Emprisonnement n’est pas panacée !

mardi 3 décembre 2019 Speciales


Au nombre des crimes identifiés par les hommes en toge, il y a le très célèbre crime économique que l’on détermine à partir d’une certaine somme. Combien à ce jour sont-ils les Gabonais, pour ne nous en tenir qu’à eux, puisque pour plusieurs raisons dont celle qui consiste à avancer que l’on ne peut pas se faire du mal à soi-même, ils ne devraient pas par éducation et patriotisme spolier leur propre pays, dire que de l’avis de tous, consciemment ou inconsciemment, ils n’ont pas de patrie de rechange, sauf s’ils nous en démontrent le contraire, eux, qui sont connus pour placer le pognon volé loin de leur terre dans des paradis fiscaux notamment.

Ces derniers temps, plus un jour ne passe sans que l’on apprenne par la presse et des canaux autorisés : justice, police, gendarmerie, bref, tous les services de l’État concernés par ce qui relève du débusquage et de la pénalisation des crimes de tous genres, qu’il est de nombreux agents publics et du secteur privé en col blanc pourtant qui se distinguent des autres par leur mauvaise qualité de service, non pas qu’ils soient foncièrement nuls, c’est- à-dire incompétents, mais simplement parce qu’ils ont expressément choisi d’abuser de leurs prérogatives en allant, au- delà des salaires colossaux qui leur sont mensuellement versés sans doute pour les dissuader de mettre la main dans les caisses publiques ou de ne pas confondre celles- ci avec leur propre poche, puiser allègrement l’argent public.

Du coup, le Gabon se trouve- t- il confronté à la plus grave crise de son histoire qui avait déjà poussé, Dieu seul sait s’il avait été entendu, un ancien dignitaire de l’ère Omar Bongo Ondimba à affirmer en substance, ce qui est scandaleux ou devait en avoir l’air, qu’avant l’on volait avec la pelle, mais qu’aujourd’hui, cela se fait à l’aide de gros engins. Ceci traduit une réalité accablante surtout lorsque l’on sait l’État confronté quasiment tous les jours à des problèmes de trésorerie qui ont des conséquences néfastes sur le règlement de la dette intérieure et de celle contractée auprès des institutions financières internationales qui nous font confiance, non pas parce que nous montrons forcément pattes blanches en matière de gestion des deniers publics, mais peut- être, ce qui semble plausible, parce que le pays offre plusieurs perspectives de remboursement, eu égard au fait qu’ils peuvent à juste titre s’appuyer sur les possibilités de rembourser de cet État riche de ses matières premières. Attention cependant puisque celles- ci sont de nature périssables et non- renouvelables.

Il semble que l’on ne l’ait pas encore suffisamment intégré en dehors du fait que certains sujets font exprès de l’ignorer parce mus par le désir de s’en mettre plein les poches au détriment de la masse et violant à souhait le pacte établi par le président de la République avec ses compatriotes sur la base de son projet de société tant critiqué à raison, sinon lui- même n’aurait pas souvent dénoncé les mauvais agissements des membres du gouvernement et leur incapacité à mettre en musique ledit projet de société. Doit- on continuer à voir des citoyens véreux se comporter tels des rapaces ou des vautours prêts à tout dévorer à leur passage en dépit du confort dans lequel ils sont placés ? S’imagine- t- on les conséquences de leurs déviances sur la société tout entière ? Doit- on, après qu’ils aient passé quelques temps en prison et aient été jugés et culpabilisés, admettre qu’ils soient remis en liberté conditionnelle ou provisoire contre le versement d’une somme d’argent, ce qui ressemble beaucoup plus à de la corruption qu’à autre chose ?
Récupération des sommes volées, mieux qu’emprisonnement !

Devrait- on si facilement élargir des personnes de cet acabit sans songer à leur faire rembourser ce qu’ils ont indûment retiré au contribuable et à l’État comme s’il s’agissait de leurs ressources personnelles ? S’emploie-t-on à faire des calculs pour se rendre compte au final des dégâts causés par ce système de prédation qui, semble- t- il, vu sous un certain angle, bénéficie du précieux soutien de la hiérarchie comme les contrôles de nos forces de l’ordre sont, selon certaines indiscrétions, encouragés par la hiérarchie ?

Quelle image renvoie- t- on vers l’opinion nationale et l’extérieur quand on sait que l’on peut à court, moyen ou long terme, souffrir d’une non-éligibilité dont la majorité des citoyens payeront les frais ? Qui pour réellement mettre fin à cette chienlit qui ne fait que prendre de l’ampleur en dépit des discours rassurants déversés quotidiennement par les plus hautes autorités de la République ?

En fait, il s’agit pour nous de nous interroger à la suite du Gabonais lambda sur les suites qui seront données, pour ne pas faire diversion comme affirmé par bon nombre, aux opérations « Mamba » et « Scorpion » annoncées toutes les deux à grand renfort de publicité, mais dont on doute de l’efficacité, car d’aucuns en sont encore à se demander où est l’argent volé, nous pesons bien nos mots, par ces serviteurs indélicats que sont les membres du gouvernement, les directeurs généraux de sociétés d’État ou privés ou de hauts fonctionnaires pour la plupart ordonnateurs de crédit. Inutile de rappeler la crainte qui s’empare de plus d’un Gabonais qui croit qu’il se cache derrière ces opérations, une odeur de règlement de comptes entre éternels opportunistes rêvant tous d’accéder à des postes ou fonctions de prédilection pour, comme leurs prédécesseurs, avoir la latitude de mettre la main dans la caisse et placer le butin en toute impunité dans les paradis fiscaux en dehors de venir grossir les rangs de ceux qui pratiquent le blanchiment, sachant qu’il se servent intelligemment du parapluie que constitue celui grâce à qui ils ont eu une ascension sociale même imméritée.

Diantre ! Plusieurs milliers de Gabonais souffrent de cette dilapidation des fonds, car s’ils ne sont pas au chômage et victimes de toutes ses affres, ils passent, pour ceux qui ont encore la chance inouïe de travailler, des mois et des mois à attendre le paiement d’un hypothétique salaire, dire qu’ils répondent toujours présents. Et plus les jours passent, plus le ciel s’obscurcit pour eux qui savent pourtant que « sol lucet omnibus » entendez « le soleil luit pour tout le monde, ce d’autant plus que leur pays a pour nom Gabon. Ce qui constitue une véritable curiosité quand de l’extérieur l’on apprend de telles nouvelles dévalorisantes. Il y a donc urgence à agir en récupérant auprès de ses « héros des temps modernes » que sont les voleurs de la République, nous visons les Gabonais au premier chef, car si l’étranger se comporte de la même manière qu’eux, c’est qu’il bénéficie de leur soutien indéfectible et qu’il n’est pas plus à plaindre qu’eux, lui, qui a son royaume quelque part ailleurs. Comprenne qui pourra ou voudra !


Dounguenzolou

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