Faut-il craindre le développement des Partenariats publics-privés (PPP) ?

vendredi 6 novembre 2015 Economie


Tandis que le monde traverse actuellement une secousse non négligeable due à l’affolement des marchés pétroliers et miniers, les inégalités se font grandissantes surtout dans les pays les moins développés. Avec la montée en puissance des Partenariats publics-privés (PPP) qui ne cessent de séduire une majorité des dirigeants de la planète, les pays africains et le reste du monde y compris ne sont pas pour autant sortis d’affaire. Le développement des PPP dirigent inéluctablement le monde vers une autre crise : celle de l’endettement.

Lorsque les pays africains, cherchent désespérément à se développer, les Partenariats publics-privés (PPP) qui semblent au regard de leur résultats sur le terrain, un excellent moyen pour sortir les populations du gouffre des inégalités grâce à la construction d’écoles, routes, hôpitaux et autres espaces susceptibles de changer leur vie, demeurent le modèle de coopération économique le plus prisé.

Pourtant, pour Jubilee Debt Campaign, un organisme international travaillant pour un changement systémique du cycle des crises d’endettement, « les prêts et emprunts du secteurs privé sont une source majeure de risques en termes de futures crises de l’endettement  ». Autre facteur concourant, le développement des PPP qui, de part et d’autres à travers le monde séduisent les décideurs politiques et économiques.

En effet, lorsque le secteur privé participe au développement d’un projet public en y injectant ses fonds et que les gouvernements garantissent un paiement fixe sur une période définie, cela produit les mêmes effets qu’un emprunt de fonds normal. « Le coût pour le gouvernement est généralement plus élevé que si ce dernier avait emprunté lui-même l’argent, étant donné que les emprunts du secteur privé sont plus élevés que les entrepreneurs privés exigent un profit considérable et que les négociations penchent normalement en faveur du secteur privé  », explique Jubilee Debt Compaign dans un rapport intitulé le « Le nouveau piège de la dette » paru fin octobre.

Selon le même organisme, les PPP ont un revers « onéreux pour les gouvernements ». Leur effectivité pour le développement des projets publics pousse les gouvernements à dépenser « deux fois plus que si l’infrastructure avait été financée avec des prêts bancaires ou l’émission d’obligations »

Actuellement, les PPP pourraient représenter 15 à 20% des investissements d’infrastructures dans les pays en développement. « Les PPP peuvent cacher une énorme quantité d’obligations de paiement, réduisant les fonds disponibles pour les futures gouvernements et augmentant la menace de futures crises de la dette », estime Jubilee Debt Campaign.

Si le Gabon ne figure dans aucune liste, le pays n’est pas à l’abri des dangers. Plusieurs projets de développement d’infrastructures et ceux en perspective reposent en partie sur un modèle de coopération public-privé. Le modèle n’est pas encore très répandu au Gabon ce qui naturellement, pourrait expliquer l’absence du pays dans le classement de l’organisme au regard par exemple de la présence de son voisin de la sous-région, le Cameroun.

Jubilee Debt Campaign prévoit en outre en 2015, un endettement de 14.700 milliards de dollars, soit 30% de plus pour une augmentation en dollars en quatre ans de 3.400 milliards contre 13.800 milliards de dollars en 2014 et 11.300 milliards en 2011.

Face à cette réalité, « le secteur privé peut s’avérer une source de risque encore plus grande, compte tenu des niveaux élevés de leur dette nette et d’importants déficits de transactions courantes. »

Pour sortir de ce gouffre financier, la solution selon Jubilee Debt Campaign, demeure dans la règlementation des banques et des flux financiers internationaux, la mise en place de mécanismes d’arbitrage complet, indépendant, équitables et transparents vis-à-vis de la dette publique, l’annulation des dettes pour les pays déjà en crise, le soutien envers la justice fiscale, l’arrêt de promotion des PPP comme moyen d’investir dans des infrastructures et services.


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