Edito : Sachons raison garder !

dimanche 3 février 2019 Speciales


En suivant l’autre jour l’émission de la chaîne de télévision « Vox Africa » intitulée « l’Intelligence du monde », quelque chose a retenu notre attention parce que relevant d’un jugement assez biaisé, déplaisant parce que venant d’un sujet qui a semblé pourtant bien se défendre et prendre de la hauteur depuis le début des débats. Il serait indécent de le citer, mais pour les curieux, nous leur demandons, si cela leur dit, de solliciter une rediffusion. Cet « intellectuel » camerounais a laissé transparaître son parti-pris lorsqu’il s’est agi d’évoquer le cas Gabon, un pays auquel il a d’emblée décerné un satisfecit dans sa manière de concevoir sa politique économique, couvrant tous les autres de la sous-région d’Afrique centrale d’opprobre alors qu’à la vérité ils éprouvent tous le même mal à se développer du fait de leurs choix et de leur gouvernance.

Sur une toute autre chaîne, une sénégalaise cette fois-ci, le même jour quelle coïncidence, un enseignant chercheur de l’université Cheick Anta Diop de Dakar débattait en tant qu’invité et revenait en substance sur la définition de l’intellectuel qu’il disait différent de l’instruit si ce dernier ne s’assignait pas pour mission de contribuer au relèvement du débat social et politique de sorte que les populations en soient les principales bénéficiaires. Du coup, nous sommes-nous mis à comparer les deux postures en marquant un certain étonnement devant la première.

En effet, même s’il est vrai que les époques ont changé avec parfois une « alternance » au sommet des États, il est tout aussi vrai que par rapport aux pays d’Afrique de l’Ouest, la zone Afrique centrale marque le pas en matière de développement avec ceci de particulier que presqu’aucun pays ne se démarque véritablement des autres dans sa gestion au quotidien quoiqu’ils soient tous promus à un avenir meilleur du fait de la rente pétrolière et de la richesse du sol et du sous-sol qui devaient conjugués, permettre, mieux faciliter leur décollage par des temps ensoleillés.

Or, force est de constater qu’il n’en n’est rien, les indicateurs étant souvent au rouge : niveau d’endettement très élevé qui les amène recourir pour la plupart aux remèdes des institutions de Breton Wood dont le Fonds monétaire international (FMI), chômage endémique en dépit de l’absence de statistiques fiables, paupérisation croissante des populations, inadéquation formation/ emploi dans le secteur de l’éducation, système sanitaire encore lâche, infrastructures ne correspondant pas souvent aux besoins économiques, habitat précaire chez la majorité des habitants, sous-alimentation ou forte dépendance de l’extérieur qui soumet la plupart de ces pays à consentir chaque année d’énormes sommes pour tenter de nourrir les populations dont le gros des troupes juge les prix démentiels. Comment devant un tableau aussi sombre ne pas s’apitoyer sur le sort de ces Africains qui rêvent pourtant d’une amélioration de leurs qualités d’existence, eu égard au fait que leurs États sont présentés, et cela n’a rien de faux, comme des réservoirs de matières premières grâce auxquelles leur décollage aurait du être rendu possible dans des délais raisonnables.

D’où vient alors l’embellie observé par « l’intellectuel » camerounais auquel nous faisions un plus haut allusion lorsqu’il évoquait le cas Gabon quand on sait la capitale économique Port-Gentil, pour ne citer qu’un cas bien révélateur, en train de se mourir sans avoir pu voir réalisé le projet de zone franche de l’île Mandji par exemple ou sans que des métiers de substitution n’aient été proposés aux anciens employés du principal secteur d’activité, le secteur pétrole, et ses sous-traitants ?

L’émergence cependant possible !

Laissant sur le carreau une bonne partie de la main d’œuvre active à laquelle viennent s’ajouter les personnels en chômage technique ou licenciés d’autres sociétés ayant fermé boutique. Ce ne sont pourtant pas les ambitions qui manquent à certains dont la requête est de voir les pouvoirs publics réellement se soucier de leur sort en œuvrant assidûment dans le sens de la réalisation du projet de société du président Ali Bongo Ondimba « l’Avenir en confiance » encore au stade, comme reconnu solennellement par lui-même, du bégaiement.

D’où les appels incessants adressés aux équipes gouvernementales qui se succèdent pour qu’elles passent, le plus tôt serait le mieux, de la parole à l’acte, tant les attentes des populations sont de plus en plus grandes et l’eau en train de couler inexorablement sous les ponts. Non pas que l’on fasse un reproche à « l’intellectuel » camerounais cité plus haut, après tout il est libre de ses opinions, mais simplement lui rappeler comme l’a fait face à lui un autre participant au débat du jour, que certes il est des secteurs, ils ne sont malheureusement pas légion à bien observer de très près, qui connaissent une mutation que l’on peut toute proportion gardée jugée de positive, mais qu’ils ne représentent en vérité qu’une goutte d’eau dans la mer par rapport aux potentialités du pays.

Ce qui suppose qu’il y a plutôt encore beaucoup de travail à accomplir et qu’il est loin le temps où l’on peut se permettre de dormir sur nos lauriers. Bien entendu, cela exige de chacun et de tous un redimensionnement psychologique, une volonté de tous les instants, une remise en cause perpétuelle, l’éveil d’un esprit patriotique sans commune mesure, une ambition légitime, un engagement à servir plutôt qu’à trop se servir, « la valeur d’un homme tenant, selon Albert Einstein, dans sa capacité à donner et non dans sa capacité à recevoir », l’adoption d’un élan altruiste qui viendrait révolutionner la vision qu’ont certains qui disent le fossé entre possédants et personnes modestes en train de se creuser davantage au fur et à mesure du temps, au risque de saper le développement du pays à défaut de l’accentuer.

Tout cela, vous vous en doutez, est possible, pourvu que l’on y croit fermement et se donne les moyens de sa politique. Un Gabon allant fièrement vers la croissance à deux chiffres encore présentée comme une chimère est du domaine du faisable, encore faut-il que ses enfants se mettent au travail et se débarrassent de certains oripeaux qui plombent la marche du pays vers l’excellence et l’émergence pour reprendre un mot à la mode.


Dounguenzolou

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