Education nationale : Année blanche au 20 mars ?

jeudi 16 mars 2017 Société & environnement


Réunis le week-end dernier à Libreville, à l’initiative de l’ONG Educaf, les enseignants ont choisi le 20 mars 2017 comme date butoir pour déclarer une année blanche, si le Gouvernement ne prenait pas la situation en main. Un avertissement qui laisse dubitatif tant le décret d’une année blanche ne peut émaner du seul vouloir des enseignants, même si la gravité de l’actuelle crise dans le secteur éducatif n’est plus à éclipser. C’est un autre bras de fer qui s’engage avec le Gouvernement qui pour sa part a décidé de répondre par des actions punitives.

Voilà de quoi affoler davantage élèves et parents d’élèves, dont l’angoisse ne cesse de grossir à mesure que les mois passent, et que l’année scolaire 2016-2017 file tout doucement vers son terme. Après avoir été pressés et asphyxiés par la mesure gouvernementale visant la suspension des salaires de plus de huit cent d’entre eux, avec le risque d’être radiés des effectifs de la fonction publique, les enseignants ont riposté le 11 mars dernier, lors d’une rencontre qu’on peut qualifier d’intersyndicale entre le Syndicat de l’éducation nationale (Sena), la Conasysed, la Dynamique unitaire, et le collectif des étudiants conscients. Le tout sous la houlette de l’ONG Educaf. Comme ils l’avaient déjà dit en février dernier, passé le délai du 20 mars 2017, les enseignants se réservent le droit de proclamer une année blanche. Car pour eux, il sera impossible de rattraper tout le calendrier en seulement trois mois de cours.

Du côté du Gouvernement, même s’il n’y a pas encore eu de réaction officielle, il se susurre déjà que cette annonce que s’apprêtent à faire les enseignants d’ici quatre jours n’a aucun effet puisqu’il n’appartient pas aux enseignants de décider ou non d’une année blanche. En réalité, l’ultimatum des enseignants a un seul et unique objectif : faire pression sur le gouvernement pour le contraindre à revenir à la table des négociations, surtout que celui-ci a décidé d’employer la manière forte. Les enseignants jouent désormais leur va-tout pour essayer de tenir tête à la partie gouvernementale qui semble autiste et aveugle à tout le statu quo laissant transparaître de plus en plus le risque d’une année blanche.

C’est aussi pour les enseignants un problème de communication, en faisant monter les enchères auprès des élèves, qui ne perdent plus un seul jour pour manifester et appeler le gouvernement au ressaisissement et à la raison, tout en sachant que leur décision unilatérale n’a peu ou pas les chances d’aboutir et de faire réagir positivement un gouvernement droit dans ses bottes. C’est un autre bras de fer qui relance de plus belle la bataille entre gouvernement et enseignants.


Charles Nestor NKANY

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