Elections partielles du 18 juin prochain : Elections de tous les dangers ou de restitution ?

samedi 30 avril 2016 Politique


Les scrutins que le Gabon s’apprête à organiser le 18 juin prochain, scrutins partiels qui interviennent dans un contexte de rupture au sein de la grande famille pédégiste, se présentent comme ceux de toutes les incertitudes et peuvent à juste titre être qualifiées d’hyper sensibles, eu égard au fait qu’ils pourraient constituer un test grandeur nature pour le PDG au pouvoir, mais aussi pour tous ceux en compétition qui ont choisi de quitter la barque en démissionnant du parlement, non pas parce qu’ils ne voulaient plus y être, puisqu’y ayant été conduits par leurs mandants et éconduits par leur formation politique, mais pour cause d’humeur et par solidarité avec l’ancien président de l’Assemblée nationale Guy Nzouba Ndama.

« Voici venue l’heure de la vérité si le Gabon tient à demeurer un pays démocratique », c’est très certainement avec cette phrase dans les esprits que de nombreux gabonais attendent de vivre les moments parmi les plus palpitants de l’histoire politique de leur pays. Et pour cause, la liste des candidats qui tiennent à tout prix à prendre part aux partielles organisées après la vague de destitution de députés du parti démocratique gabonais ayant marqué leur distance avec la formation politique et créé un mouvement frondeur en son sein dénommé « Héritage et Modernité », comportera assurément d’anciens compagnons d’armes qui pour la circonstance ne se feront pas de cadeau.

Il s’agit pour les uns et pour les autres d’affirmer leur personnalité dans leur terroir et de prouver à la face de monsieur tout le monde qu’ils n’ont pas été portés à l’Assemblée nationale par le seul fait d’avoir appartenu au parti au pouvoir. Pour cela, chacun d’entre eux est prêt à faire feu de tout bois, surtout lorsqu’ils considèrent qu’ils jouent leur dernière partition et qu’il leur faut pour cela éviter à tout prix la mort politique que bon nombre redoutent.

Des duels de titan en perspective !

Si l’on prend les choses sous cette facette, il est plausible de dire qu’en dehors du fait que le PDG constitue aux yeux de plus d’un une machine électorale, un « rouleau compresseur » pour emprunter l’expression tenue pendant la campagne présidentielle de 2009 par Docteur Eloi Rahandi Chambrier, alors qu’il soutenait le candidat Ali Bongo Ondimba, il est fort à parier que la présence de ces candidats face à un public qui a des griefs à leur encontre, avec dans l’arène des hommes qui ont encore une part d’estime dans la population, présage d’une confrontation dont l’issue aura pour l’instant du mal à être imaginée.

Car, sait-on comment se comporteront des personnalités comme Alexandre Barro Chambrier dans le quatrième arrondissement à Libreville ou Jonathan Ignoumba dans son Moulengui Binza, eux, qui comme ceux que présentera le PDG, ne manqueront pas d’arguments si jamais ils consentaient à répondre favorablement aux appels ou aux motions de soutien de ceux pour qui ils restent des élus ou si l’on veut des éligibles ? Et si par effet du sort, ce sont eux qui remportaient le scrutin, cela ne serait- il pas un mauvais signe pour le camp au pouvoir et ne revigorerait-il pas l’opposition de ceux dont la logique est de bouter le président gabonais hors du palais ? Le contexte temporel dans lequel se tiennent ces élections ne constitue-t-il pas à lui seul un facteur déterminant pour que l’on se mette à redouter les résultats ?

En tout cas, nous sommes ici dans une situation dans laquelle personne ne peut chanter par anticipation la victoire de même qu’aucun des futurs candidats ne peut avoir la garantie d’un vote facile. Pour le PDG dont certains disent qu’il a le dos au mur, il ne serait pas bon de perdre pour préserver la sérénité à laquelle ne cesse d’appeler son distingué camarade président et penser conforter la thèse selon laquelle, on est fort lorsque l’on y est, mais faible lorsque l’on en sort.


Dounguenzolou

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