Education : le mouvement d’humeur des élèves s’étend à travers le pays

jeudi 23 février 2017 Société & environnement


Depuis le lundi 20 février des marches de protestation d‘élèves en colère se succèdent à travers le Gabon. Les élèves de Libreville, de Lambaréné, d’Oyem, de Port-Gentil et de Koula-Moutou entreprennent des marches pacifiques afin de revendiquer leur droit fondamental à l’éducation, conformément à l’article 26 de la Déclaration Universelle des droits de l’Homme. Ces derniers demandent au Gouvernement, la reprise des cours suspendus dans certains établissements du pays.

Comme une gangrène, le mouvement d’humeur des élèves s’est vite répandu dans la quasi-totalité des grandes villes du Gabon. Un mouvement qui a commencé dans la capitale Libreville et s’est généralisée d’une ville à l’autre. De Libreville à Lambaréné, Port-Gentil, Oyem et celà jusqu’à hier mercredi 22 Février à Koula-Moutou, les élèves étaient dans les rues afin de revendiquer leur droit à l’éducation.

Ce mouvement déclenché le 20 février est un moyen pour les élèves d’exprimer leur ras-le -bol face à une situation d’arrêt des cours qui perdure pour certains depuis quelques mois déjà. A cet effet, les élèves réclament au Gouvernement gabonais la prise en compte et la résolution des revendications des enseignants, afin que ces derniers reprennent le chemin des cours. Il serait important de rappeler que l’année tire à sa fin et l’incertitude de terminer le programme scolaire ou de passer les examens s’agrandit pour de nombreux élèves au fur et à mesure que la crise au sein de l’éducation perdure.

A titre de rappel, la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (CONASYSED) a déclenché son mouvement de grève depuis le 31 octobre 2016. Un mouvement qui avait été lancé suite au non-respect des engagements pris par le Gouvernement. Il était question entre autres de la construction d’établissements scolaires, conformément aux états généraux de l’éducation de 2010, le paiement de la prime d’incitation à la fonction enseignante du 2ème trimestre de 2015, le paiement de cas d’omission de la PIPE de 2015, le paiement des rappels de solde, le paiement des vacations aux examens et concours, l’organisation du concours interne d’entrée à l’Ecole Normale Supérieure, pour ne citer que ces points-là.

Suite à la note circulaire n°00006/MENE/SG émise par le Ministre de l’Education nationale, Florentin Moussavou, qui recommandait la prise de sanctions à l’encontre des enseignants grévistes allant de la suspension de soldes à la radiation pour les enseignants absents de leurs postes, la CONASYSED par le biais de son Délégué Général Simon Ndong Edzo rappelle que ces sanctions envisagées sont en violation des textes nationaux. Il s’agit de la Constitution gabonaise dans la loi 8/91 portant statut général des fonctionnaires, le statut général de la fonction publique, le code de déontologie de la fonction publique, le décret 254 de 1er mars 1994 sur les modalités de la privation de la rémunération des agents de l’Etat. Mais aussi une violation aussi des textes internationaux d’autre part, notamment les conventions n°87, 98, 105, 111 de l’Organisation Internationale du Travail.

Il serait donc important pour le Gouvernement de prendre des décisions qui permettraient de rompre le mouvement de grève des enseignants qui se poursuit maintenant jusque chez les élèves. Ces derniers qui sentent leur avenir menacé par le spectre d’une année blanche.


Marielle Ilambouandzi

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