Education/ Santé et commerce : Le nouveau mal gabonais

lundi 12 octobre 2015 Société & environnement


De plus en plus de Gabonais, déjà pas suffisamment instruits et soignés comme par le passé, se plaignent de ce que leur progéniture, leurs proches et eux- mêmes ne bénéficient pas de beaucoup de sécurité en matière d’éducation et de santé. Et pour cause, l’Etat, disent- ils, ne s’investit pas assez pour faire que la tendance soit celle du règne d’hôpitaux et d’écoles publics parce qu’en vérité, il y’a trop d’ « officines » et d’établissements scolaires privés qui plus est sont tenues ou sont carrément la propriété de sujets étrangers. Avec quel rendement souvent ? La réponse à la question nous conduit tout droit vers une sorte d’autopsie du système scolaire et sanitaire.

Les deux sont étroitement liés, car si l’un s’occupe de la santé mentale, l’autre s’intéresse, lui, à celle du corps. Le Gabon, point n’est besoin de le ressasser est l’une des destinations de prédilection de bon nombre d’africains et même d’européens qui n’ont peut- être pas trouvé mieux chez eux. Quand ils arrivent dans ce pays, ils s’arrangent par tous les moyens à entretenir des relations avec les autochtones qui les aident souvent en ce qui concerne les modalités d’installation et les accompagnent parfois dans la réalisation de leurs projets. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, sauf que lorsque se mettent en place établissements et cliniques privés à tous les coins de rue dans le but, disent- ils, d’aider l’Etat à résoudre les problèmes cruciaux de scolarisation et de santé, il faut un minimum de sérieux.

A l’allure où ces structures sont créées dans d’anciennes habitations parfois, ce qui, évidemment pose déjà un problème de normes, l’on se demande si les ministères de tutelle savent exactement combien sont- ils sur toute l’étendue du territoire national et si les inspections de l’Education nationale et de la santé sont suffisamment nanties pour mener à bien leurs missions. Et pourtant, elles sont bien là debout, ces structures poussant comme des champignons.

Là n’est pas à première vue le problème, mais quand l’on s’interroge sur le sérieux que l’on y met au vu du comportement et de l’éthique professionnelle des responsables et du personnel y travaillant. Le comble, c’est que les coûts qui y sont pratiqués, coûts qui s’élèvent d’année en année, ne reflètent pas du tout la qualité des services rendus, les résultats aux examens pour ce qui est des établissements scolaires et le taux de mortalité en ce qui concerne les cliniques sont un baromètre suffisant pour aiguillonner tout un chacun sur les dangers qu’il court de se référer à ces institutions pour tenter de résoudre des questions oh combien vitales !

Il faut avoir les nerfs solides pour supporter une telle « forfaiture ». Ce qui surprend, c’est le silence coupable de l’administration dont l’une des missions régaliennes est de veiller à ce que le critère qualité soit de mise et respecter dans ces lieux et à des prix raisonnables dans un pays déjà classé parmi les plus chers au monde et où l’homme éprouve un mal fou à joindre les deux bouts.

 Pour ne nous limiter cette fois qu’à l’Education

Les renvois des établissements publics de plusieurs élèves quelque soit la raison constitue l’un des facteurs conduisant les parents aux portes du privé qui les accueille naturellement à cœur joie puisqu’ils y voient une source sure d’entrée de devises.

Comme pour le commerce au marché où excellent des sujets étrangers, la destination Gabon pour qui veut créer un établissement scolaire privé est très prisée. C’est ici, semble-t-il, que l’on rencontre les parents les moins regardants et « des autorités parmi les plus promptes au monde à livrer leur jeunesse » même si cela est discutable parce qu’elles ne sont pas les seules à porter la responsabilité du désordre caractérisant le fonctionnement desdits établissements.

Que font, est- on tenté de se demander, les associations de parents d’élèves qui, comme les syndicats, soufflent le chaud et le froid pour des questions moins préoccupantes, à moins que l’on nous dise que l’éducation de nos enfants ne représente pas grand-chose. Des enseignants affectés dans des établissements publics, arguant que leur rémunération est un salaire de famine, vont jusqu’à négliger les cours pour se consacrer davantage aux enseignements dans le privé qui semble à plusieurs endroits leur procurer bien du plaisir.

 Le comble, c’est qu’ils ne dépensent ici parfois que très peu d’énergie, se distinguant souvent par une désinvolture qui les pousse à contracter des rapports intimes avec des élèves même mineures. Quand quelqu’un pris la main dans le sac passe aux aveux et voit les portes de la prison s’ouvrir grandement devant lui, ceux qui ont intégré un syndicat se mobilisent pour tenter de le sortir des ennuis, profitant de telles occasions pour semer le trouble et vaquer à leurs occupations y compris en allant dispenser des cours dans le privé et s’en mettre plein les poches, narguant les autorités quand celles- ci menacent de suspendre leur salaire. Après tout, ils appellent çà ‘’leur business’’, les établissements privés continuant le plus souvent de fonctionner quand ceux du secteur public sont aux arrêts pour cause de grève par exemple


JGN

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