Edito : Situation irréversible ?

vendredi 3 janvier 2020 Speciales


A quoi laisse penser une équipe manquant visiblement de cohésion ? Qu’il lui est généralement difficile d’appliquer les consignes de l’entraineur, d’agir collectivement ou encore qu’elle éprouve pour des raisons parfois diverses un mal fou à placer l’homme qu’il faut à la place qu’il faut. La conséquence, la principale, est une conduite approximative de ses actions qui a un sérieux impact sur les résultats qui, s’ils ne font pas l’objet d’une critique objective, menacent d’affaiblir le rendement, mais surtout de le conduire inexorablement dans l’abîme.

Ceux qui aujourd’hui observent l’évolution de la situation socio-politique en France, notre référence dire qu’il existe sur le globe des nations en pleine évolution, y compris sur le continent africain pour que l’on soit tenté d’aller y chercher notre modèle à nous, ne sont pas loin d’évoquer l’imminence d’un chaos, peut- être pas globalement imputable à l’ère Macron, mais à une « Cinquième République » n’ayant pas su et pu s’adapter à temps aux innombrables mutations intervenues sur la planète. Ce qui fait que ce pays, naguère champion de la civilisation avec pour symbole « le coq » gaulois du fait de son rayonnement intellectuel, politique et même militaire à travers le monde, ne représente plus depuis quelques années, non pas que son cheminement n’ait été marqué que du sceau du progrès, nous voulons dire n’ait pas été jonché de crises de toutes sortes, qu’une avalanche de problèmes liés à d’innombrables dysfonctionnements.

A la crise des « gilets jaunes » que l’on dit avoir connu son déclic avec l’affaire de la hausse du prix des carburants sont venus se greffer des mouvements sociaux qui culminent en ce moment avec la question de la réforme des retraites. « Comme on fait son lit, on se couche » nous apprend un proverbe très significatif qui nous rappelle la sagesse populaire qui nous inspire que qui veut voyager loin doit ménager sa monture. En effet, qu’attendre de gens, même très ingénieux, si leurs actions devraient être sapées par de précédentes dont les pesanteurs sont encore visibles, à moins que l’on veuille, par mélancolie, hypocrisie ou mauvaise foi, jouer les autruches, refusant de voir la vérité en face ? De la bouche de nombreux responsables politiques, nous n’avons de cesse d’écouter la phrase interrogative suivante « qu’allons- nous léguer à la jeunesse ou à nos enfants ? ». C’est qu’il y a certainement dans leur conscience l’idée d’améliorer leurs prestations. Cependant à la lecture, l’on constate que rien ou pas grand-chose n’est fait dans ce sens, ces responsables qui refusent pour la plupart d’entendre la voix du peuple, personnalisant le pouvoir quoi que la situation soit en train de s’aggraver, la paupérisation gagnant irréversiblement du terrain avec ce qu’elle a d’effets collatéraux dont les mouvements sociaux déstabilisant le tissu économique, instaurant une sorte de défiance des populations envers les gouvernants à qui ils font perdre la confiance populaire inévitablement.

Montée logique des populismes

Du coup, l’on se met à réfléchir au changement qui, dans certains cas, tarde à venir, d’où l’accumulation des frustrations. Le fait de voir des gens rester aux affaires de nombreuses décennies sans songer à valoriser l’idée d’une alternance qui, dans certains cas, a été salutaire, pousse parfois les peuples à ne plus croire en rien, ce qui les prédispose à manifester avec virulence parfois leur colère ou leur dégoût de l’establishment. Que cela ne dure que le temps des roses pourrait ne pas trop indisposer, mais que lesdits mouvements deviennent répétitifs ou permanents au sens où ils doivent durer dans le temps, constitue, à n’en point douter, un danger pour tous et pour chacun, surtout lorsque l’on appartient aux professions exposées. Et c’est malheureusement ce à quoi nous avons l’air d’assister assez régulièrement ces dernières décennies, y compris dans des pays qui semblent encore échapper à cette gangrène, mais qui donnent l’impression, parce que c’en est une, de bien mener leurs affaires, alors qu’en vérité, ils croulent sous le poids de charges dont la gestion est assez souvent incontrôlée.

Ce qui amène les analystes de tous bords à s’interroger sur l’opportunité des choix souvent opérés, choix inopérants à leurs yeux qui se traduisent par des échecs cuisants et des investissements humains, financiers et matériels colossaux qui obèrent les capacités du pays à se hisser dans les délais prescrits au rang de puissances émergentes qui exigent l’observation et le respect d’une certaine orthodoxie dans des pans de l’univers public. Or, c’est là où le bât blesse par les temps qui courent, de nombreux agents publics responsabilisés ou pas, réussissant l’exploit de développer la corruption et les détournements de deniers quand ce ne sont pas les délits d’initiés et agissant par moments sous le couvert de leur hiérarchie. Qu’on la nomme « Mamba » ou « Scorpion », l’exemple du Gabon, cette opération dite de salubrité publique ne manque pas de soulever des interrogations sur son suivi, d’aucuns se demandant si, après qu’ils aient fait l’objet de poursuites, les agents de l’État indélicats dans les mailles des filets tendus par les services compétents sont auditionnés pour expliquer où ils ont placé l’argent public qui n’est donc pas le leur afin qu’une procédure de restitution soit lancée en bonne et due forme.

Nécessité de changer de paradigmes

Il ne faut pas être devin pour déduire que nombre d’entre eux, sinon la majorité, ont trempé volontairement leurs mains, profitant peut- être d’une immunité de façade, dans les caisses, se servant allègrement et faisant profiter à certains resautés du résultat de leurs frappes. La prison, avancent d’autres ne sert pas à grand-chose puisqu’il est, à leurs yeux, préférable qu’on les laisse sans emploi, croupir une fois leur butin rétrocédé à l’État, dans leur maison à partir de laquelle ils peuvent imaginer la souffrance des populations qui ne demandent qu’à être traitées avec un minimum de considération de manière équitable, ce que le Gabon peut, au vu des indicateurs macro- économiques outrageusement présentés au grand public et à l’échelle internationale. Devrait- on, alors que l’on vit au XXIème siècle, imaginer un pays de paix sans infrastructures rappelant ce statut socio- politique ? Devrait- on continuer de s’accommoder de voies de communication jonchées de cratères comme s’il s’était passé un évènement catastrophique du type guerre ? Devrait- on admettre qu’alors que la population oscille entre un et deux millions d’habitants, ces âmes représentant celles qui peuplent un quartier de certaines villes d’Afrique, n’aient pas accès au logement, à l’eau et à l’électricité pour ne prendre que ce qui, le plus, révolte et déshonore le Gabonais ? Devrait- on admettre que par la faute d’une minorité, la majorité au bonheur de laquelle on dit travailler manque d’emploi et croupisse dans une misère indescriptible ? Devrait- on supporter que les hôpitaux souvent privés de plateau technique conséquent et de médicaments soient assimilés à des mouroirs, dire que le personnel soignant affirme de jour en jour davantage sa volonté de s’approprier les principes d’Hippocrate en dépit, faut- il reconnaitre, des difficultés auxquelles il continue de faire face, ce en dépit de la modernisation perceptible des structures hospitalières ? Autant de questions qui relèvent des problématiques auxquelles il est pressant d’apporter des réponses adéquates. Ne pas y songer relèverait d’une absence, peut- être pas seulement de volonté, mais aussi et surtout de travail politique. Bonne année !


Dounguenzolou

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