Football/Echec des Panthères : Camacho est-il l’unique responsable ?

vendredi 14 septembre 2018 Sport


S O S ! Le sport roi au Gabon est au creux de la vague. Les déceptions et contre-performances se multiplient à mesure que passe le temps. L’entraineur étant le fusible a été sacrifié. Le départ de Camacho demandé par le gouvernement est entériné par la Fédération Gabonaise de Football. Et pour cause, le technicien espagnol est passé à côté de la plaque en collectionnant les mauvais résultats. Son bilan alarmant se traduit par 16 sorties, 9 nuls, 5 défaites et juste 2 victoires. Quoi qu’il en soit, l’entraineur est la première cible. Mais il n’est pas le seul responsable dans le pourrissement de la situation. Le gouvernement, tout comme l’environnement du sport national et les joueurs ont aussi chacun à leur niveau une part de responsabilité importante.

Camacho est parti. Son ère est terminée avec les Panthères du football du Gabon. L’histoire a retenu qu’il n’a pas fait décoller le Gabon. Bien au contraire, l’équipe est allée de mal en pis. L’élimination au premier tout de la Can à domicile avait déjà été un sérieux avertissement. La suite des rencontres n’a été que logique. Son management a fait défaut. Il ne connaissait pas l’environnement du sport national. Normal, il avait choisi entre autre de résider en Europe, avec la complicité des autorités qui a ce sujet n’ont pas été fermes. Même si en mai 2017, le Ministre des Sports d’alors, Nicole Assélé avait tapé du poing sur la table pour que désormais José Antonio Camacho et son staff résident au Gabon. Là encore, il avait affiché son mépris total.

Son mode de communication a fait défaut. Il parle peu et manque de pertinence. Plus grave, il ne s’exprime pas en français. A cet égard, c’est une grossière erreur de casting commise par les recruteurs du sélectionneur national. On imagine très mal une grande nation de football recruter un entraineur qui ne s’exprime pas dans la langue officielle du pays. Parler le français doit être une condition indiscutable pour les prochains sélectionneurs de notre pays. Parce qu’il y avait entre lui et les joueurs des problèmes de communication. Sous son règne l’indiscipline a été à la hauteur sans que le coach ne ramène de l’ordre. Un jour en conférence de presse avant de jouer contre la Cote d’Ivoire à Libreville, il avait fait savoir qu’il n’allait plus faire appel à Ibrahima Ndong Didier qui avait fait montre d’indiscipline. Cette décision n’avait pas fait long feu puisqu’on avait revu le milieu gabonais en sélection. Camacho a été incapable d’expliquer à la presse les frasques du capitaine Pierre Emerick Aubameyang qui répondait aux convocations en fonction de ses humeurs. Sur le terrain on se passe de son bilan qui est triste.

Par-ailleurs, en cliquant dans l’histoire de notre football on se rend bien compte que depuis toujours le Gabon limoge à tout va les sélectionneurs. Jorge Costa, Paulo Duarté, Gernot Rohr, Alain Giresse, Jairzinho, Michel De Wolf, Antonio Dumas (démissionnaire) et autres Jean Thissen et Robert Pintenat. Mais cette politique de limoger coûte que coûte n’est pas forcément la bonne. On a vu le travail abattu par Giresse (Ndlr : après son limogeage à la tête des Panthères du Gabon il a terminé 3e à la CAN 2012 en prenant les rennes du Mali), Duarté (après le Gabon ,3e de la CAN 2017 à Libreville avec le Burkina) et Rohr (toujours après le Gabon, il a qualifié le Nigeria pour le Mondial en Russie). Pourtant sous nos tropiques, ce n’était pas le cas. Reconnaissons-le, le problème du football gabonais n’est pas uniquement lié à l’entraineur. Les joueurs aussi affichent un déficit criard d’ambitions. Ils ne rêvent pas assez. Ce déficit chronique d’ambitions est très préjudiciable au sport national. Ils ne se prennent pas suffisamment au sérieux. Cela se traduit dans les rendements respectifs en clubs.

Le Gabon n’a pas de grands joueurs, hormis Aubameyang, Lemina, Ecuélé, qui évoluent dans des grands championnats en plus d’être titulaires. Denis Bouanga et Joyan Obiang également titulaires en clubs, les autres évoluent dans des petits championnats et ne sont même pas toujours utilisés. Cela explique la faiblesse du niveau des acteurs, puisqu’il y a une répercussion incontestable sur le rendement de l’équipe nationale. Le gouvernement est aussi au banc des accusés. La politique sportive gouvernementale ne doit pas se limiter qu’à gérer l’évènementiel. IL faut opérer une rupture forte avec des nouveaux mécanismes pour faire rentrer notre pays dans l’univers des grandes destinations sportives. Il faut une impulser une nouvelle dynamique au niveau du mouvement associatif et des clubs. Les municipalités et autres collectivités locales doivent être mises à contribution pour le nouvel essor du sport national. Bref, il faut une réelle organisation professionnelle.

Ajoutons à cela, la fébrilité du mental des gabonais. Quentin Coursier, Professeur de psychologie du sport à l’Institut de recherche du bien-être de la médecine et du sport santé fait savoir que « La préparation mentale, l’arme absolue du sportif, c’est sur ce dernier pilier, le mental, que le sportif admet souvent un déficit alors que c’est ce pilier qui est susceptible de faire la différence et qui permet d’atteindre des situations de réussite impressionnantes. Une arme à travailler, totalement personnalisable, à façonner soi-même ». « Les compétiteurs doivent aujourd’hui faire preuve d’une grande force mentale pour répondre aux exigences du sport de haut niveau », ajoute Matthieu Verneret, professeur de karaté à l’université Claude Bernard Lyon en France.
Que tous les sportifs gabonais réfléchissent sur la citation du double médaillé d’or marocain aux Jeux Olympiques de 2004 en Grèce, Hicham EL GERROUJ, qui a chaque fois qu’il allait en compétition affirmait « Celui qui voudra me battre devra frôler la mort… ». Il affirmait ainsi avec force sa puissance mentale et sa détermination à gagner les médailles d’or aux épreuves du 1500 et 5000 m.


YAO

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