Edito : Un discours et après ?

lundi 21 août 2017 Speciales


Les Gabonais ont l’habitude de ce genre de discours livrés sur un ton à la limite du pathétique, mais qui ne traduisent pas la réalité de la pensée de leur auteur. Combien de fois ne se sont-ils pas plaints d’entendre leurs dirigeants leur promettre monts et merveilles et ne pas joindre l’acte à la parole ? Au soir du 17 août, Ali Bongo Ondimba a donné la certitude qu’il était bien à l’écoute de ses compatriotes, faut-il encore que dans les jours à venir, ces derniers soient les principaux bénéficiaires de sa politique dite « d’égalité des chances »

A entendre de nombreux Gabonais parler sans avoir besoin de statistiques puisqu’ici la rumeur a souvent valeur d’information, le constat général est que l’espérance les insatisfactions cède de plus en plus la place aux insatisfactions. D’aucuns soutenus par des experts et des organismes de sondages affirment sur la base du vécu que la courbe, plutôt que d’être ascendante, alors qu’il y a bien eu des moments d’ensoleillement économique, est en chute libre, dégringolant de manière vertigineuse. Ce, par la faute des hommes comme le prouvent les révélations tant à l’échelon national qu’international.

Les crimes économiques, en dépit de l’instauration d’une Commission nationale contre l’enrichissement illicite, n’ont pas régressé, ce qui insinue bien qu’il y a un réel problème dans la gestion de la cité. De quoi se plaindre quand on n’a pas encore décidé de s’attaquer à la racine du mal ? N’évoquons pas les rituels pour accéder, selon les vœux du « féticheur », à un grade supérieur comme si ici la société n’était en général faite que de gens qui ne croient pas en eux et qui ne doivent donc leur ascension sociale qu’à des tours de passe- passe. Alors que le siècle en cours est, à l’instar de celui des lumières dans la France du XVIIIème, celui de l’excellence, c’est- à-dire celui au cours duquel, l’esprit scientifique doit l’emporter sur toute autre considération. Et la cité êtres gérée comme jamais avant, eu égard au fait que l’ouverture actuelle doit pouvoir être un atout majeur dans la prise de décisions et les orientations des hommes politiques qui à loisir vont d’un coin à un autre du globe et peuvent donc de ce fait être capables de jugements.

Quel Gabon pour demain ?

Un discours circonstanciel de chef d’État, fut-il à l’occasion de la célébration de l’anniversaire de l’indépendance de son pays, ne suffit plus pour rassurer ses compatriotes, à moins que le logiciel mental de ces derniers soient affecté de virus ou d’obsolescence. C’est dire que lorsque ses compatriotes l’entendent parler, ils s’attendent à ce qu’il vienne devant eux parler de ses nouvelles offres, mais surtout de ce qui n’a pas marché lors du septennat finissant. Devoir d’inventaire oblige pour qui a la conscience de ne pas se servir, mais de se mettre au service de la communauté comme l’exige normalement son devoir. Car être président de la République, contrairement à ce que peuvent croire de nombreux incultes, c’est avoir la capacité de s’élever au- dessus de la mêlée, considérer tous ses compatriotes comme des femmes et hommes à satisfaire de la même manière, travailler quotidiennement à la réalisation de son projet de société, sauf si l’on est convaincu de son inexistence non pas sur le papier, mais dans la pensée.

De nombreux Gabonais, même s’il faut reconnaître qu’une bonne frange est fragilisée par la paupérisation qui la guette, sont comme convaincus que leurs dirigeants ne sont pas mus par le désir de les satisfaire comme cela se fait ailleurs, mais bien plutôt par celui de les asservir éternellement. Ce qui, vous vous en doutez, est à l’origine des frustrations et du « divorce » entre gouvernants et gouvernés qui, malheureusement, n’ont pas suffisamment de courroies de transmission pour faire entendre leur désarroi. Vu que les syndicats et les autres institutions susceptibles de leur porter secours donnent l’impression de devenir de plus en plus aphones du fait de leur inféodation ou de celle, pour être plus clair, de leurs dirigeants, soi- disant démocratiquement élus, au pouvoir. Il y a donc matière à réflexion comme on le voit et les gouvernements qui sont appelés à se succéder doivent, beaucoup plus que les précédents,, se mettre à l’évidence, quoi qu’il en soit, qu’ils ne doivent leur salut qu’au peuple duquel ils tirent leur légitimité, à moins que…


Dounguenzolou

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