Edito : Trêve de bavardage, c’est quoi la paix ?

lundi 30 juillet 2018 Speciales


La paix est souvent présentée comme une situation contraire à celle liée au conflit, à la guerre. Autrement dit l’on ne parle régulièrement de paix que lorsque l’on a l’impression ou l’on constate effectivement que le grand nombre se parle encore ou que certains n’ont pas pour une raison ou une autre pris l’engagement de tenir les armes, allons- y droit au but, pour manifester leur mécontentement face à ce qu’ils considèrent comme une forfaiture. Le mot « Paix » est mis à toutes les sauces qu’il soit utilisé à bon escient ou qu’il donne l’impression d’être galvaudé, servant de paravent même aux gens les plus cruels jugés sur les actes qu’ils posent au quotidien. D’où l’interrogation qui est la nôtre qui nous amène à nous demander qu’est-ce que l’on doit entendre communément par ce mot devenu subitement polysémique.

Ci et là, l’on entend les politiques, toujours ou essentiellement eux, tenir un discours appelant à la paix comme si celle-ci était leur apanage. Or, au constat, ils font beaucoup plus partie de ceux par qui le scandale arrive, imbus qu’ils sont de leur personnalité, égoïstes le plus souvent, manquant d’esprit patriotique et intéressés à souhait, pour ne pas permettre au grand nombre de jouir des ressources ou des performances dont recèle ou fait montre leur pays. Et pourtant, la paix à laquelle l’on a coutume de faire allusion, revêt diverses connotations pour ne pas dire qu’elle est polysémique. En effet, comment concevoir qu’un peuple soit en paix ou soit invité à cultiver ladite paix s’il n’est pas lui-même placé dans une situation de culture de la paix ?

Parce que la paix est d’abord affaire de mœurs avant que d’être une création apostériori. Ce qui signifie qu’elle doit partir du vécu quotidien de chacun des individus qui composent un pays ou peuplent le monde avant que d’être un appel à l’observation d’un certain nombre de principes qui ne constituent pas tout le temps des valeurs. Les idées de forces émises n’ayant pas toujours une relation avec ce qu’il est important d’observer ou si vous voulez, ce qui se dit n’étant pas souvent revêtu du sceau de la dignité dont il doit s’entourer pour que chaque Homme prenne conscience de l’impérieuse nécessité de ne pas la travestir afin que chez chacun de ses semblables, cela sonne comme parole d’évangile.

Sous nos cieux aujourd’hui, sont cultivés en effet des vices à grande échelle au mépris des us et coutumes reçus de nos ancêtres, cependant les peuples, quoiqu’ils soient, ne valent que ce que valent leurs cultures au sens où elles sont « ce qui reste quand on a tout oublié ». Représentant leur vêtement, mieux leur être lui-même quand on sait la nuance placée par le philosophe entre la nature et la culture, entre ce qui relève de notre nature profonde, de notre être profond qui inclut ce que nous avons reçu de nos devanciers de parents et ce que nous acquérons au fur-et-à mesure des contacts avec l’extérieur, c’est-à-dire tous ceux qui nous entourent et participent avec nous au quotidien à la réalisation de notre « socius ».

La Paix, qu’est-ce à dire alors ?

Personne ne peut se prévaloir, à moins qu’il soit investi d’une mission divine, d’être le créateur de la paix sur cette terre ? Parce que celle- ci est d’abord affaire d’Hommes décidés à cultiver le vivre-ensemble avant que d’être ce que d’aucuns considèrent, à juste titre parfois, comme une récupération d’Hommes politiques en quête de notoriété, quand bien même ils ne la méritent pas. Que dire en effet de ces hommes qui affament à dessein leur peuple aux fins de les soumettre à leurs pieds quoiqu’ils n’aient pas envie de suivre la conduite par eux tracée puisque la jugeant contre-nature ? Que dire de ceux qui transforment lesdits peuples en chair à canon dès qu’ils osent revendiquer leurs droits les plus absolus ?

Comment concevoir que quelqu’un qui veut la paix choisisse d’affamer son peuple, de lui inculquer une culture anti patriotique, de nourrir chez lui un esprit xénophobe pour assouvir ses bas-instincts, de l’amener, quoiqu’en soit son discours, à véritablement douter de lui au point de développer une attitude pervertie ou extravertie, sans que ce dernier piqué au vif n’en vienne à se poser la question de savoir comment en sortir sans verser une larme ou du sang, allusion à ce fameux mot « je ne vous promets que des larmes et du sang » ?

En somme, la paix doit se conjuguer avec le vécu quotidien des hommes, avec ce qui est fait dans le sens de leur satisfaction, de la satisfaction de leurs besoins primaires pour ne pas aborder les secondaires qui relèvent assez souvent d’un autre angle de raisonnement. Tout doit alors commencer fort logiquement par la satisfaction des besoins essentiels que l’on qualifie de primaires qui vont de l’éducation à l’emploi en passant par la santé et la valorisation de l’être. Qui peut en effet affirmer qu’il vit la paix sans que les conditions nécessaires à son observation ne soient réunies ? Est-ce le discours politique restreint à la simple logique de préservation du calme social quoique celle-ci soit menacée par les pratiques en vigueur qui suffit à convaincre les habitants d’un pays qu’il est de leur intérêt de se tenir cois ?

Les forces de l’ordre si abusivement utilisées pour mâter les mouvements d’humeur même pacifiques qui ne demandaient qu’à être encadrés peuvent-elles s’expliquer après avoir posé un acte « blâmable » quelles sont les raisons profondes qui ont motivé une descente brutale sur le terrain pour reprendre l’expression qu’elles ont l’habitude d’utiliser ? Ne court-on pas le risque de voir l’image de ceux qui devraient sauvegarder l’intégrité territoriale et physique des citoyens être écornée, alors que partout ailleurs l’on veille à ce qu’elle soit redorée lorsqu’elle a déjà était l’objet de critiques acerbes ? La paix, ce bien grand mot, demande au vu du développement que nous venons de vous soumettre, d’être méditée et surtout d’être prise au sérieux pour que son explication ne soit plus l’objet d’altération, mais qu’elle commence par la prise en compte de ce par quoi elle se vit, plutôt que de servir des ambitions bassement politiciennes.


Dounguenzolou

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