Election présidentielle de 2016 au Gabon : Quand la boîte de Pandore est ouverte !

mercredi 27 janvier 2016 Politique


Jusqu’ici, l’on croyait le fait d’être « pédégiste », le seul à même d’expliquer l’origine du mal gabonais, or, l’opposition qui s’est embourgeoisée, phagocytant d’anciens hiérarques du parti unique, qui croyaient si bien faire, se retrouve empêtrée dans des problèmes relevant plus de la subtilité politique et de la « realpolitik » que de l’idéologie.

‘’Chez nos ancêtres, les Gaulois’’, l’histoire de l’évolution de la société s’est certainement résumée à la lutte des classes s’étant en 1789 soldée par la prise de la Bastille et la chute de la Monarchie au plus fort du règne du Roi Soleil, Louis XIV.

 Ici, l’on entend souvent dire que le pouvoir est gênant sans que nombre de ceux qui soutiennent la thèse ne viennent nous apporter des explications à leur argumentation. Du moins, pas d’explications plausibles. Cependant reconnait-on qu’il y a, à l’intérieur du « Système », de bons et mauvais agents, tel est la loi de la nature ! Que l’on en soit à vilipender le PDG et ses satellites, cela se comprend, c’est à eux qu’incombe le rôle de faire, allions-nous dire, la fierté des gabonais, mais que l’opposition qui affirme que la majorité des citoyens est aujourd’hui acquise à sa cause, hésite, si elle le peut, d’offrir aux gabonais une alternative, c’est-à-dire concrètement, une autre voie que celle qu’elle « semble » dénoncer, celle de la marginalisation, de l’égoïsme, de la gabegie, nous allions dire de la honte, a de quoi nous laisser pantois !

 En ces temps de transparence, l’opposition ne pouvant pas se targuer d’avoir le monopole de la parole et de la « pensée cartésienne », il lui serait difficile d’avancer qu’elle seule pourrait comme d’un coup de baguette magique, avoir des solutions aux problèmes des gabonais, sinon, pourquoi, elle, qui s’est également essayée dans la gestion des affaires publiques avec les fortunes que l’on connait qui peuvent se résumer en l’accumulation de biens, même de manière illicite, n’a-t-elle pas depuis fait preuve d’humanisme, de patriotisme, de solidarité avec la communauté ?

 Vouloir le pouvoir est une chose, l’assumer en est une autre. La communication entreprise par ceux de l’« autre côté » ou de l’ « autre bord », plutôt que se révéler vaine au sens où elle n’apporte rien de neuf aux compatriotes, devrait reposer sur l’exposition des atouts et des forces qui guident désormais leur action pour faire qu’il y ait une rupture dans les consciences entre l’ancien et le nouveau, entre l’ancien et le proposé en l’état actuel des choses. Et c’est justement à ce niveau que le flou semble toujours persister.

Opposition, Oppositions, Quels objectifs finalement ?

Tout le monde est unanime pour dire que le Gabonais n’est pas un homme heureux. Certes, le bonheur n’est pas de ce monde, mais dans le contexte gabonais, offrir le minimum au citoyen ne devrait pas relever d’une opération surnaturelle ! On peut comprendre que pendant plusieurs décennies, l’on n’ait pas pensé suffisamment à lui, se contentant plutôt de se satisfaire soi- même et de satisfaire ses proches, mais qu’est-ce qui a manqué à beaucoup de dirigeants de l’ « âge des lumières » pour démontrer comme Jean- Boniface Assélé l’a fait que l’on peut être proche de ses semblables en investissant de son argent dans la réalisation d’œuvres sociales par exemple et facilitant l’acquisition de la connaissance aux jeunes dont beaucoup ont pu voir de ce fait leur promotion sociale se réaliser, rendons à César…

 Aujourd’hui, plus qu’hier où l’on était régi par la loi foccardienne, les dirigeants, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition, semblent bénéficier d’une certaine marge de manœuvre qui devait à nos yeux laisser transparaître leur humanisme et amener les autorités que l’on qualifie à tort ou à raison d’antipatriotiques, à se raviser et opérer leur examen de conscience, peut-être serait-ce la meilleure manière de les conduire vers la raison si tant est que c’est cela qui leur manque le plus en ces instants de folie inhérente à l’exercice du pouvoir. Or, quand ils ne se murent pas derrière l’argument selon lequel, ils n’ont jamais gouverné comme avancé par un ancien Premier ministre d’Omar Bongo Ondimba aujourd’hui disparu, ils proposent de tout temps la politique de la terre brûlée quoiqu’ils ne soient pas aux affaires, croyant le bicéphalisme déjà de mise sous nos cieux.

Du coup, se mettent-ils à vendre des projets ne cadrant pas avec leurs véritables aspirations connues au demeurant parce que transparaissant dans leurs usages quotidiens non seulement vis-à-vis de leurs concitoyens, mais aussi vis- à- vis de leurs pairs comme cela se voit actuellement dans le Front de l’opposition pour l’alternance où la quiétude des débuts a cédé la place à la cacophonie et à la bassesse illustrés par exemple par des injures à l’encontre des autres.

 Veulent- ils nous faire croire, ces messieurs et dames de ce regroupement de partis, que c’est dans cette atmosphère qu’ils vont pouvoir déboulonner « Ya Ali » qui, semble-t-il, se prépare sérieusement, sachant que l’élection présidentielle n’est pas affaire d’amusement. Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils nous apportent là, la preuve de leur impréparation nous amenant à conclure qu’entre deux maux, il faut choisir le moindre et le moindre ce peut être qui ?

Ce que le peuple ne veut plus, c’est que ces opposants qui sont visiblement loin de se battre pour la satisfaction de ses aspirations, ne l’invitent à nouveau marcher pour manifester une sorte de mécontentement face à un scrutin bâclé ou truqué, ce sont les mots que l’on entend souvent de leurs bouches au sortir de cette épreuve.

 Que peut justement attendre d’eux un peuple qui a du mal à imaginer l’avenir ? Encore des discours pieux qui ne seront jamais suivis d’actes concrets ? La lassitude est à son paroxysme qui pousse de nombreux gabonais au bord de l’essoufflement vers des comportements à la limite de la résignation, d’où les innombrables abstentions observées ces temps derniers. L’homme politique devrait alors comprendre qu’il est plus que jamais temps qu’il se réconcilie avec le peuple si le Gabon veut affirmer aux yeux du monde qu’il est entré résolument dans l’ère démocratique.


Dounguenzolou

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