Edito : Y a-t-il rupture entre le politique et le peuple ?

lundi 18 avril 2016 Speciales


C’est à cette question que tentent de répondre par les temps qui courent les Gabonais les plus attentifs à l’évolution de la situation dans leur pays au fur et à mesure qu’approche l’échéance électorale d’août 2016. S’ils constatent que beaucoup de compatriotes assistent aux meetings de l’opposition, ils sont également convaincus que, malgré les dissensions et la cacophonie qui minent le Parti démocratique gabonais au pouvoir, nombreux sont également ceux qui continuent de lui accorder leur confiance. D’où l’on peut à juste titre se poser la question de savoir s’il y a, au regard de cette réalité, lieu d’évoquer l’idée de rupture entre les acteurs politiques et les populations.

Si l’on n’était pas gabonais et n’entendait pas ce qui se dit en dehors des meetings, conférences de presse et autres débats trop formalisés, on croirait que les hommes politiques, qu’ils soient de l’opposition ou du pouvoir, sont en odeur de sainteté vis-à-vis de leurs compatriotes. En vérité, les rassemblements auxquels donnent lieu les invitations du politique n’ont rien à avoir avec l’état d’esprit des Gabonais pris individuellement, puisqu’il serait difficile de recueillir auprès d’eux des jugements positifs à l’endroit de plusieurs d’entre ceux qui caressent le rêve de gouverner le pays.

Et pour cause, chaque citoyen qui a vu la plupart d’entre ces Hommes défiler dans les institutions de l’Etat, certains depuis plusieurs décennies, a du mal à accorder, s’il ne les a pas encore vu à l’œuvre, du crédit à ces derniers, tout comme il hésite, au vu du sort qui est le sien, le pays comptant aujourd’hui des chômeurs en masse, surtout dans ses bassins économiques que sont Libreville, Port-Gentil et Moanda, et faisant face à la dure réalité de la baisse drastique du coût du baril de pétrole, à adouber qui que ce soit. N’entend-on pas d’ailleurs des compatriotes traiter d’autres d’insensés lorsqu’ils se pressent pour répondre présent à une manifestation convoquée par des hommes politiques ? Comme pour se demander si ces derniers ont arrêté de s’interroger sur leur quotidien fait d’évènements, pour la plupart, malheureux ne leur permettant pas d’entrevoir l’avenir en toute sérénité !

En guise de vademecum !

C’est ce qui nous pousse à déclarer qu’ils ont du travail, ces hommes politiques, s’ils pensent réellement que la seule victoire à l’élection présidentielle est un gage de popularité. Cette popularité qui est à construire pour certains, à « préserver » pour d’autres dans une atmosphère démocratique qui impose à tous une certaine retenue pour éviter de creuser par des évènements douloureux le sillon déjà assez profond dans lequel se trouvent empêtrés de nombreux gabonais qui ont de plus en plus soif de travail, de logis, de conditions sociales satisfaisantes du genre CNAMGS, d’un peu plus de liberté comme tous les peuples du monde, depuis qu’on leur a promis qu’ils vivraient dans un pays émergent d’ici à l’horizon 2025.

Il est temps que l’homme politique gabonais comprenne que l’estime des populations ne s’obtient que parce que l’on est digne de confiance et que pour cela, l’on n’est pas en train de ramer à contre-courant de l’histoire, histoire de se poser la question de savoir si en adoptant des comportements moyenâgeux à une époque éloignée de plusieurs « années lumières », ils méritent d’être considérés comme des hommes contemporains.

Non, il n’y a pas rupture entre les politiques et le peuple, simplement faut-il reconnaître que ce dernier, faisant son bilan, applique le proverbe bien de chez nous qui veut que l’on ne déteste pas l’être humain, mais dénonce plutôt ses faits et gestes. Cette observation suffit à amener les uns et les autres, s’interroger sur ce qu’ils doivent entreprendre pour être dignes d’éloge.


Dounguenzolou

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