Edito : Essayons l’absurde !

lundi 24 avril 2017 Speciales


Nos enseignants de mathématiques nous apprenaient lors de la tentative de résolution de certaines équations que l’on pouvait procéder, en dehors des méthodes souvent admises, par celle dénommée « l’Absurde ». Cela nous amusait, car l’on ne se référait qu’à la définition du mot qu’en donne le dictionnaire Larousse. Et pourtant, ladite méthode s’avérait opérante. Alors pourquoi ne pas l’essayer aux autres sciences dont la politique ?

Les spécialistes des sciences politiques qui définissent la politique comme l’art de « bien » gérer la cité, n’hésitent pas cependant à avertir que la politique est faite d’imprévus. Et s’il nous était donc donné d’imaginer un scénario qui découlerait du dialogue national en cours ? Par exemple planter un décor mettant en scène, puisqu’il s’agit entre autres choses de relooker les institutions dans le grand déballage initié par Ali Bongo Ondimba, les membres du Mogabo auxquels certains journaux de la place prêtent l’intention de vouloir se substituer à de hauts responsables d’institutions « défaillantes » à l’instar de la Cour constitutionnelle que l’on accuse de ne rouler que pour le pouvoir en place au point de ne plus entendre tous les autres sons de cloche. Que viendraient- ils changer à la donne si leur esprit ne leur dit pas de naître de nouveau comme cela nous est servi par le prêtre ou pasteur à l’église. Ne court- on pas le risque de vivre le phénomène du « bonnet blanc, blanc bonnet » ?

C’est dire que le plus important lorsqu’il s’agit de penser à révolutionner la vie institutionnelle et redonner à l’Etat son lustre d’antan, ce n’est pas tant le changement d’hommes, mais bien plus celui des mentalités auquel appelait de tous ses vœux, feu le président Omar Bongo Ondimba qui prêchait visiblement dans le désert, car très peu de Gabonais ont mis en application ses recommandations, ce qui explique en partie les dérives sans cesse observées dans les comportements des gouvernants et des gouvernés confondus, à tel point que celui qui semble s’illustrer par des agissements hors du commun est tout de suite qualifié d’atypique, de déviant et d’anormal. Comment construire sur des bases solides quand sous nos pieds le sable est mouvant ? Car, l’on reconnait un grand peuple, une grande nation à ses valeurs humaines avant que de regarder du côté de ses richesses matérielles. N’est- ce pas par la culture avant tout autre chose qu’Américains, Chinois, Japonais et autres Européens dominent le monde depuis plusieurs siècles ?

Pourquoi à la lumière de ces témoignages continuer à faire comme si nous étions des êtres totalement à part ? Que vaut le Gabon sans l’environnement international ? Croit- on qu’en continuant à perpétuer le faux et le mal, l’on se place sur la bonne voie, celle qui peut nous conduire à l’excellence ? Des exemples sont légion qui devraient plutôt que de nous enorgueillir, nous inciter à la méditation, à une réflexion profonde, guidés que nous pouvons être par ce propos de feu Omar Bongo Ondimba « Dieu ne nous pas permis de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire… ». Propos chargé de sens qui devrait servir de point de départ à une véritable introspection qui ferait que les Gabonais arrêtent de se complaire dans la médiocrité qui ne les honore pas du tout. Sont- ils fiers que l’on dise en les citant en exemple que certains pays qui étaient au même niveau de développement que le leur dans les années 60, années des indépendances africaines pour ce qui concerne surtout les pays anciennement colonisés par la France, sont aujourd’hui devenus émergents et qu’au contraire le Gabon marque le pas en grande partie à cause des défaillances managériales ?

Ceci ressemble bien à une invite à une prise de conscience tant individuelle que collective. Quand en effet cessera-t-on d’assister impuissant au transfert de notre argent vers des pays étrangers sans que les institutions chargées de surveiller les mouvements de capitaux ne s’intéressent à la question ? Quand mettra-t-on la main franchement sur des commis de l’Etat indélicats sur lesquels il est retrouvé d’importantes sommes d’argent en coupures Euro ou Dollar en Occident ? Quand l’exemple viendra-t-il d’en-haut pour qu’à la base l’on n’ait plus qu’à imiter les grands ? Quand le mérite aura-t-il un sens dans la promotion des individus ? Quand la fratrie cessera-t-elle de passer devant la compétence ? Sait- on qu’une nation, pour qu’elle soit forte, doit faire de la place à tous ses enfants, chacun à son niveau de compétence sans arrière- pensées ? Est- on convaincu qu’aujourd’hui plus qu’hier, toutes les nations du monde sont en compétition les unes avec les autres ? Sait- on que les standards, les critères de notation et autres instruments de mesure de l’excellence sont partout les mêmes et que la convention est une règle qui s’applique à tous ? Si nous en sommes convaincus, pourquoi ne pas déjà prendre les devants, arrêtez de passer le temps à discourir, mais se mettre résolument au travail avec tous les atouts que nous sommes sensés avoir ?


Dounguenzolou

Vos commentaires

  • Le 24 avril à 23:23, par kathia En réponse à : Edito : Essayons l’absurde !

    le plus important lorsqu’il s’agit de penser à révolutionner la vie institutionnelle et redonner à l’Etat son lustre d’antan, ce n’est pas tant le changement d’hommes, mais bien plus celui des mentalités auquel appelait de tous ses vœux, feu le président Omar Bongo Ondimba qui prêchait visiblement dans le désert, car très peu de Gabonais ont mis en application ses recommandations, ce qui explique en partie les dérives sans cesse observées dans les comportements des gouvernants..

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  • Le 24 avril à 23:28, par linda En réponse à : Edito : Essayons l’absurde !

    il manque de volonté politique !!

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  • Le 24 avril à 23:33, par axelle En réponse à : Edito : Essayons l’absurde !

    ceux qui sortent de l’ENS pour enseigner Maths, sciences physiques et Biologie restent dans l’écrasante majorité dans l’éducation nationale !!!!

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  • Le 24 avril à 23:41, par julhiana En réponse à : Edito : Essayons l’absurde !

    Il y a de nombreux détenteurs de diplômes en mathématiques et sciences physiques dans divers ministères tels que les mines, l’énergie, le pétrole, les finances, etc. Faire appel à ces diplômés coûtera moins au gouvernement et pourra fournir un nombre beaucoup plus significatif que 60 enseignants.

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  • Le 24 avril à 23:49, par angue En réponse à : Edito : Essayons l’absurde !

    Quand mettra-t-on la main franchement sur des commis de l’Etat indélicats sur lesquels il est retrouvé d’importantes sommes d’argent en coupures Euro ou Dollar en Occident ?

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  • Le 24 avril à 23:53, par eyang En réponse à : Edito : Essayons l’absurde !

    Si nous en sommes convaincus, pourquoi ne pas déjà prendre les devants, arrêtez de passer le temps à discourir, mais se mettre résolument au travail avec tous les atouts que nous sommes sensés avoir ?

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