Elections Législatives : Ndendé en partage ou Ndendé partagée ?

jeudi 1er décembre 2016 Politique


Depuis l’annonce par l’ancien ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture en charge du projet Graine, Mathieu Mboumba Nziengui, de sa candidature aux prochaines élections législatives dans le département de la Dola à Ndendé, certains « propriétaires des lieux » s’agitent à l’idée qu’il pourrait en fin psychologue se servir de cet argument non négligeable pour faire un bon résultat, eu égard à ses attaches profondes avec le pays punu. « Beloite », c’est son surnom, est resté longtemps dans cette ville du sud du pays et est présenté à juste titre comme quelqu’un qui peut facilement et subtilement leur ravir la vedette. Immédiatement visé, son remplaçant au département de l’Agriculture, Yves- Fernand Manfoumbi, qui n’est pas prêt à être rangé dans les tiroirs de l’histoire, surtout pas maintenant.

Que va-t-il se passer dans les toutes prochaines semaines dans la ville de Ndendé où se présentent deux enfants du terroir au passé pas du tout identique, mais aux attaches séculaires avec le pays profond ? Telle est la question que l’on se pose depuis que Mathieu Mboumba Nziengui qui n’a pas encore décidé quand il prendra sa retraite politique, a annoncé qu’il se met en ordre de bataille en vue des prochaines élections législatives face à un autre poids lourd de la région, Yves-Fernand Manfoumbi, affectueusement appelé « Manf 10 ».

Deux hommes au style certes différents, mais nourrissant les mêmes ambitions, celles de figurer dans le livre des records de leur contrée, ce qui passe en grande partie par la victoire lors de ces élections capitales étant donné qu’elles conditionnent parfois l’avenir politique des hommes de chez nous pour qui sait capitaliser son séjour au Parlement sous toutes les latitudes. Que choisiront les populations de Ndendé devant ces forces en présence avec d’un côté un homme au calme presqu’olympien porté par une bonne frange de tous ceux qui sont restés attachés aux idéaux de feu Pierre Mamboundou, Dieu seul sait combien il y’ en a véritablement encore aujourd’hui, et de l’autre un esprit chaud, prêt à en découdre, y compris physiquement, avec ses adversaires, même si ici la sagesse doit être de mise tous les instants de la campagne et pendant et après les élections, car cela conditionne aussi le capital sympathie que l’on attend des électeurs.

Au-delà de tout cela, il faut voir ce qui oppose fondamentalement par ces temps de recherche de légitimité de toute part, les deux personnalités, car s’il faut reconnaître une certaine avance à « Manf.10 », eu égard au travail qu’il n’a cessé d’abattre à Ndendé et dans ses environs, il ne faut pas négliger les motivations du « vieux Mathieu » qui vient non seulement tenter de prouver qu’il reste bien l’enfant de la Dola en devenant pourquoi pas le porte-étendard du département, marchant à l’occasion sur les sillons déjà tracés par feu Pierre Mamboundou et sa machine électorale l’UPG, mais aussi retrouver une place, on dira de choix, sur l’échiquier politique national après la perte de son poste de Ministre d’Etat. Qui sait s’il n’est pas animé du désir de rebondir, surtout lorsqu’il constate la tendance au rajeunissement du Gouvernement, avec pour exemple patent l’entrée au sein de l’équipe Issoze Ngondet du jeune Jean-Louis Koumba Mboumba.

Au vu de tous ces arguments, il y a lieu d’avancer que l’arbitre dans cette lutte fratricide sera le chef de l’Etat pour lequel roulent les deux concurrents. Il faudra, comme à son père en son temps, à Ali Bongo Ondimba avoir du doigté pour non seulement discipliner les troupes, mais aussi établir l’équilibre et la justice, tâche qui n’est pas souvent aisée quand on connait les pesanteurs sociopolitiques dans le pays sans exception, pour éviter des violences inutiles si l’on tient compte du fait que ni Mathieu Mboumba Nziengui, ni Yves- Fernand Manfoumbi, personne n’a intérêt à ce que le siège qu’ils convoitent tous deux échappe au Parti démocratique gabonais ou à l’Union du Peuple Gabonais, aile Mboumba Nziengui, qui semblent filer le parfait amour en dépit des discours trompeurs tenus par la hiérarchie de cette formation politique de l’opposition qui a visiblement mis beaucoup d’eau dans son vin depuis la disparition de feu Pierre Mamboundou qui ne se serait peut-être pas, il était charismatique, borner à n’accepter que des broutilles ou encore à ne servir que de faire-valoir.

Autre argument et non des moindres à nécessairement prendre en compte ici, la percée attendue d’une opposition qui n’entend pas, mais alors pas du tout, faire de cadeau aux Pédégistes et alliés à qui elle veut barrer la route de la Primature par Assemblée nationale interposée. C’est là une donne à laquelle ces derniers devraient réfléchir puisqu’il n’est pas sûr qu’ils soient à l’abri d’un échec.


Dounguenzolou

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