La première c’est un rappel ; les équipes nationales sont la propriété de l’Etat sous l’autorité directe du Ministère des Sports. Mais le patron du département n’est pas un technicien. C’est pour cela, qu’il y a un outil technique qu’est la Fédération gabonaise de football qui gère cette discipline. L’état a mis en place le Fonds National de Développement du Sport qui est un outil de financement du sport. Nous insistons sur la bonne collaboration entre la Fédération gabonaise de football et le Fonds National de Développement du Sport qui a ce jour doit pouvoir travailler sous l’autorité du Ministre des Sports. Nous allons donc articuler un meilleur dialogue entre les deux entités. Dès à présent tout sera mis en place pour remettre ce dialogue de gestion, c’est important. Ce n’est pas utile d’avoir plus de dépenses, surtout que nous sommes dans un contexte économique difficile.

La seconde chose, nous avons demandé à la fédération de nous informer au préalable de la nature des communiqués publiés pour éviter les malentendus. Le Ministère n’a pas à découvrir dans la presse, la communication faite par la FEGAFOOT qui a le droit de communiquer tout de même.

La dernière chose, nous avons demandé à la fédération et au staff des Panthères d’examiner et étudier les conditions de maintien d’un certain nombres de joueurs en équipe nationale. Il faut bien faire la différence entre le club et l’équipe nationale. L’équipe nationale, c’est la nation gabonaise. Ce sont les couleurs, c’est l’hymne national. Quand on vient c’est pour représenter son pays avec amour. On vient en équipe nationale parce qu’on est porteur de valeurs et au titre de ces valeurs il y a le respect. Nous ne pouvons pas contraindre l’Etat aux humeurs des joueurs. Personne n’est obligé de venir. Si on vient, on doit être capable d’un certain nombre de sacrifices. Notre pays est puissant dans notre cœur même si il n’est pas le plus développé du monde, mais c’est notre pays. Donc si on ne peut pas accepter de monter dans un avion affrété qui transporte les hauts responsables des Nations Unies, si on ne peut pas l’accepter et on oblige l’état a faire des efforts supplémentaires en allant affréter de nouveau un avion qui a couté 120 millions de F CFA et que derrière ça, on est pas capable de venir jouer. Il faut donc s’interroger sur la nécessité de continuer avec l’équipe nationale.

GE : En parlant justement du comportement des joueurs comment analysez-vous celui du capitaine des Panthères qui vient en équipe nationale selon ses humeurs ?

ACBBN : Je ne parle pas spécifiquement d’un joueur. Mais PEA est à ce jour le plus grand joueur du Gabon. Ce qu’il a réussi en club personne ne l’a fait même si avec l’équipe nationale, il n’a pas encore gagné . Il est donc indispensable, pour autant, nul n’est indispensable à un pays.Et nul ne peut contraindre le pays à ses humeurs. Cela concerne Aubameyang et d’autres joueurs. J’ai demandé à la fédération d’élaborer une charte d’engagement pour les joueurs en équipe nationale. Nous avons déjà vu des footballeurs africains payer des primes et des billets d’avion pour leurs coéquipiers. Pour l’Euro on a vu le capitaine Cristiano Ronaldo blessé, sur le banc de touche se battre et motiver son équipe. Il a porté son équipe.

On ne vient pas en sélection nationale pour blaguer ou à la carte. On ne décide pas de jouer tel match et pas l’autre. On y vient parce qu’on joue pour son pays. Si on n’est pas capable de le faire, alors qu’on se désiste. Quand on est en équipe nationale, on est un modèle. On n’a pas le droit de faire un bras d’honneur à son pays qui a fourni des sacrifices. Moi Je l’ai reçu comme un bras d’honneur fait au pays. C’est inacceptable.

GE : A quand la charte d’engagement pour les joueurs en équipe nationale ?

ACBBN : D’ici au match contre le Mali ce qui est demandé, c’est la reprise en main de la sélection nationale. Daniel Cousin et son staff doivent nous qualifier pour la Can. C’est la mission qu’ils ont. La semaine prochaine nous allons multiplier les réunions avec la fédération, la presse et les clubs des supporters parce que nous devons gagner contre le Mali le 17 novembre prochain. J’ai demandé cette charte depuis longtemps et je viens de confirmer l’instruction à mon cabinet et à la fédération d’élaborer cette charte. Celui qui vient en équipe nationale doit signer cette charte.

Il y a des problèmes de comportements et d’indiscipline. Il y a des problèmes de respect et de valeurs qu’on porte pour son pays. Tout ceci doit être contenu dans une charte par les uns et les autres. Nous voulons nous qualifier, mais avec des valeurs. Le choix ne peut pas être fait entre le talent et les valeurs. On va toujours choisir les valeurs. Ceux qui veulent continuer doivent choisir les valeurs. Le talent on peut s’en séparer. Des équipes sont allées bien loin grâce aux valeurs. On a vu des gens talentueux qui ne sont pas allés loin par manque de discipline. Le talent seul ne suffit pas. Il faut avoir des valeurs. C’est essentiel.

GE : Mr le ministre qu’en est-il du problème des bonus ?

ACBBN : Les primes ont été payées aux joueurs. Je me suis refusé d’aller voir les joueurs avant le match. Je vais souvent les voir après le match. A la fin du match contre le soudan du Sud à Libreville, je suis allé dans les vestiaires avec les responsables de la FEGAFOOT, les joueurs m’ont fait savoir qu’ils voulaient un bonus en raison de la victoire obtenue. J’ai dit que c’était un week-end qu’on allait en reparler. On a pris rendez-vous pour le samedi. Ils m’ont posé deux problèmes : le bonus et l’avion. Je me suis engagé à payer le bonus, mais le Trésor étant fermé ainsi que les banques, j’ai donc dit aux joueurs de partir d’abord au Soudan et ce serait fait. Pour le deuxième problème relatif à l’affrètement de l’avion, j’ai tenu une réunion samedi soir à 21h à l’aéroport de Libreville (puisque je partais en mission à l’étranger) avec le Fonds et le Secrétaire général du Ministère des Sports pour trouver une solution.

Nous avons trouvé un avion au prix de 120 millions de F CFA. J’ai donc indiqué aux joueurs par le biais de l’entraineur national qu’il n’y aura plus de bonus puisque l’état a consenti des efforts financiers supplémentaires pour que les joueurs aillent dans de meilleures conditions au Soudan du Sud. Il y avait le choix à faire entre le bonus et l’affrètement de l’avion. On a trouvé l’avion, il n’allait pas y avoir en plus le bonus. C’était clair. Ceux qui choisissent le bonus plutôt que le match, il faut s’interroger sur leur réel engagement pour la nation.

GE : Où va se jouer la rencontre du 17 novembre prochain entre le Gabon et le Mali ?

ACBBN : Nous allons travailler toute la semaine prochaine pour trouver le bon environnement pour gagner. Nous allons communiquer sur le lieu de la rencontre à Libreville ou à l’intérieur du pays à une date ultérieure.


Entretien réalisé par YAO

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