Edito : Solidarité gouvernementale en panne ?

lundi 4 juin 2018 Speciales


En comparaison avec ce qui se passait sous l’ère Omar Bongo Ondimba, l’idéal de solidarité gouvernementale sans cesse poursuivi puisque recommandé à ses collaborateurs par l’ancien président gabonais, semble foutre le camp. Des membres du gouvernement qui se livrent à de véritables passes verbales, cela faisait longtemps que l’on l’avait vu, surtout lorsque cela se produit via les médias et donne beaucoup plus de visibilité aux discours tenus par les uns et les autres. On peut comprendre qu’au sein du parti au pouvoir, il y’ait des voix discordantes, mais de là à admettre que des collègues, mieux des camarades, en viennent à se déchirer publiquement surprend plus d’un au point d’amener tout un chacun se poser la question de savoir qu’en est-il de la sacrée solidarité gouvernementale ?

Peut-être manifestait-on sournoisement lorsque l’on avait quelque chose à reprocher à son collègue dans l’ancien temps, entendez sous le magistère d’Omar Bongo Ondimba, après tout, il est difficile, voire très difficile d’épouser les mêmes opinions que l’autre, fût-il votre frère, mais des propos tenus presque frontalement pour condamner ou dénoncer les actes ou attitudes d’un collègue étaient rarissimes. Ce qui parait pourtant être de règle aujourd’hui, les membres du gouvernement tendant, semble-t-il, à faire fi des recommandations du président de la République qui n’a de cesse d’appeler à l’unité dans l’action pour assurer à l’horizon 2025 l’émergence du Gabon. Ceci, vous vous en doutez, ne peut se faire sans un minimum de complicité au sommet de l’Etat et au sein du gouvernement où les personnalités devraient gagner à se serrer les coudes dans un contexte démocratique si elles tiennent à ce que leur travail ne souffre pas de trop de faiblesses.

Pour ne prendre que les cas les plus en vue, nous commencerons par le plus récent, actualité oblige. Celui qui a vu le nouveau et l’ancien ministre de la communication, Guy-Bertrand Mapangou et Alain- Claude Billié-By-Nzé, s’affronter par médias interposés. Le premier s’étonnant, alors que son prédécesseur disait, lui, œuvrer dans le sens de l’amélioration des conditions de vie et de travail des agents de la communication, que ces derniers bossent encore dans des conditions à la limite exécrables. Courant tous les jours que Dieu fait d’énormes risques dont on se demande s’ils peuvent être pris en compte par un organisme social. Et le second marquant sa surprise devant l’allure de son collègue qu’il rappelle instinctivement au droit de réserve.

Comme boule de neige !

Le comble, c’est quand on se rend compte que ce type de comportement tend à se généraliser, histoire de dire qu’il est à craindre qu’au vu de la tournure que prennent les évènements, d’autres membres du gouvernement ne se servent de cet exemple pas du tout banal pour contribuer, même si cela n’est pas dans leur intention première, à fragiliser la cohésion au sein d’une équipe gouvernementale qui a de nombreux défis à relever. Ne perdons pas de vue que « l’union fait la force ». Comme boule de neige, sommes- nous tenté d’avancer, les confrontations commencées plus tôt ayant, semble-t-il, ouvert la voie aux évènements actuels.

On se souviendra toujours des colonnes de journaux occupées par des interviews de l’ancien Vice-Premier ministre en charge de l’Habitat, Bruno Ben Moubamba, aujourd’hui débarqué de la galaxie gouvernementale, pourfendant Alain-Claude Billié-By-Nzé, répliquant coup sur coup. Que les deux personnalités aient eu à s’attaquer pouvait se comprendre parce que marqué du sceau de l’humain, mais qu’elles aillent jusqu’à user d’un langage à la limite du trivial ne pouvait que surprendre. Ne dit-on pas déjà qu’elles étaient en leur qualité astreintes au droit de réserve ? Si les populations qui observent impuissantes ce face-à-face malheureux ne disposent pas, elles, des moyens de calmer le jeu ou de sévir, qu’en est-il de la hiérarchie qui n’a visiblement pas intérêt à ce que les choses se gâtent ?

Ce d’autant plus que tous nos faits et gestes font aujourd’hui l’objet d’une exploitation outrancière via les réseaux sociaux. Que l’on a encore du mal, les textes en la matière étant tout neufs, à réguler. Et qui peuvent de ce fait déformer à leur guise des réalités pourtant visibles et palpables. Vivement que l’on sorte de ces agissements qui donnent l’impression que ce sont beaucoup plus des questions personnelles ou individuelles qui semblent préoccuper nos autorités, même si parfois cela se fait sous le couvert d’arguments défendables.


Dounguenzolou

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