FID : Le début de la décentralisation ?

lundi 23 avril 2018 Economie


Pour réduire la « fracture territoriale », (Ndlr : une expression utilisée par Ali bongo Ondimba himself pour désigner les disparités au niveau du développement de l’intérieur du pays), le chef de l’Etat vient de lancer le Fonds d’Initiative Départementale. Ce fonds de 48 milliards annuels répartis de façon équitable entre les 48 départements du pays sera annuel et permettra à en croire Ali Bongo Ondimba de mettre un frein à l’épineux phénomène de l’exode rural. Quid des mécanismes de décaissement des espèces sonnantes et trébuchantes ?

Annoncé dans les 9 mesures prioritaires, lors du traditionnel discours à la Nation prononcé le 31 décembre dernier, le Fonds d’Initiative Départementale, FID, vient d’être lancé à la faveur d’une cérémonie officielle qui s’est tenue à la résidence du Gouverneur du Haut-Ogooué, Jacques Denis Tsanga, le 21 avril dernier. Pour la circonstance, tous les gouverneurs et préfets du pays ont effectué le déplacement à Franceville.

Concrètement, le FID c’est une manne de 48 milliards de FCfa décaissés annuellement. Chaque département du pays bénéficiera d’un milliard par an. A la différence, des précédentes initiatives en la matière, à l’image des fêtes tournantes du 17 août, Ali Bongo Ondimba ne compte pas reproduire les mêmes erreurs. Aussi a-t-il déclaré lors de son discours circonstanciel : « Ces échecs répétitifs imputables, à tort ou à raison à l’Exécutif, n’ont pas échappé à nos compatriotes. Aujourd’hui les attentes des populations commandent une action publique efficace… avec des projets au plus près des Gabonais et mieux adaptés à leur besoin  ».

Particularités du FID ?

L’argent décaissé, du moins si l’on en croit le Chef de l’Etat, rendra les collectivités locales autonomes et réduira par la même occasion l’exode rural. Et pour cause, le FID servira à financer les infrastructures locales, activités génératrices de revenus, équipements sociaux, collectifs, techniques et marchands, projets d’aménagement, projets environnementaux, projets touristiques, service sociaux de base et projets de production à fort impact économique, social et culturel. Et pour que cela soit bien compris, Ali Bongo Ondimba de marteler en direction des préfets : « Le FID n’est pas prévu pour acheter des véhicules ou retaper les préfectures ».

Pour lui, la réussite du FID passe par une cohésion d’ensemble, loin des clivages ethniques et politiques. En somme, les préfets et autres élus locaux vont constituer le premier filtre des projets déposés. Par la suite, lesdits projets seront remontés auprès du Gouverneur de province qui lui aussi les filtrera avant que la présidence après études des services compétents, ordonne le décaissement des fonds.

Le pouvoir des gouverneurs renforcé !

Avec le FID, les gouverneurs prendront encore plus de galon vu qu’ils vont constituer la principale courroie de transmission. « En choisissant le Gouverneur, je veux que la première autorité de la province retrouve ses lettres de noblesse. Il s’agit de l’impliquer pleinement dans le processus de développement local…  », a déclaré Ali Bongo Ondimba avant de rajouter « Il est révolu le temps des administrateurs, simples intervenants dans les chaines de commandement. L’heure est à la conduite efficace de l’action publique avec des managers publics ».

Il est clair que le FID dans sa conception permettra le développement tous azimuts de l’intérieur du pays, espérons simplement qu’il sera utilisé à bon escient et que l’Etat sera regardant quant à son utilisation.


YFI

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