Edito : « Sa gunu sa gunu » !

lundi 13 mai 2019 Speciales


Ce titre d’un opus du musicologue et intellectuel gabonais Pierre-Claver Akendengué dont le sigle du nom (P-C.A) est évocateur à bien des égards, nous parait être une boutade tirée de la Bible, le livre des livres, auquel nombre d’entre les mortels n’ont recours qu’au soir de leur existence ou pour être plus clair lorsqu’ils sentent celle-ci menacée à jamais. L’auteur ne croit pas un hasard lorsqu’il place l’Homme dans le village « Dongwambeya » que beaucoup croirait imaginaire, mais qu’à l’expérience, nous confirmons qu’il existe bel et bien puisque s’apparentant sous toutes ses formes à la planète terre après le péché originel commis par Adam et Eve qui poussa le Seigneur à nous condamner à travers ces mots : « Tu mangeras ton pain à la sueur de ton front jusqu’à ce que tu retournes à la terre dont tu as été tiré. Car tu es fait de poussière et tu retourneras à la poussière » (Genèse 3 : 19).

« Sa gunu, sa gunu » que nous traduisons par « vanité des vanités, tout est vanité » nous rappelle (Ecclésiastes 1 :2) dans les Saintes écritures lorsque la parole de Dieu nous est prêchée par l’intermédiaire de Salomon qui, au terme de sa vie, ayant été sensibilisé à son péché et à ses égarements, a témoigné de son expérience pour le bien des autres ; c’est en fait la suite de son repentir. Il y annonce que tout bien terrestre n’est que vanité et nuisible à la tranquillité d’esprit. Combien n’ont-ils pas été, les Gabonais qui se sont émus de ce qu’Omar Bongo Ondimba se soit contre toute attente devant Dieu et devant les Hommes et non pas seulement face à ses collaborateurs comme l’on l’a peut être perçu à première vue, exclamé en ces termes : « Dieu ne nous a pas demandé de faire du Gabon ce que nous sommes en train de faire, il nous regarde… » ; La suite, vous la connaissez.

Pour une leçon d’humilité, c’en fut une. Comment ne pas avancer pareille propos lorsque l’on constate qu’après plus de quarante ans de règne, l’homme avait presque gouverné sans partage, assuré qu’il était d’utiliser sa malice jusqu’au bout sans que personne n’ait à redire ou bien sans que les luttes pour la libération du peuple n’aillent jusqu’à leur terme, éphémères qu’elles étaient presque toutes parce que savamment mâtées par les « tontons macoutes » de service se montrant plus prompts à assurer la sécurité de la première des institutions de la République qu’à défendre l’intégrité territoriale au demeurant leur mission régalienne. Pendant ce temps, l’on observait quotidiennement les riches gens défiler dans leurs « plus beaux habits » et les modestes, « la fesse à l’air », donnant l’impression qu’ils remontent le cours du fleuve pour les premiers et le redescendent pour les seconds.

Mais, selon P-C.A, que l’on soit l’un ou l’autre, on est tous à et de Dongwambeya où tous les airs que l’on peut afficher ne comptent que pour du vent : « arere monpunga’a ! ». Cette chanson ne sonne- t-elle pas comme un avertissement et une interpellation solennels envoyés à l’humanité consciente si l’on se réfère à René Descartes pour qui « le bon sens est la chose du monde la mieux partagée » ? Au vu de ce qui se passe sous nos yeux, l’on est en droit de se poser la question de savoir si la grande majorité de l’humanité fait l’effort d’aller boire à la source de cette sagesse qu’elle devait se charger de répandre à la manière de la « bonne parole » que Dieu recommande au berger d’essaimer à travers le monde pour que paissent de plus en plus de brebis.

Le message de Pierre-Claver Akendengué est fort puisqu’il s’adresse à tous et à chacun en même temps qu’il est transcendantal au sens où il va en direction de tous les pays et de toutes les générations des deux sexes confondus. Comment ne pas alors en tenir compte quand on sait le triste sort de l’humanité prêt à s’abattre sur chacun d’entre nous bien que ce ne soit pas au même moment ? Cela nous oblige à visiter l’œuvre du philosophe Auguy Makey « L’homme, le sublime zéro » pour nous convaincre de « l’inutilité » de nos mauvais comportements, sachant que quelque que soient nos désirs, nous n’emporterons jamais rien dans l’au-delà, d’où il nous faut adopter des attitudes plus humaines et mesurées tout au long de notre vie dans l’unique souci de faire des émules et d’offrir à nos contemporains ou nos successeurs un environnement où il fait plutôt bon vivre pour qu’ils se souviennent de nous et nous fassent entrer dans la chambre réservée aux « immortels ».

A bas donc…

Ce village où se tiennent à chacune des frontières, des « armées de mercenaires chuchotant le nom de leurs prochaines victimes ». Et retour à l’observation des missions régaliennes de l’armée qui sont celles de protéger les frontières héritées de la coloniale, de lutter contre des fléaux tels le grand banditisme et le terrorisme et de protéger les hommes et les biens. Ce village où les « flicologues qui discourent à la table du patron sur la conscience professionnelle » continuent de briller par leurs travers, laissant défiler sous leur nez et leur barbe des maux tels la corruption, le vol, l’insoumission, le népotisme, la paresse, l’injustice, le désordre et l’insouciance. Pour qu’apparaisse celui qui fait place à plus d’humanisme, le village dans lequel « l’égalité des chances » aura bien sa place.

Ce village où « Piamidanga », le traitre, se tient derrière toutes les portes, écoutant ce qui se dit chez les voisins qui n’ont plus droit à l’intimité et sont pour la plupart victimes du mauvais jugement des autres qui finissent souvent par trahir leurs pensées, les exposant à un traitement parfois inhumain sans commune mesure avec ce qui semble leur être reproché, s’il y a en vérité quelque chose à leur reprocher. Ce village où « toute religion sert une politique » et où les populations, faute de loisirs et presque privées de substrat culturel, sont condamnées à avaler à forte dose « le vin en poudre (importé) dont raffolent leurs dame-jeanne », avec pour conséquence de perdre la conscience et de sombrer dans une lassitude et un désintéressement se traduisant par un décevant « on va encore faire comment ? ».

Ce village où l’on court toujours derrière « la libération de la liberté » condition sine-qua-non de la prise de conscience des droits fondamentaux des citoyens sans cesse violés et où l’on s’ouvre donc à la connaissance et à l’usage du libre arbitre qui permet et incite à différencier le bien du mal pour ne choisir que le bien afin de ne point causer des dommages à ses contemporains. Ce village où l’on continue de traiter certains Hommes comme des sous-hommes qui ne méritent point considération quand bien même l’on sait que « tout homme est considérable » et où l’être humain ne subit plus de jugement de valeur lié à sa taille ou sa condition sociale puisqu’il est naturel que les gens soient différents les uns des autres sans pourtant que leurs droits et devoirs le soient.


Dounguenzolou

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