Envolé des prix du pétrole : Le bonheur des pays producteurs ?

lundi 18 juin 2018 Economie


Après plus de trois ans de tassement, le marché pétrolier retrouve enfin une significative sérénité avec un prix du baril de pétrole désormais 78 dollars. Cela devrait garantir une stabilité économique pour les pays comme le Gabon dont l’économie dépend fortement de cette ressource.

Le récent passage de la note souveraine du Gabon de B3 à Caa1 suivant le rapport pays de l’agence de notation américaine Moody’s montre des tensions de trésorerie importantes au niveau du pays et souligne des faiblesses institutionnelles. En fin mars 2018, les arriérés aux créditeurs tous genres confondus du Gabon sont selon Moody’s, estimés à 2% du PIB. Cette situation traduit une réalité économique poussée par la crise du secteur pétrolier qui sévit depuis 2014 et dont les conséquences les plus immédiates ont été le déficit du solde budgétaire et l’explosion de la dette.

Comme certains pays africains dépendant du pétrole, « le Gabon a vu sa notation financière se dégrader ces trois dernières années, avec une dette qui n’a cessé de progresser, dépassant allègrement les 60% du PIB, du fait de la chute des cours de 2014 à 2016, etc… », explique un analyste chez Moody’s chargé de l’Afrique subsaharienne. Depuis fin mars 2018, le rééquilibre semble se préciser avec la hausse des prix de vente du pétrole en particulier du Brent échangé au Gabon. « Les facteurs qui orientent à la hausse surpassent aujourd’hui clairement ceux qui les poussent à la baisse », explique un chercheur, spécialiste du secteur pétrolier. L’avenir du pétrole semble à nouveau se redessiner.

A près de 80 dollars le baril, la remontée des prix augure des perspectives encourageantes pour les pays producteurs de pétrole comme le Gabon dont l’économie a été affectée par la crise de ce secteur. Laquelle remonté dans les faits devrait normalement permettre un rajout de devises dans les caisses de l’Etat même si, l’alignement du Gabon comme membre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) réduit les possibilités financières du pays à cause de la mise en place des quotas qui limitent la production du Gabon à plus de 190 000 barils/j contre plus de 200 000 avant l’entrée du pays au sein de l’Opep.

Ce scénario est aussi possible vu qu’en 2016, du fait de la conjoncture du marché pétrolier, marquée par la crise du secteur, l’Etat avait enregistré une baisse de 23% des recettes pétrolières, en particulier dû à la crise et à la baisse de la production nationale. En manque de nouvelles découvertes et au regard du vieillissement des champs en exploitation, les perspectives sont peu flatteuses pour le Gabon bien que la remonté du cours donne du sourire aux autorités et devrait permettre un regain financier significatif.


Michaël Moukouangui Moukala

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