Elections présidentielles africaines, pourquoi la communauté internationale ?

lundi 1er août 2016 Speciales


Quand le général de Gaulle qualifiait l’ONU de « machin », il s’appuyait sans nul doute sur son expérience et son vécu et sur la façon dont les Nations- Unies créées après la seconde guerre mondiale pour remettre soit-disant toutes les nations au même niveau, réglaient les différends entre Etats, en un mot régentaient la vie internationale. Au regard des services rendus par la communauté internationale dans sa mission d’observation des élections présidentielles sur le continent, on est également en droit de penser pareille chose, tant son comportement est sans cesse décrié.

Que faire pour que ceux que l’on appelle « observateurs internationaux » soient regardés avec des yeux de Chimène par les populations beaucoup plus enclines à les épier ? La question mérite d’être posée, car s’il est vrai que ces derniers arrivent dans nos pays en périodes électorales à la demande des gouvernements, ce qui est normal, il est également vrai qu’ils ne pèsent pas suffisamment dans l’esprit des organisateurs pour les conduire vers la mise en pratique des principes démocratiques qu’ils sont tenus et pourtant d’encourager et de perpétuer. C’est que les observateurs de l’Union africaine, de l’Union européenne et même de l’ONU, ont mauvaise presse non seulement auprès des opposants aux régimes africains, mais aussi auprès des populations qui ne sont pas, comme le croient certaines individus de mauvaise foi, un œil qui dort.

Au sortir de la plupart des scrutins présidentiels, pour ne pas dire de tous les scrutins, des voix s’élèvent pour dénoncer, parfois avec des preuves accablantes, quoique réfutées par la gardienne de la Constitution, la Cour constitutionnelle, les mauvaises conditions d’organisation et l’impartialité des instances de régulation des votes au vu et au su des observateurs internationaux qui attendent que quelques candidats visiblement achetés se prononcent sur les chaînes de radio et de télévision et dans les colonnes des journaux surtout les plus suivis et les plus lus, pour accorder un satisfecit aux organisateurs et reconnaître, à la suite des anciennes puissances coloniales, la victoire de celui qui était déjà présenté comme favori eu égard au fait que toute la machine électorale était inféodée.

Le nombre des observateurs internationaux souvent réduit et la méconnaissance des réalités du pays où ils sont invités évaluer les scrutins, mais aussi le fait qu’ils restent à l’expérience souvent loin de l’évènement, ne militent peut- être pas en faveur d’un jugement objectif. Grave, lorsque l’on sait que leur attitude semble être une caution apportée au vainqueur, car la formule consacrée et bien connue aujourd’hui est en substance « l’élection s’est déroulée dans des conditions assez satisfaisantes, même s’il faut dénoncer quelques couacs mineurs ne pouvant pas conduire à l’annulation du scrutin ».

Fort de cela, la Commission électorale et la Cour constitutionnelle n’ont plus que le beau rôle de valider les résultats contestés par une bonne frange des participants, ce qui prédispose le pays à des heures bien difficiles à gérer du point de vue social. Alors, revient la sempiternelle question de savoir à quoi nous servent ces observateurs internationaux quand on sait qu’ils sont issus de pays avec lesquels les nôtres ont des liens profonds d’amitié et de coopération, des pays qui ont depuis longtemps déjà fait l’expérience de la Démocratie et peuvent de ce fait la partager aux autres.

Dommage, car nombreux sont ceux qui pensent encore, même si l’on veut nous faire croire que la Françafrique, c’est du passé, que les raisons économiques sont celles- là qui guident la prise de position des occidentaux en Afrique. Et que de ce fait, ils n’ont pas intérêt comme par le passé de conjuguer avec les politiques qui ne font pas leur affaire quelque soit l’opinion populaire. Ils sont libres, ces africains, de penser ainsi, mais ont- ils raison ? A vous de voir ! Pour notre part, nous vous invitons à lire et relire cette phrase célèbre du même général de Gaulle « La France n’a pas d’amis, elle n’a que des intérêts ! »


Dounguenzolou

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