Election à la FEGAFOOT : « Beaucoup viennent pour la soupe, pas pour faire évoluer le football », soutient Dieudonné Ndoumbou

mardi 27 mars 2018 Sport


C’est encore une nouvelle crise qui plombe le football gabonais. La FIFA a été obligée de reporter la date de l’élection du président de la fédération de football. Et pour cause, le comité exécutif dirigé par Pierre Alain Mounguengui a violé les statuts. Une situation qui gêne considérablement l’ancien président du comité de normalisation, Dieudonné Ndoumbou Likouni dit « Diego » qui s’étonne de ce que les dirigeants fédéraux font fi de la maitrise des textes. Pour lui, il faut que cela change et que les prochains responsables du football gabonais maîtrisent considérablement les statuts pour éviter d’être toujours rappelés à l’ordre comme des gamins. Entretien...

Gaboneco.com (Ge) : La FIFA vient de reporter la date du vote du comité exécutif de la fédération gabonaise de football, quel est votre avis ?

Dieudonné Ndoumbou Likouni (DNL) : La situation actuelle est née d’une négligence commune des textes par tous les acteurs qui ne lisent pas. Cela prouve à suffisance que ni le comité exécutif ni les membres du congrès, n’ont ouvert les statuts depuis l’adoption des statuts, le 12 décembre 2013, pour s’imprégner et pour comprendre. Aujourd’hui, on se retrouve dans une cacophonie où personne ne peut sortir sain de cette situation. Le comité exécutif élu le 31 mars 2014 avait un an pour mettre en place les commissions de discipline d’éthique et la fameuse commission électorale avec pour cette dernière un délai de 6 mois avant l’élection du nouveau comité exécutif.

Dommage le délai n’a pas été respecté par le comité exécutif actuel. Les membres affiliés avaient 12 mois pour mettre à jour les statuts. Là aussi, il y a juste 5 à 6 membres affiliés qui sont à jour des nouveaux statuts. Tout le monde est fautif et viole les statuts et personne ne peut jeter la pierre sur l’autre.

GeDeux candidats, Pierre Alain Mounguengui et Jérôme Efong Nzolo, ont malgré la violation des textes voulu que l’élection se tienne coûte que coûte, est-ce raisonnable de leur part ?

DNL : C’est un risque pour eux d’avoir appelé au vote au regard de la violation des textes. La FIFA a d’ailleurs rappelé au comité exécutif et à la commission électorale de proposer un nouveau chronogramme mais quand je regarde les articles 14, 34, 35 et 42 sur les conditions d’éligibilité des colistiers et têtes de listes, si la commission électorale respectait les statuts beaucoup de candidats allaient être exclus. Donc aller aux élections avec cette violation allait ouvrir la porte aux perdants et générer des recours par la suite. C’est une bonne chose de la part de la FIFA d’avoir rappelé le respect des textes.

Ge :C’est sous votre présidence, (Ndlr : quand vous étiez président du comité de normalisation), qu’il y a eu le toilettage des textes, en cas de violation des textes est- ce que les auteurs de la violation s’exposent à des sanctions ?

DNL : Si on parle de violation des statuts, je crois que les premiers ce sont les clubs qui ne se sont jamais mis à jour. Depuis le 13 novembre 2014 on devait suspendre tous les clubs puisque c’était le délai que la FIFA a donné à tous les membres affiliés pour se mettre à jour. La FEGAFOOT, c’est le comité exécutif et les membres affiliés. C’est un ensemble et cette famille doit faire avancer les choses. Les membres affiliés sont là pour surveiller le travail du comité exécutif.

Tout le monde est responsable de ce qui se passe. Les gens ne s’intéressent aux textes qu’a deux mois des élections. C’est triste mais dans notre pays, dans tous les domaines, on a de bons textes mais personne ne maîtrise les textes. C’est quand arrive les élections qu’on ouvre maintenant les textes. Beaucoup viennent pour la soupe, pas pour faire évoluer le football. Ils ne remplissent pas les conditions pour prétendre diriger la fédération. C’est triste à dire.

Ge :Est-ce qu’il n’est pas important que les prochains dirigeants de la fédération gabonaise de football mettent l’accent sur la maîtrise parfaite des textes et du code électoral ?

DNL : Mais on ne parle pas d’importance. C’est une obligation de respecter les statuts. On a eu une grande crise en 2013. On a mis en place des nouveaux statuts, mais on a l’obligation de les respecter. Pourquoi on arrive là aujourd’hui, mais c’est parce que personne, je dis bien personne ne maîtrise les textes. Ni le comité exécutif ou les membres affiliés il n’y a personne qui respecte les statuts. Rendez-vous compte lors du dernier congrès de la fédération le 26 octobre, il n’y a pas eu un seul membre qui a levé le doigt pour dire que nous étions à 6 mois des élections, et proposé de mettre en place cette commission. Et pourtant le sujet était à l’ordre du jour. Mais cela n’a interpellé personne. Même pas le président de la fédération ou la commission juridique. Dommage c’est grave cela n’a pas été le cas.

Ge : Quatre ans après votre départ de la tête du comité de normalisation, est-ce que le football gabonais a évolué ?

DNL : On n’a pas évolué, les résultats de nos équipes nationales sont là. Tout comme ceux de nos clubs en compétitions africaines. Nous avons un championnat professionnel, mais sur les 14 clubs de ligue 1, seul Mangasport a un stade de football qui lui est propre. Comment voulez-vous que les clubs de ligue 1 fassent de la formation sans avoir des terrains ? On ne va jamais évoluer dans de telles conditions. J’ai proposé que l’on fasse une « Task-force » pour que des personnes neutres, des gens passionnés par la réussite de notre football fassent des propositions et mettent en place un cahier de charge pour faire tout pour rattraper le retard criard que nous avons par rapport aux autres.

ll n’y a pas de formation au Gabon. Il y a juste deux ou trois clubs qui font de la formation. L’état a débloqué trop de milliards, mais rien n’a suivi. On ne peut pas évoluer dans de telles conditions. Il faut des terrains pour assurer la formation. Je suis malheureusement trop déçu, on n’a pas les gens qu’il faut à la place qu’il faut.


Propos recueillis par YAO

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