Famille monoparentale : L’enfer des mères célibataires ?

mercredi 10 février 2016 Société & environnement


Elles sont de plus en plus nombreuses à élever, telle un fils ou une fille, une autre deux ou trois enfant voire plus. Les femmes, chefs de famille semblent vivre au quotidien un calvaire. Une monoparentalité des familles qui, selon les avis constituent un des nombreux cas sociaux, lourds de conséquence pour le devenir de la société gabonaise.

Mardi 9 février 2015. Il est 10 heures du matin, au campus universitaire de l’université Omar Bongo (UOB), comme d’habitude l’enceinte de l’établissement grouille de monde. Un mouvement sans discontinuité des étudiants et autres personnels qui vont et viennent entre les deux facultés. Sous un temps agréablement doux, nous rencontrons Hermance, une étudiante en Licence 3 d’Anthropologie. Pour Hermance, visiblement intéressée par la question, « la situation des femmes qui élèvent seules leurs enfants est très difficile, et lourde de conséquences, qui peuvent aller jusqu’à la délinquance des enfants ».

Avant de conclure : « vous, savez nous les femmes nous sommes souvent très tendres. On est toujours en train de choyer les enfants même quand ceux-ci commettent des mauvais actes. Et ça ce n’est pas bien pour l’avenir des enfants. Il faut nécessairement un homme dans un foyer. C’est important », déclare Hermine, mère d’une petite fille de 3ans, en rupture avec son ami. 

Alban, régulièrement inscrit en Mater 2 de Sociologie, estime qu’il faut avant tout interroger les causes du phénomène qui selon lui résident « dans les habitudes de plus plus en plus délurées de notre société moderne ». Car de nombreuses filles aujourd’hui nous dit Alban « prennent une relation conjugale comme un effet de mode, comme un style. Et le plus souvent c’est parce qu’on a vu les autres avec un petit copain qu’on cherche aussi à en avoir, sans même à en avoir la conviction. Et la conséquence de cette imitation aveugle c’est souvent la rupture. Une rupture qui intervient parfois après deux ou trois gosses. Du coup, si le Monsieur n’est pas aussi un homme responsable, la pauvre fille est obligée de se retrouver seule à s’occuper des enfants, et parfois même sans emploi ».   

Une situation lourde de conséquences 

Tout comme Hermance, Alban n’hésite pas, lui aussi à penser que « la conséquence de ces familles monoparentales c’est parfois le manque d’autorité parentale, et des enfants qui finissent parfois dans la rue, et deviennent pour la plupart des cas de vrais délinquants ». 

Candy, étudiante en Master 1 en Lettres Modernes, élève toute seule depuis 2 ans deux enfants, une petite fille de quatre ans et un garçon de deux ans. Leur géniteur, un tâcheron togolais est porté disparu depuis que son contrat avec une entreprise de BTP a été résilié, il y a deux ans. Et elle n’a plus aucun contact avec lui. Aux dernières nouvelles, l’intéressé serait retourné au Togo. Pour Candy, « être chef de famille en tant que femme c’est plus que difficile. Il arrive des fois où tous les enfants tombent malade du coup. Vous n’avez pas d’argent, surtout pour nous autres étudiantes. A la maison tout le monde vous maudit parce qu’on pense que vous avez amenez une charge de plus à la situation déjà difficile de papa et maman, qui doivent en même tant s’occuper de vous-même ». Ainsi déplore Candy, avant d’avouer « en plus de nos jours quand vous avez déjà des enfants avec un autre homme qui a démissionné, vous êtes sûre qu’il vous a déjà un peu maudit. Parce que vous aurez déjà du mal à tomber encore sur quelqu’un qui va vous mettre dans sa maison. De nos jours les hommes prennent de moins en moins au sérieux toutes les filles, qui ont déjà des enfants ailleurs ».   

Le phénomène des femmes chefs de famille, en l’absence des chiffres officiels fiables se pose donc avec beaucoup d’acuité, avec des conséquences souvent incalculables pour notre société. Et il est donc temps que le gouvernement, via les ministères de la jeunesse, de la culture et de l’éducation populaire, associé à celui des affaires sociales le prennent à bras-le-corps.                                           


CNN

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