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Education nationale : la grève qui s’enlise a-t-elle le reflet d’un mouvement citoyen ?

lundi 22 février 2016 Société & environnement


Depuis que les Christiane Bitoughat et les Samuel Ngoua Ngou ont été à la tête des syndicats de l’Education nationale, l’amélioration des conditions de travail et d’existence a toujours été brandie comme la raison motivant les mouvements dans ce secteur brumeux. Plus l’on est informé sur les mobiles sous- jacents qui poussent les enseignants à la rue, plus on a de la peine à croire que ce sont ces deux motifs qui les amènent aujourd’hui encore, même s’il faut quand même savoir raison garder, débrayer.

Lorsque l’on se réfère au parcours suivi par les deux responsables syndicaux précités, il n’est pas un hasard d’évoquer la collusion avec le pouvoir ou l’opposition, c’est selon. Que l’on se nomme Martin Allini et que l’on soit ad-vitam aeternam à la tête de la Confédération syndicale gabonaise, Cosyga, se comprend. C’est un homme de la vieille époque du parti unique, mais concevoir que des personnalités sur lesquelles les Gabonais ont de tout temps compté pour défendre leurs intérêts aient, plutôt que d’aller au bout de leur logique, alors qu’elles appartiennent, elles, à l’ère multipartite et démocratique, faite de contradictions et de revendications, opté pour aller s’asseoir pour de bon dans des bureaux cossus sous l’aile du prince, nous donne, quel que soit notre bord, martel en tête.

 Non pas que l’on veuille leur faire porter à eux tout seuls l’entière responsabilité de l’enlisement de la situation, mais simplement afficher notre étonnement face au comportement qu’ils ont hier adopté, sachant que les mêmes causes produisent les mêmes effets. En effet, si le mal qui mine le secteur de l’Education au Gabon se fait récurrent, c’est aussi et surtout parce qu’il n’a jamais été traité à la racine, d’aucuns se contentant, alors qu’il y avait possibilité de le faire, du saupoudrage. Pas étonnant qu’aujourd’hui, les nouvelles autorités de ce secteur héritent des problèmes vieux comme le temps qui demandent qu’on leur accorde une période de grâce pour oser y trouver des solutions pérennes.

Le syndicat, organisation apolitique ?

 

Depuis, l’on se pose cette question devant les agissements de certains de leurs membres. C’est que chaque fois qu’une élection pointe à l’horizon, de nombreux gabonais dont les syndicalistes sont infiltrés par des partis politiques, souvent ceux opposés au pouvoir, pour manifester leur mécontentement face aux promesses non tenues du gouvernement, ne faisant plus la différence entre ce qui relève de leurs droits et ce qui, comme sous d’autres cieux, peut se présenter à juste titre comme secondaire.

 Une prime, nous apprend- on, même s’il est vrai de constater que les autorités ont elles-mêmes consenti à en octroyer aux agents de l’Etat, n’a pas la valeur du salaire mensuel dont le non- paiement peut être source de revendications justifiées. Mais, même s’il est vrai que l’on peut ainsi considérer ce qui est prime du fait de la coutume qui intègre la loi, ce n’est pas pour cette raison, eu égard au fait que la tutelle affirme son engagement à régler cette question épineuse, que l’on doit paralyser une école déjà très malade de ses retards dans l’exécution des programmes scolaires et, on n’ose pas souvent en parler parce que le sujet est tabou dit-on, de son manque d’enseignants ayant atterri dans la profession par vocation comme on en voyait dans le passé durant la période d’avant et de juste après les indépendances. Ces braves hommes pour qui l’enseignement était un véritable sacerdoce. Dire que l’enseignant d’aujourd’hui est dans la plupart des cas, lui- même, parent d’élèves. A-t-on un instant philosophé sur l’idée de feu Omar Bongo Ondimba pour qui la jeunesse était sacrée ?


Dounguenzolou

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