Education : Ou est passé l’Etat ?

jeudi 2 février 2017 Société & environnement


Surprenant ce qui se susurre ces temps derniers au Gabon où que vous soyez. Don de fournitures scolaires à des élèves du nord du pays par la délégation marocaine, venue participer à la Coupe d’Afrique des Nations Total Gabon 2017, don de footballeurs ivoiriens à un orphelinat dans la même province, recommandations du ministre de l’Education nationale aux associations de parents d’élèves pour qu’elles s’impliquent dans des actions tel l’achat de tables-bancs, de tableaux et autres matériels didactiques dans les écoles primaires, les lycées et les collèges, et tutti quanti. Ceci, alors que l’on apprend tous les jours que les caisses de l’Etat sont vides. De quoi faire peur et se demander qu’en sera-t-il demain ?

De nombreux Gabonais mis face à des difficultés qu’ils n’avaient peut-être pas envisagées il y a sept ans voire un peu plus, se surprennent parfois avec cette question à la bouche. Tant, il leur est ressassé que les caisses de l’Etat sont de plus en plus exsangues ces temps derniers et que pour cette raison principale, le pays se tourne vers la dette pour tenter de renflouer son portefeuille. Sans être spécialiste des sciences économiques, mais même en n’étant qu’un simple profane ne comptant que sur son empirisme légendaire d’Africain, l’on peut être visité par des inquiétudes légitimes, ce d’autant plus que chacun tient à se construire un avenir radieux chez soi.
N’entend-on pas souvent des gens avancer qu’ils n’ont pas de patrie de rechange ?

Personne aujourd’hui n’oserait renier le fait patent qu’il manque beaucoup aux Gabonais, à commencer par le fondamental, c’est-à-dire le logement, l’emploi avec une barre du chômage que certains situent à un peu plus de 10% quand d’autres à leur suite avancent le chiffre d’entre 25 et 30%, surtout dans la capitale économique Port- Gentil du fait de la baisse de la principale activité qu’est l’exploitation pétrolière, la santé, car, malgré des infrastructures haut de gamme, le médicament demeure encore une denrée rare, les conditions d’accueil sont, quant à elles, très décriées, pas seulement la faute aux personnels soignants, l’éducation avec ce symbole que représente la grève pour revendiquer de meilleures conditions de vie et de travail,bref, le tableau est peu reluisant, il ne sert à rien de faire l’autruche, car la réalité quotidienne est là, implacable, pour que nous ne cherchions pas de faux-fuyants pour tenter de nous justifier.

Le temps ne devrait plus être au discours, mais à l’action !

D’ailleurs, dans sa volonté d’assainir la gestion des affaires de l’Etat, le président Ali Bongo Ondimba n’a-t-il pas entrepris de s’en prendre aux hautes personnalités indélicates qui ont passé le plus clair de leur temps à assécher les finances publiques ? Cela participe, on le voit, d’une volonté d’asseoir au-delà de l’Etat de droit, les bonnes mœurs sans lesquelles aucun pays au monde ne peut accéder au développement. Il y’a urgence d’agir ici, le discours ne suffisant plus pour calmer les incertitudes qui naissent chaque jour dans les esprits. Et chaque matin au réveil, les Gabonais de se demander sans doute à la manière de Jean de la Fontaine dans « La Cigale et la Fourmi » : « Que faisions-nous au temps chaud ? ». Tout le monde sachant qu’il y a pour l’Etat ce que l’on qualifie de missions régaliennes, s’interroge davantage sur ce que celui- ci est capable d’entreprendre dans le sens de l’amélioration des conditions d’existence des citoyens dans l’environnement actuel.

Des citoyens, motivés en cela par le fait que chaque fois qu’ils sont face à un responsable étatique, il sort souvent de la bouche de ce dernier que le pays traverse une crise sans précédent. Faut-il à ces responsables étatiques, changer de discours pour être pourquoi pas rassurants ou leur faut-il continuer à tenir ce langage pour être peut-être proches de la réalité, quitte à ne pas amenuiser les inquiétudes déjà nées chez leurs compatriotes quant à la capacité de l’Etat à se remettre le plus tôt possible debout ? Pendant ce temps, la réflexion engagée sur la question se poursuit et se développe peut-être, pourvu qu’elle accouche de solutions pérennes au bénéfice du plus grand nombre. Amen !


Dounguenzolou

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