Enseignement supérieur : Le SNEC en pédagogue

lundi 22 juillet 2019 Société & environnement


Le Syndicat National des Enseignants et Chercheurs (SNEC) a surpris agréablement ceux qui ont encore un peu de vertu en allant, il y a quelques jours, à la rencontre des étudiants dont bon nombre, parce qu’infiltrés, ne comprennent pas souvent pourquoi, alors qu’ils attendent de leurs enseignants qu’ils leur apportent la connaissance sans autre forme de procès, ces derniers se mettent assez régulièrement en grève au mépris, estiment certains d’entre eux, des règles devant conduire à la validation d’une année académique.

Il était plus que temps que les Enseignants et Chercheurs fassent preuve de pédagogie en décidant d’expliquer aux étudiants en dehors des « amphis », ce qui donnait au geste une allure plutôt solennelle et dénuée de toute teinture démagogique, les principales raisons de l’observation de leur mouvement de grève, l’énième, qui a peut-être plus de significations que les précédents puisqu’il s’agit cette fois-ci de fustiger le comportement des autorités gouvernementales qui, malgré les différentes rencontres et promesses faites, n’ont toujours pas daigné joindre l’acte à la parole. Dans quel pays accepterait-on en effet de travailler dans un secteur aussi sensible que celui de l’enseignement quand on sait qu’il est celui qui parmi tous les autres forme les esprits et les prédispose à servir la communauté dans divers domaines, sans qu’il ne lui soit accordé le minimum ?

Au Gabon, il n’est un secret pour personne, l’enseignant n’est pas le travailleur le mieux loti, à commencer par les conditions de logement qui laissent à désirer. Que dire des conditions de travail quand on sait ce que cela suppose de préparer des cours et surtout de corriger des copies se chiffrant à des centaines, voire de milliers. Dire que l’État reste muet devant les revendications portant multiplication et amélioration des conditions d’accueil. L’État qui voudrait à juste titre que les nationaux s’intéressent aux carrières enseignantes, mais qui ne daigne pas s’investir dans la régularisation de la situation de ceux qui ont cru bon de répondre favorablement à ses sollicitations en optant pour devenir enseignant, semble ne pas se préoccuper de la situation des enseignants dont bon nombre restent soumis au régime de bons de caisse ou de présalaires qui, dans une société comme la nôtre, ne permettent pas de joindre les deux bouts.

Ce qui suscite assez souvent des grincements de dents que beaucoup ont du mal à comprendre peut-être par manque d’altruisme. Le SNEC a voulu en organisant cette rencontre avec les étudiants, avons-nous envie de dire, conscientiser le grand nombre sur les difficultés qui sont celles des Enseignants-Chercheurs certes, mais aussi faire comprendre aux apprenants qu’est-ce qui peut être leur sort les jours ou années qui viennent au cas où, comme eux, ils optaient pour l’enseignement. Ce pourquoi, il est important aux yeux du syndicat de sensibiliser sur les difficultés auxquelles ils pourraient certains d’entre eux aussi faire face à l’avenir si des changements importants ne sont pas opérés par au cas où il est réellement dans la volonté des autorités gouvernementales.

Bien au-delà, il s’agit ici également d’amener les étudiants s’interroger sur la place qui est la leur et sur l’importance accordée aux études supérieures dans le pays par le gouvernement dont certains départements devraient travailler en synergie avec celui de l’Enseignement supérieur pour tenter autant que se faire se peut de trouver rapidement des solutions aux problèmes qui menacent de rendre les efforts des enseignants vains avec ceci de particulier que ce soient les apprenants qui en fassent les frais. Une bonne planification pourrait par exemple être mise en place s’il est réellement dans la volonté des autorités compétentes de résoudre cette question durablement et l’on peut penser qu’elles en ont le temps pour le faire.


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs