Focus/POG : Fait-il encore bon vivre à Port-Gentil ?

vendredi 25 mars 2016 Société & environnement


Pour le dernier acte de cette série de reportage, consacrée à la ville de Port-Gentil, la rédaction de Gaboneco.com s’intéresse aux noctambules et autres adeptes de la bombance, devenus de moins en moins nombreux. On se demande donc si la capitale économique est-elle toujours aussi gentille ? Non, est-on tenté de répondre, au regard de la crise pétrolière. Bon nombre de personnes serrent, bon gré mal gré, la ceinture. Et pour ce faire, elles commencent par limiter voire supprimer les loisirs superflus et coûteux. Sacrée crise !

Longtemps considérée dans l’imaginaire populaire, comme la ville de « l’ambiance, non-stop », Port-Gentil perd chaque jour un peu plus le sourire ! Normal, le cours du prix du baril de pétrole, sa principale ressource, continue de chuter drastiquement. Conséquence : les licenciements se comptent désormais par centaines voire par milliers, et ce, quotidiennement. Suffisant pour faire dire à Vincent, ancien pétrolier reconverti en transporteur, « la majorité des gens qui se trouve ici n’inspire pas confiance, y’a la crise ». Un constat sautant à vue d’œil, en parcourant les artères de la capitale économique.

C’est la raison pour laquelle Vincent rajoute : « la crise se lit sous vos yeux ! ». C’est le cas de le dire, tant la morosité semble être devenue ambiante dans la cité pétrolière ! Les troquets et autres bars ne refusent plus autant de monde qu’avant, lors de l’embellie pétrolière. Cette tenancière d’un bar de fortune, (situé à proximité de l’école de Commerce en construction au quartier Ntchengue), soutient mordicus : « il n y’a plus d’ambiance à Port-Gentil ».

Finies les folles dépenses ?

En dépit du fait que plusieurs boites de nuits, snack bars, restaurants et autres troquets soient sortis de terre dans la cité pétrolière, il n’en demeure pas moins vrai que le nombre de noctambules a considérablement diminué. Idem pour la plage du « Saint-Diambour », jadis très fréquentée dès le vendredi. Désormais, les résidant de la capitale économique s’abstiennent, en tous cas pour le plus grand nombre, d’effectuer des dépenses futiles, les lendemains étant toujours incertains.

Surtout que cette crise ne frappe pas uniquement les travailleurs de l’or noir. Le coût de vie à Port-Gentil étant depuis belle lurette, l’un des plus onéreux du pays. Autre preuve de cette mauvaise passe, les nombreuses maisons en location qui se vident de jours en jours. On se souvient qu’à une certaine époque, trouver un logement dans la cité pétrolière relevait du parcours du combattant. Aujourd’hui, tel n’est plus le cas ! Au contraire, les maisons cherchent preneurs et il n’est pas rare de voir des affiches de maisons à louer, placardées çà et là. Inimaginable !

C’est dire que la crise est réellement virulente ! Du coup, entre assumer les charges quotidiennes et s’amuser uniquement, le choix est vite fait. Toutefois, quelques téméraires font fi du contexte actuel et continuent de vivre au jour le jour. Ne dit-on pas qu’il faut de tout pour faire un monde ?


YFI

Vos commentaires

  • Le 30 mars à 14:28, par pulcherie En réponse à : Focus/POG : Fait-il encore bon vivre à Port-Gentil ?

    On se souvient qu’à une certaine époque, trouver un logement dans la cité pétrolière relevait du parcours du combattant.

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  • Le 25 mars à 18:27, par Axelle MBALLA En réponse à : Focus/POG : Fait-il encore bon vivre à Port-Gentil ?

    Pour conforter l’insatisfaction de Zorobabel, je dois dire que ce que les journaux gabonais refusent de dire (ou parce que leurs journalistes ne le savent pas), c’est la suggestion économique et sociale. Une ville maritime, pétrolière, portuaire, mamelle de l’économie gabonaise, ne peut pas être aussi sinistrée. Toute prévision économique d’Etat, mais aussi du secteur privé, doit projeter les brutales mutations de l’inflexion du marché pétrolier (devenue l’arme expliquant l’échec de ce régime).
    Pourquoi, sous couvert de Synergie, toutes les initiatives privées sont tenues par un seul homme représenté par des étrangers (arabes, arabes et barbus, musulmans salafistes qui ne se gênent plus à pavoiser les pub de hanssar dine au marché du grand village ?
    Pourquoi peu de gabonais ont peu d’entreprises, et pas d’accès transparent aux marchés locaux ?
    Pendant ce temps, les besoins dans leur diversité, relevant du secteur tertiaire sont immenses.
    Drôle de paradoxe. Et au Palais, on vous dira que tout va bien là-bas.
    Ils oublient de dire que tout va bien tant que leurs béninois, arabes, nigérians, libanais, font prospérer l’économie criminelle, à la barbe d’une administration, d’une armée, d’une police et des douanes (qui ne restent que de noms), et toutes placées en coupe réglée par une corruption dont les métastases ont atteint toutes les sphères de la vie administrative du Gabon.

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  • Le 25 mars à 09:08, par Zorobabel En réponse à : Focus/POG : Fait-il encore bon vivre à Port-Gentil ?

    Salutations.
    Quel est l’objectif de vos articles sur Port-Gentil ?
    Quel est l’échantillon de personnes interrogées pour arriver à généraliser ces conclusions ?!
    Et au finish, que doit on retenir ?
    Quelle(s) contribution(s) faites vous au travers de ces lignes ?
    Je ne me souviens pas en avoir retenu une.
    Proposons !

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