Football : « Ce qui est dommage dans ce pays, c’est qu’on ne sait pas reconnaitre le travail abattu par les autres », d’après Bosco Alaba Fall

mercredi 11 octobre 2017 Sport


Considéré comme un des pionniers de la formation au Gabon, le président du Centre Mberi Sportif, Bosco Alaba Fall s’est prêté aux questions de la rédaction de Gaboneco.com. Lors de cet entretien, ce dernier est revenu sur les transferts de Didier Ndong Ibrahim et Malick Evouna.

Gaboneco (Ge) : Depuis 1996, la formation est votre crédo, pouvez vous nous présenter succinctement le Centre Mberi Sportif ?

Bosco Alaba Fall (BAF) : Le CMS a pour politique le développement et la pratique du football mais aussi la promotion du football dans la formation. Créée en 1996, le CMS est une grande association formatrice qui prend part au championnat de première division et qui participe aux compétitions organisées par la Ligue de l’Estuaire.

(Ge) : La formation a un coup, arrivez-vous à rentrer dans vos comptes ?

(BAF) : Vous avez fait le constat, effectivement la formation suscite beaucoup de moyens. D’abord pour la formation des formateurs. Puis l’achat du matériel dont les équipements des futurs athlètes appelés à évoluer sous d’autres cieux. Au delà de ce qu’on peut avoir comme moyens financiers et matériels, il faut surtout mettre en place une bonne organisation et avoir la volonté de mener à bien ce pourquoi nous nous sommes engagés.

Pour parler des retombées financières dont vous faites allusion, effectivement il y’a quelques mois de cela, nous avons commencé à recevoir de l’argent du transfert de Malick Evouna. Mais, il faut dire qu’il a fallu batailler dure, car j’ai obtenu la décision au niveau de la Fifa qui a statué sur un recours que j’avais introduis. Il faut que les présidents de clubs acceptent d’apprendre, car vous savez que quand vous avez un contentieux avec un club appartenant à une autre association nationale, le règlement Fifa du transfert du joueur vous donne deux ans pour introduire une requête. Passé ce délai vous perdez tout.

Notre curiosité d’apprendre nous a permis de suivre le dossier de Malick Evouna au WAC de Casablanca, qui a été obligé de payer le principal de transfert qui nous a générer 100 000 dollars, engagés pour le lancement des travaux de nos futurs installations sur la route nationale notamment à Mvimvi.

Nous avons aussi eu gain de cause au niveau de la Fifa pour les indemnités de formation de Didier Ndong Ibrahim que le CS Sfaxien devait nous payer depuis longtemps. Nous avons obtenu la décision en 2016, alors que nous avons introduit le recours en 2012. Nous avons déjà reçu une avance de ces indemnités, le premier échéancier est de 25 000 euros. Avec tout cela il ne faut oublier qu’il faut payer les frais d’avocats. Il nous reste 20 milles euros que le Sfaxien se doit de nous payer.

(Ge) : Le Gabon a-t-il une réglementation qui protège les clubs qui font dans la formation ?

(BAF) : Le règlement Fifa du statut du joueur prévoit un règlement sur le plan international qui renvoi les fédérations nationales a mettre en place un règlement sur des situations qui peuvent intervenir dans l’interprétation des contrats, l’indemnité de formation entre club. Mais, à ce jour je n’ai pas connaissance que la Fédération Gabonaise de Football a mis en place un règlement tel que le renvoi la Fifa. Donc les clubs formateurs ne sont pas protégés.

(Ge) : Quels sont les problèmes que le CMS rencontre dans le transfert des joueurs ?

(BAF) : Les problèmes que l’on rencontre sont souvent liés aux agents véreux de joueur et certains parents qui ne connaissent rien du règlement mais qui nous compliquent parfois la tâche. D’où la nécessité d’organiser des séminaires de formation pour préparer tout le monde à une nouvelle vision du football moderne.

(Ge) : En dehors de Malick Evouna et Didier Ndong Ibrahim, le CMS a-t-il d’autres joueurs susceptibles de vous apporter financièrement pour la formation offerte ?

(BAF) : Nous avons Cédric Ondo Biyoghe qui est allé monnayer son talent dans un club égyptien, mais qui n’était plus sous contrat avec le CMS. Toutefois, nous avons le droit de réclamer les indemnités de formation. Nous avons le jeune Medwin Biteghe qui a été d’ailleurs appelé en équipe nationale que je félicite au passage. Il évolue en première division en Lituanie mais il est encore sous contrat avec le CMS jusqu’en 2019. Il y a aussi d’autres qui sont en zone d’observation avant d’aller dans d’autres clubs plus huppés.

(Ge) : D’aucuns disent que parler de centre de formation au Gabon est un abus de langage, que répondez vous ?

(BAF) : Ce qui est dommage dans ce pays, c’est qu’on ne sait pas reconnaître le travail abattu par les autres. Je suis certes un peu d’accord que nous faisons de la formation au rabais car les hommes pour la plupart n’ayant pas les formations adéquates, mais qui doit les former si ce n’est les instances faitières du football de notre pays. Cela va de soit qu’il ne faut pas négliger les efforts fournis par les bonnes volontés qui n’ont aucun appui matériel et financier même si on sait tous que la Fifa subventionne le football des jeunes tout comme la CAF. Faisons quand même le distinguo entre ceux qui fournissent déjà des efforts et ceux qui ne font rien du tout.

(Ge) : En votre qualité de président de l’association des clubs professionnels, pensez-vous que le National Foot1 démarrera ce 28 octobre, comme annoncé par la LINAFP ?

(BAF) : Il est prévue une assemblée générale ce 14 octobre, ce serait donc prématuré pour moi de donner un avis par rapport à la date annoncée. Attendons au sortir de l’assemblée générale, en ce moment je serais disposé à vous donner mon point de vue, si toutes les conditions sont réunies pour un démarrage du championnat ou pas.


Pacôme IDYTAHA

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