Football/Elimination des Panthères : Rien d’étonnant !

lundi 9 octobre 2017 Sport


C’est le contraire qui allait surprendre le monde du football, c’est-à-dire, voir le Gabon se qualifier en Coupe du monde et donc déjouer les avis des futés. Comme de coutume, le Gabon a de nouveau justifié devant le monde son manque d’ambition et son petit caractère à l’échelle international. Une élimination bien logique au regard des manquements criards que le Gabon a cultivé depuis toujours.

« Ça tombe sous le sens ! Dans la bourse des valeurs footballistiques ou sportives, le Gabon n’est pas une référence et ne pèse pas grand chose. La liste des 23 Panthères devant croiser le fer contre les Lions de l’Atlas à domicile, pour espérer goûter aux réalités du Mondial de la discipline, charrie de nombreux commentaires. Parmi les appelés de Camacho, il y a à peine 5 qui sont performants, donc titulaires en club. Il va donc être extrêmement difficile d’être compétitif au haut niveau avec une équipe composée en grande partie de sportifs de faible niveau car n’évoluant pas dans des championnats majeurs ». Voici entre autres, ce que nous écrivions la semaine dernière sur cette tribune (Ndlr : lire Gabon Vs Maroc/Liste des Panthères : « Faute de grives, on mange des merles »).

Le manque d’ambition du Gabon s’est de nouveau étalé à la face du monde. En effet, le Maroc vient littéralement de pulvériser le Gabon, et ce, avec la manière (3-0). Les années se suivent et se ressemblent pour le football gabonais, désormais habitué à rater les grands rendez-vous quand il est attendu. La défaite de trop qui élimine le Gabon de la Coupe du Monde, sonne comme une humiliation. En effet, ce n’est pas tant la défaite en elle-même qui constitue le hic, mais plutôt la manière et donc le sempiternel recommencement. Le fond de jeu qui fait absolument défaut. Le capitaine des Panthères, Pierre Emerick Aubameyang, l’un des meilleurs attaquant du monde, efficace en Allemagne mais incapable de porter le Gabon. Toujours attendu mais jamais concret. Bocandé a porté le Sénégal, tout comme Drogba, Eto’o El hadji Diouf et Adebayor avec respectivement, la Côte d’Ivoire, le Cameroun, le Sénégal et le Togo.

Samedi les Panthères sont totalement passées à côté du sujet. Une équipe aphone, terne, morne et sans âme qui a démissionné de sa mission cardinale celle de faire rêver tout un peuple. Les Gabonais n’ont pas existé parce que perdus sur le terrain même dans les placements. Comme toujours (depuis des années) le milieu de terrain a démontré ses carences au point d’être incapable de porter le match et de gêner comme il se doit l’organisation offensive des Marocains qui ont été vainqueurs dans tous les compartiments. Il y a des manières de perdre ! La défaite en elle-même n’est pas exclue, mais perdre comme le Gabon l’a fait est la preuve qu’il y a une profonde crise dans le football national. Depuis toujours le Gabon rate les grandes occasions. Pas de Coupe du monde et juste un ¼ de finale en CAN en 1996. Dépasser ce stade de la compétition est une équation jamais résolue. Le talent ne fait pas fait défaut à travers les 9 provinces. Sauf que c’est la politique de formation qui est en lambeau.

Changer la donne obligatoirement

Il faut créer des centres de formations qui participent pleinement à l’essor et la formation des futurs sportifs compétitifs. L’école nationale de football de Port-Gentil est loin de répondre aux normes. Conséquence : le Gabon est incapable de produire chaque année au moins 5 joueurs de valeurs sur le marché international. Le football d’élite se prépare à la base. Ne soyons pas surpris si dans le futur les Emirats arabes unis jouent les premiers rôles dans le monde du football. Le pays a crée le forum international des académies de football. Un rendez-vous d’envergure où les experts du ballon rond mettent en pratique les idées les plus intelligentes pour produire des meilleurs footballeurs. La Chine pour sa part rêve d’être parmi les meilleurs lors du Mondial de football en 2026. Le président chinois, Xi Jinping, à crée les conditions en souhaitant avoir chez lui un centre de formation de dimension mondiale. Le français Christian Damiano a été nommé Directeur Technique National de ce centre. Il va mettre en pratique la science pour assurer la préformation, la formation et le développement du football pour jouer les premiers rôles au Mondial de football en 2026. L’Institut national du sport, de l’expertise et de la performance (Ndlr : ancien INSEP, Institut national du sport et de l’éducation physique) en France a déjà initié des projets pour préparer les athlètes qui vont glaner quantités de médailles aux Jeux Olympiques en terre française en 2024.

Le Gabon n’a pas d’autres choix que d’opérer urgemment des changements majeurs avec des méthodes innovantes dans la formation des prochains footballeurs (sportifs) d’élites. Les éliminations aux premiers tours des CAN de football seniors et des moins de 17 ans organisées à la maison sont assez éloquentes pour susciter l’éveil des consciences. On financé à coup de milliards un soi-disant championnat professionnel qui est d’un niveau zéro, oubliant les fondamentaux dont la formation qui est la seule voie du salut. Hélas ! On sommeille et on ne gère que l’événementiel. Ne rêvons pas en janvier prochain, la Can de handball des hommes sous nos tropiques va encore nous rappeler la triste réalité. Le Gabon sera incapable de rivaliser avec les meilleurs de cette discipline en Afrique. Il en sera de même, lors du prochain tour cycliste international du Gabon en janvier. Les Panthères du vélo sont en léthargie pendant que les autres sont en quêtes de performances.

Ailleurs on prend conscience de la formation mais chez nous cela parait une vue de l’esprit. Il ne s’agit pas d’investir beaucoup d’argent n’importe comment, mais il s’agit d’investir dans le bon sens pour que les prochains sportifs gabonais soient de valeur. Le drame c’est qu’au Gabon on ne rêve pas. Pas de caractère, pas d’ambitions et manque de transcendance. Si les choses continuent en l’état, le Gabon sera toujours le dindon de la farce. Ailleurs, on ne fait pas de miracle, on travaille juste et bien. C’est tout ! Le sport de haut niveau à des exigences telles que ne pas en tenir compte, c’est militer dans l’amateurisme. Méditons sur les propos de l’un des plus grand champion de formule 1 dans le monde, le français Alain Prost, « La vraie réussite d’une équipe, c’est d’assurer la compétitivité dans la pérennité. »


YAO

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