Edito : Salubrité morale !

lundi 18 décembre 2017 Speciales


Au fur et à mesure que l’Afrique tend à se développer, elle semble perdre ce qui la distinguait des autres continents, à savoir l’esprit communautaire, mais aussi la morale. Alors que ces deux vertus étaient regardées comme les piliers de la société, ceux sans lesquels le continent n’aurait pas existé selon des africanistes convaincus. Au regard de cette perte, s’il faut ainsi la considérer, il y a lieu de se demander s’il ne faut pas aux Africains revenir à des principes anciens, aujourd’hui relégués au second rang dans les pratiques quotidiennes.

Cela commence par l’équilibre de la famille qui est l’œuvre du père et de la mère dans un premier temps, et de la société dans un second temps. Parce que celle-ci qui est composée de plusieurs acteurs dont certains ont de l’ascendant sur les autres ou encore ont la vie des autres entre leurs mains. Ce qui fait que si là-haut, les choses sont mal ficelées, il ne faut pas s’attendre à ce qu’en bas, des miracles soient opérés. Un peu partout, le discours que l’on tient est moralisateur, il est de surcroît porté par des femmes et hommes qui nous donnent l’impression qu’ils sont blancs comme neige. Alors qu’ils sont beaucoup plus obnubilés par le succès que pourrait avoir leur discours sur le comportement collectif.

Sans tenir compte du fait qu’ils sont suivis eux-aussi par leurs semblables qui n’hésitent pas à les pourfendre. Nombre d’entre eux partent du principe qu’il faut faire ce qu’ils vous disent de faire et non ce qu’ils font. Faignant d’oublier quand ils n’oublient pas que leurs actes auront toujours une incidence sur l’avenir et l’équilibre de la société. Le devoir des plus grands est de créer les conditions pour qu’il en soit ainsi, afin que les générations montantes le leur reconnaissent au point de s’en souvenir ad vitam aeternam, mais surtout d’en faire des références. Ce qui n’est pas rien dans un univers où de plus en plus de gens manquent de repères avec pour conséquence d’emprunter souvent des voies sans issus quand elles n’offrent pas tout simplement des perspectives alléchantes. « Qu’allons-nous léguer à nos enfants ? », n’est-ce pas la question qui revient souvent dans la bouche de décideurs ou de responsables de famille ?

Mais nous de nous demander qu’est-ce qu’ils font pour que le legs soit remarquable ou significatif ? L’Homme est certes partagé tous les jours que Dieu fait, entre le bien et le mal. Il n’est donc pas de sa faute de commettre des erreurs. Ne dit-on pas d’ailleurs à juste titre qu’il est imparfait ? Mais cela suffit-il pour admettre qu’il doit pencher pour le mal et non pour le bien ? Non ! Répondons-nous, eu égard au fait qu’il soit reconnu perfectible. La perfection est donc de ce monde contrairement à ce qui se dit ci et là. Pourquoi alors ne pas chercher à s’accoutumer à elle ? L’Afrique, voulons-nous avancer, n’est pas un continent à part. Il est riche de ses valeurs même si celles-ci ont tendance de nos jours à être galvaudées. Elle gagnerait à les valoriser si elle tient à exister dans le concert des continents par ces temps de mondialisation qui devraient l’inciter à répondre favorablement au vœu de Léopold Sédar Senghor de participer au rendez-vous du donner et du recevoir avec brio.

C’est le lieu pour nous d’interpeller sur cette pensée très critiquée de l’académicien : « la raison est hellène, l’émotion nègre ». Il y a qu’en filigrane, Senghor semble reconnaître quelque vertu au nègre en général, à l’Africain en particulier. Faut- il à ce dernier se déterminer sur la base de l’interrogation suivante : « d’où viens-je ? Où suis-je ? Où vais-je ? » Pour que, lui aussi, soit cité en exemple à travers la planète terre et que son rayonnement devienne affaire non pas virtuelle, mais pragmatique et concrète. L’Afrique doit arrêter de constituer l’exception qui confirme la règle en ce XXIème siècle de communication, d’ouverture et d’excellence.

Ce d’autant plus qu’elle dispose de moyens humains, financiers et autres pour se prendre correctement en charge et se développer au rythme qu’elle devrait elle-même s’imposer et non qui lui est imposé de l’extérieur. Pourvu qu’elle songe à placer sa jeunesse là où elle doit la placer en lui donnant la garantie qu’elle ne sera à aucun moment sacrifiée. Puisse les « dieux de ce monde » pour reprendre Pierre-Claver Akendengué nous entendre et exhausser nos vœux et prières.


Dounguenzolou

Répondre à cet article

Qui êtes-vous ?

Pour afficher votre trombine avec votre message, enregistrez-la d’abord sur gravatar.com (gratuit et indolore) et n’oubliez pas d’indiquer votre adresse e-mail ici.

Ajoutez votre commentaire ici
  • Ce formulaire accepte les raccourcis SPIP [->url] {{gras}} {italique} <quote> <code> et le code HTML <q> <del> <ins>. Pour créer des paragraphes, laissez simplement des lignes vides.

Suivre les commentaires : RSS 2.0 | Atom

Articles relatifs