Engagement politique : Quand la jeunesse se sent flouée ?

mercredi 20 janvier 2016 Politique


« Sacrée » ! Voilà un adjectif utilisé durant les campagnes électorales pour qualifier l’importance de la jeunesse gabonaise. Un qualificatif tellement utilisé, qu’aujourd’hui de nombreux jeunes le trouvent galvaudé. Ces derniers vont même jusqu’à affirmer urbi et orbi que la jeunesse est plutôt « sacrifiée ».

   Du bétail électoral ! C’est ainsi que de nombreux observateurs qualifient l’utilisation des jeunes par les leaders politiques, en période électorale. Non sans compter la transhumance dont ils font l’objet pour aller bourrer les urnes des contrées, parfois inconnues au bénéfice. La consigne étant de voter pour le candidat ou le parti les ayant convoyés, et ce, pour quelques espèces sonnantes et trébuchantes. Le tout sur fond promesses non tenues après le scrutin. Ne dit-on pas que les promesses des politiciens n’engagent que ceux qui y croient ? Le vote vu par les jeunes       

Paul 29 ans, titulaire d’un Master en philosophie politique, broie du noir depuis deux ans, car étant au chômage. Avec sa bouteille de bière et cigarette en main, en pleine discussion dans un troquet situé à quelques encablures de l’université Omar Bongo,se méfie désormais des politiciens. Pour lui, « il ne sert à rien de se battre pour faire élire un homme politique, qui une fois au pouvoir ne pense qu’à piller l’argent public pour satisfaire ses gouts de mégalomane ». La politique, poursuit Paul, est « une affaire des menteurs, qui lors des campagnes vous promettent mille choses mais une fois élus disparaissent comme ils sont venus ».

C’est aussi l’avis de Landry, de l’autre côté de la table, un autre jeune en quête d’un premier emploi. A 26 ans, détenteur d’une Licence en Gestion des Ressources Humaines qui garde un triste souvenir des promesses électorales et ne compte plus se faire flouer aux prochaines échéances électorales. « J’ai décidé de ne plus voter. Trouver du travail dans notre pays relève du miracle même quand vous êtes diplômé. On nous parle tous les jours de la résorption du chômage des jeunes, alors que les jeunes sont de plus en plus nombreux à chômer dans ce pays. Les crimes de sang tous lesjours, la fraude électorale etc. Je préfère ne plus voter de peur de continuer à cautionner tout ça ».

Une conception battue en brèche par Julien, 28 ans et titulaire d’un Master2 lettres modernes. Pour lui, « Si les jeunes ne font pas la politique ils la subiront ». Le changement nous dit Julien« réside dans la mobilisation massive des jeunes au vote et non dans le désintéressement ou la démission de ces derniers du jeu électoral. Et l’exemple des jeunes Burkinabè devra sonner le glas de toute politique criminelle visant à sacrifier la jeunesse gabonaise ».

Elvis 32 ans, chauffeur de taxi malgré son BTS en informatique, obtenuen 2013, est d’avis que : « les blablablas des candidats pendant les meetings ne relèvent que d’un mensonge pour appâter le maximum des jeunes manipulables. Et il faut donc que les jeunes les arrêtent par la voix des urnes, en choisissant de voter pour les candidatures des jeunes comme eux. Car il n’y a qu’un jeune pour connaitre les misères d’autres jeunes ».

La politique, un terrain étrange pour les jeunes 

Au-delà de la divergence des points de vue, le désintéressement des jeunes pour la chose politique est de plus en plus notoire. Nombreux d’entre eux doutent désormais de la crédibilité des politiciens. Tant en politique, la frontière entre le mensonge et la vérité est confuse. Et rien ne semble les convaincre du contraire, pas même la journée internationale de la démocratie, célébrée le 15 septembre 2015 sur le thème de « Démocratie et participation des jeunes  »


CNN

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